Actualité Transition écologique

MISSION VILLES : ENGAGER LES ACTEURS DU TERRITOIRE, UNE CONDITION DE RÉUSSITE VERS LA NEUTRALITÉ CARBONE

Au cœur de la Mission Villes, l’engagement des acteurs locaux — acteurs économiques, associations, monde académique, habitants — apparaît comme un levier indispensable pour accélérer la transition climatique. Les échanges qui se sont tenus lors de l’évènement dédié à la Mission Villes et ses enseignements les 3 et 4 mars derniers confirment un constat partagé : la transformation ne peut reposer uniquement sur l’action publique. Elle suppose de construire des cadres collectifs d’action, à l’échelle des territoires, pour engager le plus grand nombre d’acteurs vers des changement structurels.

1.Ville durable

Aller vers les habitants : Partir des usages plutôt que du discours climatique

Les démarches les plus efficaces reposent sur une logique d’« aller vers ». Plutôt que de mobiliser autour d’un discours climatique parfois abstrait, les villes Mission soulignent la nécessité de partir des préoccupations concrètes des habitants : mobilité, alimentation, cadre de vie… Les expérimentations qu’elles mènent montrent l’importance :

  • d’intervenir dans les lieux de vie (quartiers, écoles, espaces publics) ;
  • de proposer des expériences concrètes et accessibles ;
  • de s’appuyer sur des relais de proximité pour instaurer la confiance.

Ces approches permettent de toucher des publics plus larges, mais aussi de mieux inscrire l’engagement dans la durée, malgré des difficultés persistantes à maintenir la mobilisation sur le long terme.

S’appuyer sur les relais territoriaux et la société civile

Les associations, structures d’éducation populaire, collectifs locaux, tiers-lieux ou encore établissements d’enseignement jouent un rôle clé dans la mobilisation. Ils permettent d’atteindre des publics éloignés des dispositifs institutionnels, de traduire les enjeux climatiques en actions concrètes, ainsi que d’assurer une continuité des démarches au-delà des projets ponctuels. Les collectivités développent ainsi des partenariats renforcés avec ces acteurs, en reconnaissant leur rôle d’intermédiation essentiel entre institutions et citoyens.

Construire des cadres collectifs d’action

Au-delà de la participation ponctuelle, plusieurs collectivités expérimentent des formes de gouvernance collective associant citoyens, entreprises, universités et associations.

Ces dispositifs visent à créer un « commun » de la transition, en dépassant la logique de responsabilisation individuelle. Ils permettent de partager des objectifs, de co-construire des actions et d’engager les organisations dans des trajectoires concrètes.

Un enseignement fort ressort : la mobilisation repose moins sur la sensibilisation que sur la capacité à proposer des espaces d’action collective.

Impliquer les acteurs économiques et structurer des dynamiques territoriales

La transition vers la neutralité carbone implique également une mobilisation croissante des acteurs économiques. La Mission Villes favorise l’émergence de coopérations locales entre collectivités, entreprises et institutions, notamment autour de projets concrets (énergie, mobilité, économie circulaire…). Ces dynamiques permettent de structurer des écosystèmes territoriaux et de faire émerger de nouvelles filières liées à la transition écologique, notamment en matière d’économie circulaire : telles par exemple des filières de réemploi et de recyclage de matériaux – notamment dans le BTP, de valorisation énergétique (chaleur, biodéchets…), ou encore de boucles locales alimentaires.

Elles participent également à relier enjeux climatiques, emploi et compétences, en mobilisant de nouveaux publics et en valorisant les métiers et leurs évolutions face au changement climatique.

Vers une transition co-construite : des démarches à consolider

Si ces initiatives témoignent d’une réelle dynamique, plusieurs défis persistent : temporalité des financements, pérennisation des actions, coordination entre acteurs ou encore mobilisation dans la durée. Ces limites soulignent la nécessité de consolider les dispositifs dans le temps long et de renforcer les capacités d’animation territoriale des collectivités.

Ainsi, en s’appuyant sur les dynamiques locales, en structurant des partenariats et en créant des espaces d’engagement concrets, les collectivités renforcent leur capacité à entraîner l’ensemble des acteurs dans les territoires — condition essentielle pour transformer durablement les modèles de développement et les comportements.

Il serait en outre utile de poursuivre les premières réflexions autour de démarches mutualisées entres plusieurs villes, dès l’élaboration des constats et besoins, afin de travailler conjointement à l’élaboration de solutions partagées, voire d’outils communs, notamment au travers de commande publique.

Ces enseignements sont notamment issus des expérimentations des collectivités suivantes :

Depuis 2022, la Mission Villes, lancée par la Commission européenne dans le cadre du programme de recherche et innovation Horizon Europe et accompagnée par NetZeroCities, rassemble 112 villes européennes qui cheminent vers un objectif de neutralité carbone dici 2030. Cet engagement les positionne comme des laboratoires dexpérimentation et des démonstrateurs, visant à inspirer l’ensemble des territoires européens, afin d’être collectivement au rendez de la neutralité carbone en 2050.

La Mission Villes est ouverte, des villes jumelles l’ont déjà rejoint, l’objectif étant d’essaimer sur ces retours d’expérience, et les travaux et outils produits sont accessibles sur la plateforme de NetZeroCities.

Pour retrouver les articles précédents sur la Rencontre Mission Villes des 3 et 4 mars 2026 à Saint-Ouen :

Mission Villes : Renforcer le pouvoir d’agir des collectivités dans la transition climatique 

Mission Villes : Structurer la gouvernance interne pour faire du climat un sujet transversal dans la transformation des territoires urbains 

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