NARCOTRAFIC : FRANCE URBAINE APPELLE L’ÉTAT À ACCENTUER FORTEMENT LA MOBILISATION POUR RÉSORBER CE FLÉAU
Face à l’aggravation des violences liées au narcotrafic dans plusieurs grandes villes françaises, Johanna Rolland et Jean-Luc Moudenc ont adressé un courrier au Premier ministre afin d’alerter sur l’urgence d’une mobilisation renforcée de l’État.
Après les événements dramatiques survenus ces dernières semaines à Nice, Nantes, Décines-Charpieu ou encore Toulouse, France urbaine appelle à une réponse globale, durable et coordonnée face à l’ampleur prise par le narcotrafic dans les territoires urbains.
Dans un courrier adressé au Premier ministre, Johanna Rolland, présidente de France urbaine, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, et Jean-Luc Moudenc, premier vice-président de France urbaine, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, soulignent que « les élus locaux et les habitants de nos villes sont les premiers témoins de ce fléau tentaculaire qui gangrène notre société et menace la cohésion nationale ».
Renforcer les moyens de l’État et accélérer l’application de la loi
Les signataires saluent les avancées permises par l’adoption de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ils regrettent néanmoins que plusieurs décrets d’application demeurent toujours en attente près d’un an après le vote de ce texte, retardant sa pleine mise en œuvre sur le terrain.
France urbaine alerte également sur les fragilités persistantes en matière de moyens humains consacrés à la sécurité publique. Si la nécessité de lutter contre le « haut du spectre » de la criminalité organisée fait consensus, l’association rappelle que cet objectif ne peut conduire à affaiblir la présence de proximité de la police sur le terrain.
Les élus plaident ainsi pour un renforcement des effectifs de voie publique et la création d’un service de renseignement de premier cercle spécifiquement dédié à la lutte contre le narcotrafic.
Les collectivités pleinement engagées dans le continuum de sécurité
Dans leur courrier, les élus rappellent que les villes et métropoles prennent pleinement leur part dans ce combat malgré un contexte budgétaire contraint. Développement des polices municipales, déploiement de la vidéoprotection, coopération avec les forces de sécurité : les collectivités contribuent activement au continuum de sécurité.
Pour autant, France urbaine insiste sur la nécessité d’une stratégie globale articulant action judiciaire, sécurité du quotidien et prévention.
Placer la jeunesse au cœur de la stratégie de prévention
Alors qu’une part importante des mis en cause dans le narcotrafic a moins de 20 ans, l’association appelle à renforcer massivement les politiques de prévention et de protection en direction de la jeunesse. France urbaine demande notamment une mobilisation accrue des services placés sous l’autorité du Gouvernement (MILDECA, SG-CIPDR, Éducation nationale, protection de l’enfance etc.) mais aussi des acteurs et associations spécialisées intervenant auprès des mineurs ou des jeunes majeurs.
Les élus s’inquiètent par ailleurs du recul progressif des crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR), estimant indispensable de donner davantage de visibilité aux porteurs de projets pour soutenir les actions structurantes menées à l’échelle locale.
L’association propose également que les avoirs criminels confisqués puissent être réorientés prioritairement vers les collectivités afin de financer des actions de prévention, d’éducation et de santé publique.
Une réponse sanitaire à la hauteur des enjeux
Face à la progression de la consommation de stupéfiants et à l’essor des drogues de synthèse, France urbaine appelle à un renforcement significatif de l’offre de soins en addictologie, psychiatrie et santé mentale.
Les élus défendent une approche coordonnée entre médecine de ville, hôpital, structures médico-sociales et associations de réduction des risques afin de mieux accompagner les publics les plus éloignés du soin et prévenir l’installation de scènes de consommation dans l’espace public.
Porter le combat au niveau européen et international
Enfin, France urbaine estime que la lutte contre le narcotrafic doit être portée avec force à l’échelle européenne et internationale, notamment dans le cadre du G7 présidé cette année par la France.
L’association appelle à une coopération renforcée entre États, à un partage accru du renseignement ainsi qu’à une meilleure coordination avec les principaux pays de transit et d’exportation.
À l’approche du futur comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée, France urbaine attend désormais « des orientations ambitieuses, opérationnelles et visibles à l’échelle locale ».