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Enseignement supérieur et recherche
Economie des territoires

Universités, entreprises et territoires : un engagement pour mettre la jeunesse au cœur d’un projet partagé

13/04/2022

Le réseau des associations des élus locaux pour l’ESR s'est réuni en séminaire à Clermont-Ferrand les 5 et 6 avril 2022.

Pour la première fois depuis trois ans, les élus, techniciens et partenaires en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche issus du réseau des associations des élus locaux pour l’ESR (AVUF, France urbaine, Intercommunalités de France, Villes de France et Fnau) se sont réunis en séminaire à Clermont-Ferrand les 5 et 6 avril. Au centre des échanges : comment et pourquoi se nouent de nouveaux liens entre entreprises, universités et collectivités ? Quelles sont les principales caractéristiques de ces « écosystèmes » émergents ? Au service de quelles politiques publiques et de quels citoyens ?

L’industrie, catalyseur des nouvelles dynamiques territoriales

Le premier temps d’échange a eu pour cadre le Hall 32, ancien site industriel de Michelin rénové et transformé pour accueillir des activités de formation aux métiers de l’industrie. Porté par des entreprises industrielles (Michelin, Limagrain, Banque de France), ce projet vise à attirer des jeunes ou des publics éloignés de l’emploi en leur faisant découvrir les métiers de l’industrie puis en les formant. Autour de ce noyau dur, grâce à la mise à disposition de machines et de dispositifs de découverte par le design ou le prototypage, le Hall 32 propose un accompagnement des entreprises industrielles qui souhaitent innover pour faire face aux transitions énergétiques ou environnementales. Face aux crises conjoncturelles, sanitaires et géopolitiques, les entreprises industrielles doivent en effet réinventer leurs processus de recyclage, s’intégrer dans de nouvelles boucles d’économie circulaire et former leurs salariés aux nouveaux métiers induits par ces évolutions. Face aux crises structurelles (énergie, biodiversité), ces acteurs de la production ont un devoir d’innovation qui suppose une coopération renforcée avec les universitaires et les dispositifs d’innovation : c’est dans ce but que le Hall 32 accueille depuis peu les permanents et les animations des pôles de compétitivité. Pour Yoann Dhome, directeur du Hall32, la place des métropoles est au cœur de ces écosystèmes : leur capacité à agir en proximité des entreprises, des universités et des populations les place à l’articulation de ces publics et de leur mise en synergie.
 
« Les universités ont pleinement vocation à être engagées dans leur territoire, elles doivent apprendre à agir en proximité » a précisé Eric Tomasella, vice-président de Clermont-Auvergne Université, « pour acculturer sur l’ensemble du territoire irrigué par la métropole et pour entraîner les acteurs académiques à travailler avec les entreprises locales. L’employabilité de nos étudiants doit être notre priorité». « Ces interactions ne peuvent se faire sans implication de la métropole » a souligné Marie-Odile Homette, directrice du pôle de compétitivité CIMES, « elles doivent générer de la confiance et de la réactivité pour permettre aux entreprises de se sentir bien dans leur territoire ». « Nos engagements doivent être réciproques et partagés : nous avons des responsabilités, notamment dans le respect de l’environnement et du territoire. La métropole a elle aussi des engagements forts à prendre et à tenir, notamment dans la capacité à attirer, accueillir et garder les talents » a indiqué Alexander Law, directeur des affaires publiques chez Michelin France.

Une métropole en responsabilité, une université tournée vers les attentes du territoire

Un autre des temps forts de ce séminaire a permis de tenir un échange entre élus de la Métropole et universitaires à l’Institut d’Auvergne Rhône Alpes du Développement des Territoires (IADT), autre lieu incarnant les convergences locales, cette fois-ci dans un espace de recherche et d’enseignement. Laurent Rieutort, Directeur de l’IADT, a remis ces rapprochements en perspectives : « Le site universitaire clermontois a toujours fortement interagi avec son environnement. Mais depuis quelques années, le processus s’est accéléré autour de la labellisation Isite, de la fusion de deux régions nécessitant une construction collective et autonome sur la partie ouest du territoire régional et, surtout, du rôle et de la reconnaissance de la métropole clermontoise. Cette reconnaissance d’une métropole de plein exercice devant prendre part pleinement à l’écosystème territorial a accéléré la structuration d’une gouvernance et d’un projet commun ». Depuis, l’attractivité du site universitaire clermontois a nettement progressé : nombre de brevets déposés, part des étudiants étrangers, partenariats entre laboratoires universitaires et entreprises… « Nous travaillons maintenant à construire une offre de formation qui réponde au plus près aux besoins des territoires, ceux de la métropole mais aussi ceux des territoires environnants ».
 
François Rage, Premier vice-président de Clermont Auvergne Métropole, a souligné : « Le passage rapide en métropole et la disparition de la Région Auvergne, nous faisant perdre le statut de capitale régionale, nous ont imposé de monter en compétence et en reconnaissance et d’assumer une nouvelle forme de leadership. Nous avons choisi de faire métropole en privilégiant notamment l’accompagnement des projets de l’université jusqu’à coproduire actuellement un Diplôme Universitaire sur les mobilités durables. Université et métropole se rejoignent pour faire de la jeunesse une population au cœur des préoccupations du territoire. Notre candidature à la capitale européenne de la culture participe de la même ambition. De façon plus globale et transversale, l’université peut aussi être un outil d’évaluation et d’éclairage des décisions et de construction des politiques publiques »

Formation et innovation corrélés aux priorités métropolitaines

Mathias Bernard, Président de l’Université de Clermont Auvergne, a indiqué : « le passage au statut de métropole a modifié le niveau de notre relation et les modalités de notre partenariat. Un dialogue privilégié s’est mis en place et nous œuvrons maintenant à le décliner en missions plus opérationnelles. C’est dans cet esprit que nous travaillons maintenant à la mise en place d’un conseil d’orientation stratégique métropolitain permettant de mieux partager sur l’offre de formation, les priorités de recherche ou sur les questions d’aménagement et d’immobilier. Nous n’évacuons pas pour autant la question de l’articulation avec d’autres collectivités, dont la Région, qui s’est de fait éloignée, voire le conseil départemental. Mais nous travaillons en priorité à orienter notre offre de formation et nos priorités d’innovation sur la base des axes de développement de la métropole. Les entreprises ont été impliquées dans la dynamique dès les années 2010, elles participent pleinement à la gouvernance et aux projets partagés aujourd’hui. Pour les plus petites entreprises, nous passons par les relais que sont les clusters et pôles de compétitivité (numérique, bio-santé, environnement…). »
 
Les ateliers organisés à Clermont-Ferrand doivent permettre, en complément de ces acquis de l’expérience clermontoise, d’identifier prochainement une série d’orientations favorisant la consolidation de ces nouveaux écosystèmes métropolitains de formation et d’innovation.