RÉNOVATION URBAINE : À QUELQUES MOIS DE LA RESTITUTION DU RAPPORT VAN DE MAELE, FRANCE URBAINE AUX CÔTÉS DES AUTRES ASSOCIATIONS D’ÉLUS, RÉAFFIRME SES POSITIONS
Le 19 février, les administrateurs de l’Agence nationale de rénovation urbaine étaient convoqués en vue d’échanger sur les principales orientations du rapport confié à Philippe Van de Maele, l’occasion pour France urbaine de réaffirmer en cohérence avec ses principaux partenaires dont l’Association des maires de France et Ville et Banlieue son plein soutien à un ANRU 3.
Un maintien justifié au vu de l’ampleur des besoins
France urbaine milite pour le maintien d’une intervention en quartier prioritaire de la politique de la ville, ce dispositif d’ampleur étant justifié aussi bien par les caractéristiques sociales de ces quartiers (pauvreté, chômage, voire indicateurs en matière d’insécurité et éducation) que par la complexité des opérations à conduire. Au sein de tels quartiers, les centres anciens, le traitement de certaines copropriétés avec ou sans urbanisme de dalle, la prise en compte des vulnérabilités face au changement climatique pourraient être à prendre en compte dans le respect de la partition entre opérateurs.
Des financements à consolider
Le modèle de maquettes pluriannuelle a aujourd’hui fait ses preuves et est à maintenir sous réserve toutefois d’y adosser des financements pérennes. A cet égard, la renégociation future de la convention quinquennale avec Action logement constitue un enjeu clé. La mobilisation de financements européens voire le fléchage de taxes affectées pourraient également être à examiner.
En tout état de cause, la rénovation urbaine s’inscrira dans une approche globale prenant en compte à la fois le traitement des infrastructures et le financement des politiques de cohésion et d’action sociale. La publication récente par l’ONPV d’une étude sur le sentiment d’insécurité en quartier prioritaire de la politique de la ville bien que fondée sur des données relativement anciennes (2021) donne ainsi à voir un sentiment d’insécurité au sein du quartier près de quatre fois supérieur au ressenti hors quartier prioritaire. Une étude récente conduite par ATD Quart monde principalement réalisée en structure REP et REP+ examine quat à elle les inégalités persistantes dans les parcours scolaires : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés. Le renforcement des politiques de l’emploi dans mais également voire surtout, hors des quartiers constitue également une orientation à renforcer. France urbaine appelle de longue date à un observatoire des moyens de droit commun affectés aux quartiers prioritaire en vue de garantir une véritable équité dans l’accès au service public.
Une fenêtre temporelle à sécuriser
La continuité entre ANRU 2 et ANRU 3 constitue un point essentiel nécessitant de sécuriser à court terme le modèle et ses financements. Alors que la parution du rapport Van de Maele est attendue au premier semestre, France urbaine aux côtés des autres associations d’élus réaffirme le caractère prioritaire et stratégique de cette politique pour les territoires urbains.