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Santé

Vaccinodromes : la nouvelle donne territoriale présentée

28/10/2021

Evolution de la situation sanitaire, l'Alliance des territoires et l'exemple d'Orléans Métropole en matière de santé étaient à l'ordre du jour de la commission "Santé" du 20 octobre dernier.

Réunie le 20 octobre 2021, la commission "Santé" de France urbaine, co-présidée par Grégory Doucet, Maire de Lyon et Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges, est revenue sur l’évolution de la situation sanitaire et a abordé, à partir de l’expérimentation d’Orléans Métropole, les responsabilités des grands ensembles urbains pour faire vivre au quotidien, en matière de santé, l’alliance et la solidarité des territoires chères à France urbaine.
 

Vaccinodromes : une nouvelle donne

La première partie de réunion a été l’occasion de faire un point sur la situation sanitaire et le déploiement de la stratégie vaccinale, à la suite de la réunion du comité vaccination du 14 octobre avec la task force du cabinet du ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran. L’occasion d’anticiper une réduction progressive de la « voilure » dans les centres de vaccination, au vu de l’arrivée de doses Pfizer et Moderna dans le réseau de la médecine de ville. Les Agences régionales de santé (ARS) vont décider avec les préfectures et les collectivités de la stratégie de maillage territorial des centres, qui pourra induire la fermeture de certains centres ou leur redimensionnement (réduction du nombre de lignes et ajustement des horaires). D’ores et déjà, les vaccinodromes du stade Vélodrome à Marseille et du Stade de France à Saint-Denis, comme plusieurs grands centres à Paris, ont fermé leurs portes ou sont sur le point de le faire. L’enjeu reste toutefois de veiller à assurer la réversibilité des choix, dans l’hypothèse d’une reprise épidémique.
 

Dépistage et remboursement des centres de vaccination

Concernant la stratégie de dépistage, il a été rappelé que le dépistage était devenu payant à compter du 15 octobre, avec des dérogations pour les personnes disposant d’un schéma vaccinal complet, à savoir les mineurs, les personnes identifiées dans le cadre du contact tracing, les campagnes collectives (établissements scolaires, aller-vers…), les personnes avec prescription, les personnes avec certification de rétablissement de moins de 6 mois. Un point a été également fait sur les conditions de remboursement par les ARS via les fonds d’intervention régionale (FIR) des surcoûts des centres de vaccination, sachant que France urbaine a réalisé à ce sujet une enquête montrant des traitements différenciés d’un site à l’autre, d’une ARS à l’autre. Toutefois, le sentiment général était plutôt à la satisfaction quant aux conditions de prise en charge financière par l’Etat et ses satellites au bénéfice des collectivités locales.
 

Alerte sur la vaccination des collégiens et lycéens des quartiers populaires

Alors que les chiffres de la vaccination montrent de réels progrès, avec des schémas vaccinaux complets de plus en plus nombreux en population générale, il reste toutefois des préoccupations quant au niveau de vaccination des collégiens et lycées des quartiers populaires. Des réticences persistent en effet dans certaines parties du territoire, à l’instar du nord-est francilien où les niveaux de vaccination restent très en deçà de la moyenne nationale. Les dispositifs de sensibilisation devront être renforcés en lien avec l’Education nationale, les Directeurs académiques  des services de l'Education nationale (DASEN), les ARS, les préfectures mais aussi les collectivités et les associations, notamment d’éducation populaire dont les dispositifs d’aller-vers devront encore être renforcés, auprès de populations et familles encore réfractaires au geste vaccinal.

Alliance des territoires : l’exemple d’Orléans Métropole

La seconde partie de réunion a été l’occasion de nourrir la réflexion collective en vue de l’élaboration des propositions présidentielles de France urbaine, avec l’intervention de Fouad Eddazi, co-auteur du cahier POPSU : « La métropole par la santé : coopérations dans les territoires de l’orléanais ». Pour mémoire, le POPSU est un programme de recherche interministériel qui travaille sur le fait urbain et les coopérations territoriales. La présentation riche de Fouad Eddazi a permis de mettre en avant deux principaux axes de réflexion et questionnement stratégiques :

  • Que veut dire l’approche intercommunale ou métropolitaine en matière de santé ? En l’absence de compétence légale, peut-on agir en lien avec communes, l’ARS et l’Etat ? Quels freins peuvent être levés pour renforcer le dialogue (place dans les conseils territoriaux de santé, dans les conférences régionales de santé, dans les groupements hospitaliers de territoire - GHT) ?

  • Comment la santé peut-elle renforcer l’Alliance des territoires, notamment en matière de démographie médicale et de lutte contre les déserts médicaux ? Les métropoles et grandes villes sont attractives et ont, à quelques exceptions près, une forte densité médicale : comment en faire bénéficier les territoires alentours/périphériques ?

Florent Montillot, premier adjoint au Maire d’Orléans en charge de la Santé, de la Sécurité et de la Tranquillité publique, des Relations avec l'université et les établissements d'enseignement supérieur a, de son côté, rappelé la genèse de cette démarche et les initiatives prises concomitamment par la ville et Orléans Métropole pour retenir la santé comme vecteur de développement humain, à l’échelle de l’agglomération. De fait, la santé est une compétence incarnée qui « parle » aux populations de tous âges et conditions installées dans le péri-urbain voire le rural et permet une adhésion forte au projet de territoire intercommunal, dans sa dimension à la fois sociale et solidaire.