CANICULE ET FONDS VERT : FRANCE URBAINE APPELLE À UNE RÉPARTITION DES FINANCEMENTS FONDÉE SUR L’IMPACT
Alors que la France vient de connaître un épisode caniculaire d’une intensité exceptionnelle et traverse à nouveau un pic de chaleur, le Gouvernement entend faire évoluer les modalités d’attribution du Fonds vert. Après l’annonce d’une enveloppe davantage orientée vers les collectivités de petite taille, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a précisé le 7 juillet vouloir « recentrer davantage » le Fonds vert sur l’adaptation au changement climatique, afin de « limiter le saupoudrage » et de donner la priorité « aux collectivités qui cumulent les vulnérabilités les plus fortes et les capacités financières les plus faibles », considérant que « les communes les plus pauvres ont souvent les bâtiments les plus anciens, les quartiers les plus minéraux, les réseaux les plus fragiles et les populations les plus exposées. »
Les fragilités évoquées par le Gouvernement renvoient précisément aux réalités des grandes villes, agglomérations et métropoles, dont les capacités financières, bien que trop souvent considérées comme importantes au regard de critères souvent obsolètes ou mal calibrés, ont été lourdement impactées par les dernières lois de finances.
Près de 42 % des personnes en situation de pauvreté vivent dans les grands centres urbains. Les grandes villes concentrent également une part importante des bâtiments anciens ainsi que des espaces fortement minéralisés. Les habitants des quartiers prioritaires de la ville sont particulièrement exposés aux effets des îlots de chaleur urbains lors des épisodes de canicule.
Les besoins d’investissement y sont donc considérables : végétalisation des espaces publics, désimperméabilisation des sols, rénovation des bâtiments publics, adaptation des écoles, développement des réseaux de froid urbain ou encore sécurisation de la ressource en eau. Malgré les efforts engagés depuis plusieurs années, ces investissements doivent être poursuivis et amplifiés pour faire face à l’intensification des épisodes climatiques.
Les grandes villes, agglomérations et métropoles sont également des acteurs incontournables de la transition écologique. Elles concentrent près des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre, mais disposent aussi des principaux leviers pour les réduire : mobilités, habitat, rénovation énergétique, aménagement, économie circulaire, réseaux de chaleur ou encore décarbonation des activités économiques.
Pour France urbaine, accompagner les collectivités les plus vulnérables est indispensable. Mais cette priorité ne peut conduire à écarter les territoires urbains, où se concentrent les populations les plus exposées, les besoins d’adaptation les plus importants et une part essentielle des leviers de la transition écologique.
L’association appelle ainsi le Gouvernement à traduire dans les faits l’objectif affiché d’une allocation des financements fondée sur l’impact et les besoins réels des populations. Face à l’urgence climatique, la répartition du Fonds vert doit permettre d’accompagner l’ensemble des collectivités, en tenant pleinement compte des enjeux spécifiques auxquels sont confrontés les territoires urbains.