FRANCE URBAINE SALUE L’ADOPTION D’UNE NOUVELLE STRATÉGIE NATIONALE DE PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE MAIS ALERTE SUR L’INSUFFISANCE DES MOYENS
La nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance (SNPD) pour la période 2026-2030 a été présentée par la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne. Structurée autour de trois axes et déclinée en une cinquantaine de mesures, elle entend adapter la réponse publique aux nouvelles formes de délinquance, renforcer la prévention tout au long des parcours de vie et améliorer la coordination des acteurs locaux. Attendue depuis près de deux ans, cette version actualisée conclut un long cycle de concertation auquel France urbaine a pris part. Élaborée à l’issue d’échanges associant notamment les maires, les préfets et les acteurs de la prévention, la stratégie intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des violences, la progression du narcotrafic et l’implication croissante des mineurs, à la fois comme victimes et comme auteurs de faits de délinquance
Les maires au cœur du dispositif
Les collectivités locales, et particulièrement les maires, occupent une place centrale dans ce nouveau cadre d’action. Le gouvernement souhaite notamment s’appuyer davantage sur les conseils locaux ou intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD/CISPD), considérés comme des instances privilégiées pour assurer le suivi des jeunes en situation de fragilité ou de rupture de parcours.
France urbaine souligne plusieurs avancées, parmi lesquelles la création de l’académie numérique de la prévention, un centre de ressources destiné aux professionnels du secteur, notamment les coordonnateurs de CL(I)SPD. L’association salue également la prise en compte de phénomènes émergents tels que la cyberdélinquance, les enjeux de santé mentale, l’usage détourné du protoxyde d’azote, les dérives masculinistes ou encore la prostitution des mineurs.
L’association des grandes villes, agglomérations et métropoles rappelle par ailleurs le rôle central des maires et des élus locaux dans la recherche d’un équilibre entre prévention et répression à l’échelle des bassins de vie. Elle prend acte de la volonté affichée par le gouvernement de mieux coordonner l’action publique et de limiter le cloisonnement des dispositifs nationaux, jugé préjudiciable à la lisibilité des politiques de prévention.
Des inquiétudes persistantes sur les moyens financiers
France urbaine exprime toutefois de fortes inquiétudes concernant les moyens financiers associés à cette stratégie. Les élus locaux alertent notamment sur la baisse du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), dont les crédits passeraient de 62,4 millions d’euros en 2024 à 46 millions d’euros en 2026.
Cette baisse fragilise les projets portés par les acteurs locaux ainsi que plusieurs priorités identifiées par la représentation nationale, comme la sécurisation des sites exposés au risque terroriste, la lutte contre les dérives sectaires ou encore le financement des postes d’intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie.
Dans un contexte budgétaire contraint, France urbaine estime que la prévention ne peut constituer une variable d’ajustement et plaide pour des moyens inscrits dans la durée afin de soutenir les actions engagées sur les territoires. L’association défend également la transformation du Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) en véritable délégation interministérielle afin de renforcer le pilotage national des politiques de prévention.
France urbaine poursuivra son implication dans les travaux engagés autour du déploiement de la stratégie nationale de prévention de la délinquance.