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BUDGET EUROPÉEN 2028-2034 : LES VILLES ET MÉTROPOLES FRANÇAISES SE MOBILISENT À BRUXELLES

Les 15 et 16 juillet 2026, des élus et représentants de collectivités françaises membres d’Eurocities se sont rendus à Bruxelles. Coorganisé par la Métropole de Lyon et Eurocities, ce déplacement a permis de porter les attentes des territoires urbains dans les discussions sur le futur budget de l’Union européenne.

 

 

(De gauche à droite : Dominique Hesdin, Catherine Vanacker, Djillali Lahiani, Myriam Bencharaam, Hervé Moritz, Laurent Caure et Marianne Desset)

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Porter collectivement les priorités des territoires urbains

La délégation réunissait des représentants de la Métropole de Lyon, de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, de la Ville d’Angers et d’Angers Loire Métropole, de la Ville d’Amiens et d’Amiens Métropole, de la Ville de Toulouse et de Toulouse Métropole, ainsi que de la Métropole européenne de Lille, aux côtés d’Eurocities, que France urbaine a été invitée à rejoindre.

Les participants ont échangé avec la direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne, plusieurs membres de la délégation française du Parlement européen et la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne. Ces rencontres ont permis de confronter les orientations européennes aux réalités des territoires, d’approfondir le dialogue avec les décideurs et d’identifier les leviers encore mobilisables dans les négociations en cours. Elles ont également mis en avant l’importance des échanges d’expériences entre collectivités et renforcé leur volonté de porter des positions communes, au niveau européen, que ce soit à Bruxelles ou à Strasbourg, comme au niveau national.

La place des villes et métropoles doit être reconnue

Les discussions ont principalement porté sur le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034. La nouvelle architecture proposée regrouperait de nombreux financements (PAC, pêche, politique de cohésion, sécurité…) au sein de plans de partenariat nationaux et régionaux, avec des versements de crédits européens liés désormais à l’atteinte d’objectifs, de cibles et de jalons (cadre de performance). Derrière une ambition de simplification et de flexibilité, les élus ont alerté sur un risque de recentralisation des décisions, de mise en concurrence des territoires, in fine, d’affaiblissement de la politique de cohésion et de l’objectif de cohésion économique, sociale et territoriale, inscrit dans les traités européens.

La disparition d’une enveloppe minimale consacrée au développement urbain durable constitue un point de vigilance majeur. Sans garantie inscrite dans les textes, les villes et métropoles pourraient rencontrer davantage de difficultés pour faire reconnaître leurs besoins et sécuriser leurs investissements dans la durée, et répondre aux défis qu’elles rencontrent.

Les échanges ont également porté sur l’accès des territoires urbains au futur Fonds européen de compétitivité (incluant désormais Horizon Europe) et le maintien du programme LIFE (amené à disparaître, ses activités étant mises en concurrence avec d’autres priorités thématiques, comme la défense, l’industrie…).

Logement abordable, mobilités et nœuds urbains (notamment au travers du Mécanisme pour l’interconnexion Europe), décarbonation des transports et des bâtiments, adaptation au changement climatique, emploi, formation, réindustrialisation, innovation et cohésion sociale, sont autant de priorités européennes qui se concrétisent dans les territoires urbains et les bassins de vie. Les élus ont aussi rappelé que la politique de cohésion devait répondre aux inégalités au sein même des régions, notamment aux poches de pauvreté urbaine et aux difficultés d’accès au logement, à l’emploi, aux mobilités et aux services essentiels.

France urbaine : Garantir aux villes et métropoles les moyens d’agir

Les messages portés à Bruxelles par les élus des eurocités françaises rejoignent pleinement le plaidoyer engagé par France urbaine. Mathieu Klein, maire de Nancy, président de la Métropole du Grand Nancy et vice-président de France urbaine chargé de l’Europe et de l’international, a pu faire le lien entre cette mobilisation collective et les propositions défendues par l’association. Il a rappelé l’inquiétude partagée quant à la place fait à l’urbain, et ce travail essentiel de coopération entre France urbaine et Eurocities, mais aussi l’intérêt de porter la voix des villes et métropoles à l’échelle nationale sur ces enjeux européens, et ce dans un contexte compliqué dans les mois à venir, permettant d’affirmer un ancrage européen dans les territoires urbains.

Un courrier a par ailleurs été adressé au Premier ministre par Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine, et Nathalie Appéré, première vice-présidente, renouvelant la demande d’être associés dès à présent à la préparation du futur plan français, dans du nouvel agenda de l’UE pour les villes, et défendant un chapitre urbain clairement identifiable, co-élaboré avec les grandes villes, agglomérations et métropoles, qui soit doté d’une enveloppe représentant au moins 15 % des crédits de l’enveloppe nationale qui seront consacrés à la cohésion, avec une déclinaison dans les chapitres régionaux, dont les Régions en seront l’autorité de gestion, comme cela a été confirmé récemment par le Premier ministre.

Les préoccupations exprimées pendant le déplacement trouvent également leur traduction dans les propositions de France urbaine en matière de politique de cohésion pour le post 2027 : préserver le rôle d’organisme intermédiaire pour les collectivités qui le souhaitent, leur laisser le choix des priorités thématiques et des outils (ITI, DLAL…) adaptés à leurs réalités.

Cette visite à Bruxelles a ainsi permis de conforter une mobilisation appelée à se poursuivre tant au niveau européen, qu’aux niveaux national et régional. Parce qu’elles mettent concrètement en œuvre les transitions, les grandes villes, agglomérations et métropoles doivent être reconnues comme des partenaires à part entière de l’Union européenne, de l’État et des Régions.

Delphine BOURDIN
d.bourdin@franceurbaine.org
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