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Education, jeunesse et petite enfance
Fonction Publique Territoriale

Secteur de la petite-enfance : les grandes villes tirent la sonnette d’alarme

15/12/2021

France urbaine alerte l’Etat sur les tensions croissantes en matière de recrutement et de formation de personnels dans le secteur de la petite-enfance.

La commission « Education, jeunesse et petite-enfance » de France urbaine s’est réunie le 10 décembre 2021 à l'Académie du climat, à l’invitation de la Mairie de Paris.

Recrutement dans la petite-enfance : les tensions s’accroissent

Les tensions croissantes sur le recrutement dans le champ de la petite enfance ont été exprimées par tous les territoires : des sections voire des crèches ferment, faute de recrutement. Dans un contexte où, selon les derniers chiffres de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), 61% des parents sont obligés de garder leurs enfants, le plus souvent faute de place ou de moyens financiers, cette rupture dans la continuité du service public pèse fortement sur les trajectoires professionnelles et renforcent les inégalités sociales et de genre.
 
Face à ces difficultés, différentes solutions ont été mises en œuvre ou sont souhaitées : ouverture des métiers aux titulaires du CAP petite enfance, recrutement sur titre, validation des acquis de l’expérience ... Toutefois, en dépit d'un effort sur la rémunération, les cycles de travail ou encore d'un travail de structuration des filières, les difficultés de recrutement sont croissantes.

Des problématiques nombreuses, des défis à relever

Ces tensions, qui touchent également le secteur associatif, génèrent des stratégies territoriales par défaut, parfois menées dans l'urgence : externalisation, concurrence territoriale dans les stratégies de recrutement.
 
Différentes problématiques issues des territoires ont été exposées par les élus urbains telles que :

  • la difficulté d'exercice du métier et le déficit de reconnaissance associé : cette problématique concerne le métier d'assistante maternelle et de manière plus globale l'ensemble des métiers de service à la personne (animation, périscolaire, handicap, vieillissement) ;
  • le décalage entre le nombre de diplômés et l'offre de formation invitant à travailler sur la filière en lien avec les régions ;
  • la complexité des concours et les contraintes de double formation (infirmiers-ières de puériculture, auxiliaires de puériculture...) ;
  • l'offre de foncier disponible.

 
Représentée et particulièrement active au sein du comité de filière piloté par Adrien Taquet, secrétaire d'État en charge de l'enfance et des familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, France urbaine a d’ores-et-déjà souhaité dégager plusieurs principes structurants et appelle l’instance à s’en saisir dans les meilleurs délais :

  • Engager la collaboration avec Régions de France, pour augmenter les financements nécessaires visant à accueillir davantage de candidats en formation ;
  • Renforcer les démarches visant à valoriser l'expérience ;
  • Mieux communiquer sur l'attractivité du secteur vis-à-vis d'un public qui ne doit pas être exclusivement féminin, tisser des liens avec les acteurs de l'insertion et de l'emploi, repenser la carrière (salaire, reconnaissance…) et tirer parti des avantages que donne la fonction publique en matière de déroulé de carrière pour des parcours professionnels plus ouverts et évolutifs ;
  • Ne pas ignorer que les enjeux de filière pèsent également dans de nombreux autres métiers territoriaux.

 
Pour élus des grandes villes, agglomérations et métropoles, le nécessaire maintien de la liberté de choix des familles et le caractère structurant des « 1000 premiers jours », comme des modes de garde et des politiques de petite enfance dans les trajectoires sociales des familles et des individus, pourraient inviter à envisager que la petite-enfance devienne une compétence obligatoire, pour laquelle cette nécessité d’action publique soit financée par l’Etat et la CNAF et prendre en considération l’offre privée existante.