Actualité Éducation, jeunesse et petite enfance Transition écologique

PLF – ADAPTATION DU BÂTI SCOLAIRE : LA NÉCESSITÉ DE FINANCEMENTS DURABLES POUR LES TERRITOIRES URBAINS

Auditionné le 16 septembre à l’Assemblée nationale par le député Mickaël Cosson, rapporteur pour avis des crédits relatifs à la transition écologique, Antoine Armand, maire d’Annecy et co-président de la commission « Transitions et aménagement » de l’association, a représenté France urbaine pour défendre une adaptation des écoles à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux. L’association appelle à mieux anticiper les crises, à garantir des financements durables et à soutenir prioritairement les territoires les plus vulnérables.

1789566345802

Anticiper les crises et préserver l’accueil

Maintenir l’accueil dans des locaux surchauffés, déplacer les enfants, aménager les horaires ou fermer des écoles : cet été, les élus ont été confrontés à des décisions difficiles. Lors du pic du 22 juin 2026, 845 établissements scolaires ont dû fermer totalement ou partiellement, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale.

Les villes ont mobilisé leurs agents, équipé des salles et recherché des lieux de repli. Mais cette mobilisation dans l’urgence ne peut constituer une réponse durable. France urbaine a rappelé la nécessité d’articuler la préparation des prochaines alertes et l’adaptation à long terme du bâti.

L’enjeu est aussi social : fermer une école ne garantit pas que les enfants seront mieux protégés chez eux. Les familles vivant dans des logements surchauffés, disposant de peu de solutions de garde ou de souplesse professionnelle sont particulièrement pénalisées.

France urbaine demande donc une préparation commune avec l’Éducation nationale et les préfectures : identification des écoles vulnérables, lieux de repli, adaptations horaires, clarification des responsabilités et information des familles. Les règles doivent permettre des réponses adaptées aux spécificités territoriales, intégrant les temps scolaires, périscolaires et l’accueil de loisirs.

Programmer l’adaptation du patrimoine scolaire

Végétalisation et désimperméabilisation des cours, protections solaires, ventilation, brasseurs d’air : les collectivités agissent déjà. Ces interventions doivent s’inscrire dans une programmation associant améliorations immédiates et transformations profondes des bâtiments et de leurs abords.

Rénovation énergétique et confort d’été doivent être pensés ensemble, en tenant compte des températures futures et des usages réels. Les solutions passives sont à privilégier, complétées, lorsque le diagnostic le justifie, par un rafraîchissement actif ciblé. Les normes doivent accompagner cette évolution.

Garantir des engagements financiers durables

La contraction du Fonds vert et l’instabilité des financements fragilisent les investissements comme la confiance des élus. Rénover des dizaines d’écoles nécessite plusieurs années de préparation, avec des chantiers contraints par le calendrier scolaire. Une aide incertaine ou tardive peut reporter une intervention d’une année.

France urbaine a défendu trois exigences : prévisibilité, pluriannualité et contractualisation. Un soutien initialement plus modeste, mais stable et garanti, permet davantage de projets que des annonces rapidement remises en cause. Une loi de programmation consacrée à l’adaptation et à la transition écologique et énergétique donnerait un cadre à cette continuité.

Le Fonds territorial climat porte cette logique : garantir aux intercommunalités dotées d’un plan climat-air-énergie territorial des ressources prévisibles, selon des clés de répartition stables et tenant compte de la population.

Le soutien doit couvrir les travaux, les diagnostics et l’ingénierie, et faciliter l’accès à des financements à taux réduits. Il doit aussi préserver l’autofinancement des collectivités, moteur essentiel de l’adaptation. Les effets du Dilico et des ponctions sur leurs recettes doivent être appréciés au regard des investissements qu’ils risquent d’empêcher.

Soutenir les territoires les plus vulnérables

Les espaces urbains les plus minéralisés cumulent accumulation de chaleur, faible rafraîchissement nocturne et, parfois, fortes fragilités sociales. Ils doivent bénéficier d’un soutien renforcé.

Pour France urbaine, la répartition des moyens doit tenir compte de l’exposition, du nombre d’habitants concernés, de leur vulnérabilité et des montants alloués par habitant. La maturité administrative des dossiers ne peut être le seul critère : il faut sortir du saupoudrage et concentrer les financements là où les besoins sont les plus importants.

Les enseignements de cet été doivent désormais se traduire dans les choix budgétaires et l’organisation des services publics. L’adaptation des écoles ne peut attendre la prochaine canicule.

 

Sarah Bou Sader
Aller au contenu principal