Actualité Numérique

EMPREINTE ENVIRONNEMENTALE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : FRANCE URBAINE AUDITIONNEE PAR LA MISSION D’INFORMATION DU SENAT

Dans le cadre de leurs travaux, Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne (LR), Damien Michallet, Sénateur de l’Isère (LR) et Simon Uzenat, Sénateur du Morbihan (PS), rapporteurs de la mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle, ont auditionné France urbaine par la voix de Mickaël Audegond, vice-président au numérique de la Communauté urbaine d’Arras afin de recueillir le point de vue des grandes villes, métropoles et agglomérations sur les défis liés au développement des data centers. 

Server Room at Data Center

À cette occasion, France urbaine a rappelé son engagement de longue date en faveur d’un numérique responsable, porté conjointement avec Intercommunalités de France et Les Interconnectés. Cette dynamique s’est notamment traduite par la publication du Manifeste pour une trajectoire d’indépendance numérique responsable, déjà soutenu par plus de quarante collectivités, qui promeut une approche conciliant souveraineté numérique, transition écologique et maîtrise démocratique des choix technologiques. 

L’association a également souligné que le débat actuel autour de l’intelligence artificielle ne peut être dissocié de la question des data centers. Si la France compte aujourd’hui près de 1 500 centres de données, historiquement de taille modeste, les nouvelles générations d’infrastructures annoncées pour accompagner le développement de l’IA changent d’échelle. Plus consommateurs d’énergie, d’eau et de foncier, ces équipements soulèvent des enjeux croissants en matière d’acceptabilité locale, de conflits d’usage des ressources et d’intégration territoriale. 

Dans ce contexte, France urbaine a présenté les enseignements de son récent guide consacré aux data centers durables et territorialisés, réalisé avec Ville de demain et Paris Capitale économique. Cette publication vise à objectiver le débat et à fournir aux collectivités des outils d’analyse et de décision, au-delà des seules considérations d’attractivité économique ou de retombées fiscales. 

L’association a également alerté sur le décalage entre les ambitions fixées par la loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique (REEN) et l’accélération des investissements dans les infrastructures numériques, dont les impacts territoriaux restent encore insuffisamment documentés. Elle a rappelé que les enjeux liés au réemploi, à la réparation et au recyclage des équipements numériques, qui représentent l’essentiel de l’empreinte environnementale du secteur, demeurent des priorités à ne pas reléguer au second plan. 

Enfin, face aux annonces récentes d’investissements massifs dans les data centers, les élus locaux doivent pouvoir bénéficier d’une expertise indépendante, d’outils d’ingénierie et de capacités de prospective leur permettant d’évaluer les impacts, les opportunités et les conditions d’implantation de ces infrastructures. Pour France urbaine, les choix en matière de numérique et de souveraineté numérique doivent s’inscrire dans un cadre démocratique associant pleinement les territoires et les citoyens. 

Sarah Bou Sader
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