LA PÉRENNISATION DE L’ANRU SE JOUE DÈS MAINTENANT
Au Bureau de France urbaine d’avril 2025, la discussion sur l’avenir du renouvellement urbain avait été relancée par la présentation du rapport « Ensemble, refaire ville ». En présence d’Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’ANRU, Jean-Martin Delorme de l’inspection générale du développement durable et de Patrice Vergriete, Président de l’ANRU, les échanges avaient surtout pointé une urgence : préparer dès maintenant la suite du NPNRU et l’horizon d’un ANRU 3, alors que s’accumulent les défis liés au changement climatique et au creusement des inégalités sociales et territoriales.
Un an plus tard, en février 2026, cette nécessité devient très concrète : le NPNRU entre dans une phase charnière (fin des engagements repoussée à 2027, livraisons jusqu’en 2032). Pour les collectivités, l’enjeu est clair : éviter toute rupture et garantir une continuité, à l’image de la transition entre l’ANRU 1 et l’ANRU 2. C’est précisément l’objet de la mission confiée à Philippe Van de Maele par Valérie Létard, alors ministre du Logement, mission qui doit se concentrer sur trois points : le périmètre, la gouvernance et le financement.
Dans ce cadre, France urbaine a établi une ligne claire alors que le débat existe sur un possible élargissement du champ d’intervention (au-delà des seuls QPV) : les QPV doivent rester le cœur de cible, avec des moyens à la hauteur. Et si un élargissement devait être retenu, il ne saurait se faire “à moyens constants”, au risque de diluer l’action et de réduire l’impact là où les besoins restent massifs.
Pérenniser l’ANRU : une question de financement et de lisibilité
Les élus des métropoles, grandes villes et agglomérations insistent sur un point : pérenniser l’agence et préparer ANRU 3 suppose d’abord de sécuriser le modèle économique. Des incertitudes persistent sur la trajectoire de financement, en particulier sur la contribution de l’Etat. Dans ce contexte, France urbaine alerte sur un risque : sans visibilité financière, l’ANRU perdrait sa capacité à donner un cap et à tenir les engagements au plus près des territoires.
Et de rappeler l’enjeu de calendrier : lancer ANRU 3 dès 2026 est déterminant pour donner de la visibilité aux élus locaux et éviter une césure, alors que les échéances nationales de 2027 pourraient sinon repousser la décision