Culture

CONSEIL DES TERRITOIRES POUR LA CULTURE : FRANCE URBAINE ALERTE LA MINISTRE SUR LE MANQUE DE PRÉVISIBILITÉ BUDGÉTAIRE

La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a réuni le 15 septembre dernier les représentants des associations d’élus dans le cadre du Conseil des territoires pour la Culture (CTC). Une réunion importante qui s’inscrit dans un agenda institutionnel et budgétaire sensible pour la culture.  

Catherine PÉGARD, ministre de la Culture, préside le Conseil n

Un besoin de lisibilité budgétaire 

Marie-Pierre Bresson, adjointe au maire de Lille en charge de la culture, a rappelé pour France urbaine l’intérêt d’une instance comme celle du CTC pour disposer d’un cadre de coordination en matière de politiques artistiques et culturelles. La culture, en tant que compétence partagée, subit de réelles incertitudes par le manque de lisibilité politique et territoriale : les villes et métropoles, au bout de la chaine institutionnelle, tentent d’amortir le déport de charges et les baisses de crédits de l’Etat comme des collectivités territoriales. Ces baisses se répercutent directement sur le service public de la culture, lequel ne bénéficie plus d’une coordination politique pourtant nécessaire… et enclin à respecter le fonctionnement institutionnel qui prévaut.  

En effet, France urbaine a rappelé le fondement même des labels, outils de contractualisation entre l’Etat et les collectivités qui, de plus en plus, contraignent davantage qu’ils ne financent les équipements culturels locaux. France urbaine a interpellé la ministre, en juin dernier, consécutivement à l’annonce du gel de subvention de 28 structures labelisées, majoritairement des CDN et maisons d’opéra. Aujourd’hui, le chainon éducatif est touché avec les conservatoires à rayonnement régional (CRR). 

… et politique 

A quelques jours de la publication du projet de loi de finances 2027, France urbaine rappelle toute l’importance du maintien des financements des crédits de l’Etat à l’attention de la culture dans les territoires afin de respecter le cadre institutionnel dévolu à la culture. Plus que le désengagement financier, le manque de prévisibilité budgétaire traduit un désengagement politique qui nuit au portage politique pluriel de la culture. Les relations des villes et de l’Etat sur la culture ne sauraient se cantonner à des interpellations politiques en réaction à des baisses de crédits répétitives et soudaines : c’est une programmation artistique programmée pour l’année suivante qui est mise en danger, des conservatoires dont certaines classes sont menacées de fermeture.  

Dès lors, France urbaine appelle à une trajectoire prévisible et transparente de l’Etat sur ses engagements financiers, concernant un ensemble d’équipements et lieux labelisés. La culture repose de plus en plus sur le volontarisme des grandes villes françaises, lesquelles ont très majoritairement maintenu leurs efforts d’investissement et de fonctionnement. C’est ce que dit le dernier rapport de l’Observatoire des politiques culturelles (OPC), avec un portage annuel à hauteur de 8 milliards d’euros du bloc communal. Malgré tout, l’augmentation des charges de fonctionnement, le coût de l’inflation et le désengagement combiné de l’Etat et de certaines collectivités, permettent difficilement au budget « culture » des villes d’amortir ces baisses de crédits.  

Les signaux de l’Etat envoyés à la culture, ces prochaines semaines, passeront surtout par la préservation des financements des collectivités dans le cadre du prochain exercice budgétaire. La pression financière qui pèse sur les collectivités se répercute sur l’investissement local. Nombreuses sont les grandes villes et métropoles à repousser ou délisser leur investissement, voire abandonner des projets – à rebours de l’accélération attendue en matière d’adaptation climatique et de rénovation des équipements culturels, sans obérer les contraintes de fonctionnement qui impactent directement l’animation culturelle dans son ensemble, des lieux de lecture publique aux musées en passant par les emplois permanents du spectacle vivant.  

Cette lisibilité politique doit précéder et traduire la donne budgétaire proposée par l’Etat, sans exposer davantage les collectivités et les lieux culturels, – qu’ils soient dévolus au spectacle vivant ou à l’enseignement – par une suppression en cours d’année d’exécution des concours de l’Etat. Elle doit, également, prendre en compte les orientations des villes en matière de politiques artistiques et culturelles, lesquelles travaillent au maintien et à l’entretien du réseau culturel local tout en faisant évoluer les offres selon les réalités sociales, économiques, spatiales des publics – il en va du principe même de démocratisation culturelle.  

 

Sébastien Tison
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