JOURNÉE NATIONALE DE L’ANRU : PRÉPARER DÈS MAINTENANT L’AVENIR DE LA RÉNOVATION URBAINE
Le 17 septembre, France urbaine participait à Saint-Denis à la Journée nationale de l’ANRU « Ensemble refaire ville ». Organisée quelques mois après les élections municipales, cette édition a largement donné la parole aux maires et permis de rappeler les acquis de plus de vingt ans de renouvellement urbain, tout en ouvrant le débat sur la future génération de projets.
Ouverte par Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, puis par Patrice Vergriete, président de l’ANRU, la journée a réuni élus, professionnels et partenaires du renouvellement urbain. Sur les 330 quartiers bénéficiant du NPNRU, 113 ont désormais un nouveau maire : une donnée qui rappelle l’importance de donner rapidement de la visibilité aux nouvelles équipes municipales sur la suite du programme.
Une expertise acquise en vingt ans à préserver
Les différentes tables rondes ont d’abord permis de mesurer le chemin parcouru. Au-delà des transformations physiques réalisées dans les quartiers, l’ANRU a progressivement construit une méthode de travail, un mode projet et une expertise partagée entre collectivités, État, bailleurs sociaux, Action Logement et professionnels du renouvellement urbain. Ce capital collectif doit pouvoir être préservé et mobilisé dans la prochaine génération de renouvellement urbain.
La question de son futur périmètre a naturellement animé les échanges. Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, a notamment appelé à ne pas opposer les territoires : l’expertise et les méthodes développées par l’ANRU peuvent bénéficier plus largement à des territoires confrontés à des problématiques similaires, sans pour autant conduire à une dilution des moyens consacrés aux quartiers qui concentrent les difficultés.
Cette réflexion se pose notamment pour certains quartiers anciens dégradés ou pour des secteurs situés aux franges des QPV confrontés à des problématiques urbaines comparables. La définition et la sélection des futurs quartiers d’intervention constitueront donc un enjeu majeur de l’ANRU 3.
Le renouvellement urbain ne peut être dissocié du projet social
Plusieurs interventions ont également rappelé que la transformation physique des quartiers ne pouvait constituer une fin en soi. Arnaud Deslandes, maire de Lille, a ainsi insisté sur la nécessité de mieux articuler renouvellement urbain et accompagnement des habitants, en défendant l’idée qu’« un euro ANRU devrait embarquer un euro d’accompagnement social ». Une manière de rappeler qu’un projet de renouvellement urbain doit être pensé en même temps comme un projet social, en lien avec la politique de la ville et les politiques de droit commun.
La participation des habitants demeure à cet égard un enjeu central. Les échanges ont notamment souligné la nécessité d’adapter les formes de concertation aux réalités de la vie quotidienne dans les quartiers : horaires de travail décalés, familles monoparentales, contraintes de garde ou encore difficulté à participer dans la durée aux démarches proposées.
Michaël Delafosse, maire de Montpellier, a pour sa part replacé le renouvellement urbain dans le contexte plus large de la crise du logement. Alors que le coût du logement pèse toujours davantage sur le budget des ménages, il a insisté sur la nécessité de produire davantage, de préserver la loi SRU et de conforter le rôle des intercommunalités comme espaces de solidarité et de planification. Le renouvellement urbain suppose aussi de pouvoir reconstruire et reloger : il ne peut donc être dissocié de la relance de la production de logements.
Donner de la visibilité aux élus et sécuriser la prochaine génération
La question du financement a enfin occupé une place importante dans les échanges. Aux côtés des financements nationaux et des partenaires historiques de l’ANRU, les perspectives européennes constituent une piste à approfondir, notamment dans le cadre de la future programmation des fonds européens.
En conclusion de la journée, Patrice Vergriete a insisté sur l’urgence de préparer la suite et appelé les élus à mobiliser leurs parlementaires en faveur de l’examen du projet de loi logement et de la création d’une nouvelle génération de renouvellement urbain.
Lors du temps de parole réservé aux associations d’élus avant la clôture par Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, France urbaine était représentée par Anne Voituriez, vice-présidente de la Métropole Européenne de Lille et coprésidente de sa commission Logement. Le ministre a pour sa part confirmé la perspective d’un examen du projet de loi logement en novembre.
France urbaine a rappelé à cette occasion une priorité : donner dès le début du mandat municipal la visibilité nécessaire aux élus pour préparer leurs projets et programmer leurs investissements.
À quelques mois d’échéances politiques nationales importantes, France urbaine appelle donc à sécuriser dès maintenant le principe d’une nouvelle génération de renouvellement urbain, son calendrier et son financement, tout en assurant la bonne réalisation du NPNRU. L’enjeu n’est pas de figer dès aujourd’hui chacun des paramètres du futur programme, mais d’éviter toute césure entre deux générations de projets.