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FRANCE URBAINE INTERPELLE LA MINISTRE DE LA CULTURE SUR LA BAISSE DES FINANCEMENTS DES CONSERVATOIRES

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Dans un courrier adressé le 13 octobre à la ministre de la Culture Catherine Pegard, France urbaine alerte sur la baisse des financements des conservatoires et le manque de visibilité budgétaire. L’association demande le rétablissement des crédits et une trajectoire de financement pluriannuelle, définie en concertation avec les collectivités territoriales. 

Après une première alerte en juin sur le gel des crédits de 28 structures culturelles labellisées, principalement des centres dramatiques nationaux et des maisons d’opéra, France urbaine interpelle de nouveau le ministère de la Culture et souligne les difficultés auxquelles sont confrontés les conservatoires, fragilisés par les baisses de subventions et l’absence de prévisibilité des financements. 

Des baisses de crédits qui fragilisent les établissements 

Les situations rapportées dans plusieurs territoires illustrent l’ampleur des difficultés. Au conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Versailles, le soutien de l’État passe de 120 000 euros à zéro. À Rennes, il recule de 365 000 euros en 2023 à 46 000 euros en 2026. À Besançon, le conservatoire a perdu près de 40 % de sa subvention régionale en deux ans, passant de 410 000 à 250 000 euros, alors que la notification de la subvention de la direction régionale des affaires culturelles pour 2026 reste attendue au moment du courrier. La DRAC Auvergne Rhône Alpes confirme le maintien de la mise en réserve des crédits de l’école nationale de danse, théâtre et art dramatique de Villeurbanne (CRD), pour lequel la participation de l’Etat passerait de 89.000 euros en 2024, 77.900 euros en 2025… et 0 euro à ce jour pour 2026. La DRAC Hauts-de-France a confirmé la suppression de 5% pour l’ensemble des établissements accompagnés.  

Au-delà des montants, France urbaine dénonce une méthode qui compromet la conduite des politiques culturelles locales. L’absence de trajectoire budgétaire fragilise les projets et les coopérations entre acteurs publics. Un tiers des grandes villes et métropoles signalent ainsi une diminution des coopérations avec les autres niveaux de collectivités territoriales et l’État. 

Le PLF 2027 accentue les inquiétudes 

Dans ce courrier, France urbaine souligne également les risques liés au projet de loi de finances pour 2027. Celui-ci prévoit une réduction de 3,9 % des crédits du programme 361 dévolu à la transmission des savoirs, dans la suite d’annulation et de gel de crédits. Cette baisse pourrait affecter durablement les conservatoires, l’enseignement supérieur artistique et le Pass culture. 

Alors que les collectivités sont les premières à financer la culture, l’effort budgétaire qui leur est demandé réduirait leurs moyens de fonctionnement et d’investissement, fragilisant notamment leur soutien aux conservatoires. Ces équipements permettent à tous les publics de pratiquer la musique, la danse et le théâtre, accompagnent les amateurs et forment les futurs professionnels. Préserver leurs missions, comme l’éveil artistique dès le plus jeune âge et les pratiques culturelles à l’école, nécessite un engagement durable.  

France urbaine demande donc à l’État un soutien financier à la hauteur des exigences qu’il fixe aux établissements : l’actualisation du schéma national d’orientation pédagogique (SNOP) enjoint les CRD et CRC à la délivrance de diplômes nationaux dont les conditions administratives, organisationnelles et financières sont engageantes pour les collectivités. France urbaine souhaite le rétablissement immédiat des crédits destinés aux conservatoires et la définition, entre l’État et les collectivités territoriales, d’une trajectoire de financement pluriannuelle, lisible et concertée.
L’objectif : permettre aux établissements de conduire sereinement leurs projets et de remplir leurs missions éducatives, sociales et citoyennes.  

Sébastien Tison
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