Transition écologique

FACE AUX CANICULES, LES ÉLUS URBAINS APPELLENT À PASSER DE L’ACTION AU COUP PAR COUP À UNE ADAPTATION PROGRAMMÉE SUR LE TEMPS LONG

Le 24 juin, les élus de France urbaine se sont réunis sous le pilotage de la Commission Transition écologique présidée par Thomas Cazenave, maire de Bordeaux, président de Bordeaux métropole et vice-président de France urbaine délégué à la transition écologique et à l’aménagement. L’occasion de partager de premiers constats sur les actions menées au sein des territoires urbains particulièrement marqués par les vagues de chaleur. 

 

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Une mobilisation forte des territoires urbains durement frappés 

 Si les vagues de chaleur n’épargnent aucun territoire, les territoires urbains concentrent les vulnérabilités : îlots de chaleur, densité du bâti, poches de pauvreté et nombre important de personnes à la rue en constituent une spécificité.   

 Cette fragilité a conduit à déployer de manière précoce, depuis maintenant plusieurs années, des stratégies d’adaptation au changement climatique, documentées par le groupe technique « Surchauffe urbaine » réunissant ces derniers mois les équipes concernées des collectivités.  

 Cartographie des vulnérabilités du territoire, soutien à la rénovation des bâtiments, désimperméabilisation et végétalisation des espaces publics, déploiement d’espaces de fraîcheur constituent des leviers mis en place dans de nombreux territoires.  

 

Maintenir les crèches et les écoles ouvertes, un impératif de prévention et de soutien auprès de la population  

 Anne Laumond, adjointe au maire de Mulhouse en charge de la transition écologique, a rappelé que sans mesure adaptée, la température de certaines classes peut s’élever à 43°. 

 A Bordeaux, où, sur 119 écoles, une cinquantaine sont des bouilloires thermiques, Thomas Cazenave a souligné la forte solidarité des acteurs locaux. Tous les campus d’enseignement supérieur, opéra, entreprises, musées publics, privés ont ouvert leurs portes. 90 sites climatisés ont été identifiés en vue de constituer des espaces de repli. 

 Le vice-président de France urbaine délégué à la transition écologique et à l’aménagement a alerté sur l’impératif de maintenir ouvert le service à la population face à la tentation de favoriser le retour au domicile, un signal politique néfaste aux conséquences sanitaires délétères. Les conditions au domicile sont en effet parfois particulièrement dégradées. 

 Annick Bouquet, adjointe au maire de Versailles en charge de la petite enfance et coprésidente de la Commission Education petite enfance de France urbaine, a rappelé que des solutions de repli sont également envisageables dans le secteur de la petite enfance en déployant des lieux d’accueil enfants parents (LAEP) en cas de fermeture ou de diminution des amplitudes horaires des crèches. 

 

Une attention forte à porter aux publics les plus vulnérables 

 Isabelle Louis, coprésidente de la Commission Solidarité Santé, maire de Montceau-les-Mines, présidente de la communauté urbaine du Creusot-Montceau et coprésidente de la commission Santé solidarité de France urbaine, a partagé  les actions mises en place pour recenser les personnes isolées. Les membres de la réserve communale de sécurité civile ont appelé une à une les 700 personnes inscrites au registre communal des personnes vulnérables à Rennes, a pointé Cyrille Morel, adjoint à la maire de Rennes en charge de  de la Sécurité civile, de la Prévention des risques, de la Vie nocturne et de la Propreté. Massar N’diaye, adjoint à la maire de Dijon en charge des Solidarités, de l’action sociale et lutte contre la pauvreté a invité à tenir compte du cumul des précarités et vulnérabilités. Le risque de dénutrition est en effet parfois renforcé par des situations de précarité alimentaire qui frappent des populations déjà fragilisées. 

 

Registres canicules, coordination avec l’Education nationale : un enjeu d’anticipation et de cohérence 

Les constats sont unanimes toutefois : ces événements anticipables dont la fréquence ne fera que croître nécessitent une approche cohérente. Anne Laumond a ainsi déploré des « pansements sur une hémorragie ». La situation met en effet en lumière des dysfonctionnements récurrents. 

 Les quelques milliers de personnes à Bordeaux et centaines à Rennes inscrites sur le registre communal des personnes vulnérables ne représentent qu’une infime proportion des personnes isolées. En dépit des avancées issues de la loi « Bien-vieillir » du 8 avril 2024, le recensement reste complexe. A Bordeaux, seule une quinzained’écoles sur la cinquantaine de bouilloires thermiques ont accepté en dépit de solutions existantes, d’organiser un déport en site extérieur. 

 

Projet de loi de finances pour 2027 :  face aux effets des coupes budgétaires, un devoir de sincérité auprès des citoyens  

 L’épineuse question des financements reste entière. Le fonds vert est grignoté d’année en année. Les arbitrages budgétaires défavorables aux collectivités locales se succèdent, au détriment des territoires urbains devenus une  variable d’ajustement en l’absence de toute évaluation des impacts sur l’offre de service à la population. Dernier épisode en date : l’annonce, le mercredi 24 juin, par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, devant les sénateurs, du fléchage prioritaire de 50 % des crédits restants du fonds vert vers les petites collectivités. . 

  Les élus urbains pointés du doigt et enjoints d’assumer la rénovation des milliers d’écoles, crèches et bâtiments publics sauront au moment du futur projet de loi de finances inviter le gouvernement et le parlement à un exercice de cohérence et de transparence vis-à-vis des citoyens : l’adaptation a un coût et l’efficacité de l’action publique implique d’y accorder des moyens à la hauteur des enjeux. 

 

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