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ALLIANCE DES TERRITOIRES : UNE ÉTUDE DE SCIENCES PO RENNES POUR ÉCLAIRER LES COOPÉRATIONS ENTRE TERRITOIRES

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Le 6 novembre 2026, France urbaine accueille, dans le cadre de son groupe de travail des directrices et directeurs des politiques contractuelles nationales et européennes, la présentation d’une étude consacrée aux coopérations interterritoriales, conduite avec l’appui de Sciences Po Rennes et de Rennes Métropole. Conduit par Maxime Pailler, paysagiste-concepteur et chercheur postdoctoral à Sciences Po Rennes, ce travail s’inscrit dans la plateforme rennaise du programme POPSU Transitions, avec Gwenaël Bodo pour Rennes Métropole, Romain Pasquier pour la direction scientifique et Marc Rouzeau pour la coordination du projet POPSU rennais. 

Des coopérations multiples pour répondre à des besoins concrets 

Des contrats de réciprocité aux pôles métropolitains, syndicats mixtes ou coopérations plus informelles, les relations interterritoriales prennent des formes multiples, adaptées aux besoins et aux initiatives des collectivités. Elles concernent des enjeux très concrets : mobilités du quotidien, alimentation, santé, eau, énergie, foncier ou développement économique. 

Du contrat de réciprocité entre Brest Métropole et le Pays du Centre Ouest Bretagne au contrat de coopération réunissant seize EPCI du bassin de vie rennais sur les enjeux de transition, en passant par les solidarités autour de l’eau dans le Grand Reims, les coopérations toulousaines en matière d’alimentation ou les mobilités à l’échelle du bassin grenoblois, ces initiatives illustrent la diversité des solidarités déjà à l’œuvre entre territoires. 

Huit terrains pour documenter les formes de coopération 

Le benchmarking conduit en 2026 porte sur huit terrains : Dunkerque, Grenoble, La Rochelle, Lyon, Nantes, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Il repose sur treize entretiens spécifiques, en complément des 48 entretiens réalisés dans le cadre plus large de POPSU Transitions, et sur une analyse croisée des documents, trajectoires et dispositifs de coopération. 

Six dimensions sont comparées : les formes juridiques et le degré de formalisation, les motivations, l’animation, les ressources mobilisées, la robustesse et la place des transitions. Les premières analyses font apparaître trois grandes configurations :  

  • 37,5 % des terrains relèvent principalement de formes souples et réticulaires,  
  • 37,5 % de configurations multiscalaires et à géométrie variable 
  • 25 % de formes davantage institutionnalisées et intégrées.  

Ces catégories ne constituent pas des modèles étanches : les territoires combinent souvent plusieurs instruments selon les sujets traités. 

Des coopérations qui nécessitent du temps et des moyens 

La forme juridique ne suffit pas à mesurer le degré réel d’engagement. Celui-ci se lit aussi dans les moyens humains, l’ingénierie et les financements mobilisés. 

Les écarts observés sont importants : environ 0,2 ETP pour l’animation des contrats de réciprocité lyonnais, 150 jours de travail annuels mobilisés par l’agence d’urbanisme pour le Dialogue métropolitain toulousain, tandis que le SMEAT dispose de trois agents et d’un budget annuel compris entre 700 000 et 800 000 euros. Un constat ressort : les coopérations sont souvent mieux dotées en ingénierie qu’en capacité financière directe d’action. Leur fragilité devient particulièrement visible lorsqu’il faut financer, arbitrer, désigner une maîtrise d’ouvrage ou inscrire la relation dans la durée. 

Les transitions révèlent les interdépendances 

La transition écologique renforce la nécessité de coopérer, mais ne produit pas un modèle national unique. Selon les territoires, les coopérations se structurent autour de la décarbonation industrielle, de l’eau, de l’alimentation, des mobilités, du foncier ou de l’adaptation aux vulnérabilités. 

Elles révèlent ainsi en creux les interdépendances entre territoires : ressources produites ici et consommées ailleurs, bassins de mobilité, systèmes alimentaires ou infrastructures partagées. La coopération ne crée pas ces interdépendances ; elle cherche à les rendre gouvernables. Ce constat plaide pour faire confiance aux territoires afin qu’ils construisent des alliances adaptées à leurs histoires, leurs ressources et leurs besoins. 

L’Alliance des territoires au cœur de l’engagement de France urbaine 

Depuis sa création en 2016, France urbaine a fait de l’Alliance des territoires un axe majeur de son action, aujourd’hui porté par Johanna Rolland, vice-présidente chargée des coopérations territoriales. 

Loin d’opposer villes et campagnes, cette approche part des relations de solidarité et de dépendance qui les relient. Le réseau France urbaine joue à cet égard un rôle essentiel de mise en relation, de capitalisation et de mémoire. Les coopérations territoriales nécessitent en effet du temps long : elles reposent autant sur des dispositifs que sur des relations de confiance, des habitudes de travail et des apprentissages qu’il faut pouvoir entretenir. 

À l’occasion de ses dix ans, France urbaine a réaffirmé sa volonté de conforter les coopérations librement consenties, de donner davantage de portée aux contrats de réciprocité et d’inscrire les solidarités interterritoriales au cœur d’une stratégie nationale d’aménagement du territoire construite avec les collectivités. 

Un enjeu pour le renouvellement du dialogue entre l’État et les territoires 

Ces travaux interviennent dans un contexte marqué par l’élaboration d’une stratégie nationale d’aménagement du territoire, la révision du dialogue contractuel entre l’État et les collectivités et les débats budgétaires pour 2027. 

La réflexion se prolongera le 6 novembre avec Christophe Viret, de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable, autour de l’articulation entre les COP régionales, les documents de planification et les futurs contrats entre l’État et les collectivités. Cette séquence nourrira une question centrale pour France urbaine : comment donner aux territoires le temps, l’ingénierie et les moyens nécessaires pour transformer leurs interdépendances en capacité d’action collective ? 

Jean Deysson
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