ÉTUDE. La métamorphose énergétique des grandes villes : dix ans de transformations en chiffres
À l’occasion de ses dix ans, France urbaine publie avec Enedis et GRDF « La métamorphose énergétique des grandes villes. Dix ans d’évolution des réseaux d’énergie (2015-2025) ». Une publication qui mesure les transformations à l’œuvre dans les grandes intercommunalités françaises, de la baisse des consommations au développement des énergies renouvelables et des mobilités décarbonées.
Qu’est-ce qui a vraiment changé, en dix ans, dans les territoires urbains ? Pour répondre à cette question, France urbaine, Enedis et GRDF ont croisé leurs expertises et les données publiques relatives aux réseaux d’énergie. L’étude porte sur les 78 plus grandes intercommunalités françaises. Pour chaque indicateur, les données ont été agrégées à l’échelle de ces territoires et suivies entre 2015 et 2025, selon les séries disponibles. Les résultats présentés concernent donc l’ensemble de ces périmètres intercommunaux.
Face au dérèglement climatique et aux crises énergétiques, quatre dynamiques se dégagent : la sobriété, les énergies renouvelables, la mobilité décarbonée et les circuits courts de l’énergie.
Des consommations en baisse, une production renouvelable en progression
Premier enseignement : les consommations cumulées de gaz et d’électricité ont diminué de 14 % entre 2015 et 2024 dans les intercommunalités étudiées, passant de 421 à 360 TWh. La publication met notamment en avant la rénovation des bâtiments, l’amélioration des équipements et la maîtrise de la demande.
Dans le même temps, la production d’électricité renouvelable a progressé de 42 % entre 2017 et 2025, pour atteindre 16,7 TWh. Elle couvre désormais près d’un dixième de la consommation d’électricité de ces territoires. Le gaz vert connaît également un essor marqué : les volumes injectés dans les réseaux ont été multipliés par 75 entre 2015 et 2025, pour atteindre 2,25 TWh.
Cette transformation concerne aussi les réseaux de chaleur urbains, dont la part d’énergie renouvelable atteint près de 70 % en 2025, contre 63 % en 2019.
Des mobilités qui se transforment
L’évolution des réseaux accompagne celle des déplacements. Dans les territoires étudiés, le parc de véhicules électriques a presque quintuplé entre 2020 et 2025, passant de 175 000 à 841 000 véhicules. Sur la même période, la puissance de recharge ouverte au public a été multipliée par seize.
Les flottes de bus, de bennes à ordures ménagères et de poids lourds évoluent également : le nombre de véhicules roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV) ou au bioGNV a été multiplié par sept en dix ans.
Des circuits courts et des solidarités entre territoires
Autre évolution significative : 555 opérations d’autoconsommation collective ont été mises en service depuis 2016 dans les intercommunalités étudiées, soit un quart du total national. Collectivités, bailleurs et habitants peuvent ainsi produire et partager de l’électricité à l’échelle d’un quartier. Le développement de la production locale reste indissociable des solidarités entre territoires urbains et ruraux. Le maillage des réseaux permet notamment aux agglomérations de bénéficier du biométhane produit au-delà de leur périmètre.
En donnant à voir ces évolutions sur une décennie, France urbaine, Enedis et GRDF proposent des repères concrets pour éclairer les choix des collectivités. À l’occasion des dix ans de l’association, cette publication témoigne du chemin parcouru et de la place centrale des grandes intercommunalités dans la transition énergétique.