Actualité Transition écologique

MISSION VILLES : STRUCTURER LA GOUVERNANCE INTERNE POUR FAIRE DU CLIMAT UN SUJET TRANSVERSAL DANS LA TRANSFORMATION DES TERRITOIRES URBAINS 

La transition vers la neutralité carbone ne repose pas uniquement sur des objectifs ou des plans d’action : elle suppose également une transformation de l’organisation interne des collectivités. Les échanges qui se sont tenus lors de l’évènement dédié à la Mission Villes et ses enseignements les 3 et 4 mars derniers, mettent en évidence un point clé : faire du climat un sujet transversal nécessite de repenser les modes de pilotage, de coordination et d’arbitrage.  

 

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Un positionnement stratégique des équipes climat 

 Le rattachement des équipes climat à un niveau stratégique de l’administration de la ville ou bien de l’intercommunalité apparaît comme un levier déterminant. Lorsqu’elles sont en capacité d’appuyer les arbitrages, ces équipes — pouvant être resserrées mais avec une forte expertise — jouent un rôle d’interface entre enjeux globaux et mise en œuvre opérationnelle. Leur mission dépasse alors le seul pilotage des plans climat/PCAET : elles accompagnent de facto l’ensemble des services dans l’évolution de leurs pratiques, et deviennent elles-mêmes des équipes support.  

 Organiser concrètement la transversalité 

 La transversalité, condition de réussite unanimement partagée, repose sur des dispositifs concrets :  

  • des instances de coordination entre directions, et entre directions et élus ;  
  • des réseaux de référents internes ;  
  • des outils communs pour partager diagnostics, indicateurs et objectifs.  

 Ces éléments permettent de dépasser les logiques en silos et surtout de mieux gérer les interactions — et parfois les tensions ou injonctions contradictoires — entre politiques publiques.  

 Des fonctions support devenues centrales 

La transition mobilise désormais pleinement les fonctions support. Côté ressources humaines, les collectivités développent des actions d’acculturation et engagent des réflexions sur l’évolution des métiers, avec l’émergence de stratégies dédiées aux compétences climat. Côté finances, la mise en visibilité des coûts de la transition devient un levier structurant pour intégrer les enjeux climatiques dans les arbitrages budgétaires et politiques.  

 

Mieux outiller les arbitrages 

Les collectivités font face à des arbitrages de plus en plus complexes entre climat, développement économique, aménagement, santé publique ou encore, acceptabilité sociale… Ces situations soulignent la nécessité d’outiller la décision et d’organiser un dialogue transversal robuste entre services, en lien étroit avec les élus. 

 

Acculturation politique et mobilisation du territoire 

 Le portage politique et l’acculturation des élus sont essentiels pour inscrire la transition dans la durée. Formations, temps d’échange et production de données partagées facilitent une lecture systémique des enjeux. 

 En parallèle, les démarches les plus efficaces vis-à-vis des habitants reposent sur une logique d’« aller vers », en partant des besoins concrets et en s’appuyant sur des relais territoriaux. 

 

Une gouvernance à transformer pour passer à l’action 

 Au final, la transition vers la neutralité carbone agit comme un accélérateur de transformation interne. Positionnement clair, transversalité organisée, mobilisation des fonctions support et capacité d’arbitrage constituent les conditions pour renforcer le pouvoir d’agir des collectivités — au cœur de l’ambition portée par la Mission Villes.  

 

 

 

Maëva Fleytoux
m.fleytoux@franceurbaine.org
Delphine Bourdin
d.bourdin@franceurbaine.org
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