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Tourisme

Retour sur le comité de filière tourisme du 24 mars 2020

26/03/2020

Le comité de filière tourisme (CFT) se rassemble désormais toutes les semaines pour faire le point sur la situation sanitaire, économique et sociale du secteur du tourisme.

Le comité de filière tourisme (CFT), présidé par le ministre des affaires européennes et étrangères Jean-Yves Le Drian et piloté par Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat qui lui est rattaché, se rassemble désormais toutes les semaines pour faire le point sur la situation sanitaire, économique et sociale du secteur du tourisme.
Réunissant l’ensemble des acteurs du tourisme (d’Air France KLM à Atout France, des Galeries Lafayette à l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances et en passant par les divers syndicats et organisations professionnelles du tourisme), le CFT permet de faire connaître les difficultés rencontrées dans chacun des secteurs représentés.

La priorité aux ressortissants français à l’étranger

La session du 24 mars 2020 a été l’occasion pour le Ministre Le Drian de faire un point sur les principales décisions prises au niveau européen par les ministres des affaires étrangères :

  • Fermeture de l’entrée des non européens dans l’espace Schengen, l’Union Européenne et le Royaume-Uni ;
  • Contrôles aux frontières au sein de l’Europe, dans certains cas de manière commune aux deux pays frontaliers comme avec l’Allemagne ;
  • Les 3,5 millions de Français résidents à titre permanent à l’étranger sont invités à rester chez eux, sauf raison sanitaire impérative.

Les Français en déplacement temporaire ont fait l’objet d’une mobilisation massive pour faciliter leur retour, et 60 000 sur 130 000 sont déjà revenus. D’ici une semaine, l’ensemble de ces Français coincés à l’étranger devrait être revenu.
Le Ministre a mis en exergue les engagements financiers décidés par les différentes instances européennes, banque centrale européenne, commission européenne, Banque européenne d’investissement, et annoncé la réunion du G7 dès le 25 mars pour réfléchir à une relance internationale.

Des mesures spécifiques pour les professionnels du tourisme

Jean-Baptiste Lemoyne a insisté sur la mesure principale concernant le tourisme des 25 premières ordonnances examinées par le conseil des ministres, destinées à mettre en œuvre les mesures prévues par la loi d’urgence sanitaire votée le week-end dernier par le Parlement : les professionnels du tourisme pourront proposer un avoir à leurs clients et disposeront d’une période de 3 mois pour leur faire une proposition de prestation alternative, ce qui leur permettra d’éviter des décaissements trop importants en remboursant en une fois tous leurs clients. Ils devront toutefois le faire après 18 mois si les clients devaient refuser la prestation alternative, conformément à une directive européenne.
Les représentants des professionnels du tourisme, s’ils ont commencé à indiquer qu’une réflexion devrait être menée pour éviter un choc de trésorerie au bout des 18 mois, ont confirmé leur intérêt global pour la mesure. Ils ont été en revanche unanimes pour rappeler leur attente d’une forme de solidarité des assureurs, qui semblent encore réticents à l’idée de prendre leur part à la perte d’exploitation.
Le représentant de BPIfrance a exposé la manière dont son agence mettait en œuvre le soutien de l’Etat dont elle a la charge, face à un volume de demandes qui augmente de manière exponentielle : 37 000 entreprises, représentant 730 000 salariés ont déjà été traitées au rythme de 6 000 demandes par jour, pour un coût estimé à 2,2 milliards d’euros. 12% seulement des demandes viennent du tourisme à ce stade, mais BPIfrance anticipe que ces entreprises devraient formuler leurs demandes de financement d’ici 15 jours. Concernant la garantie d’Etat de 300 milliards d’euros, les entreprises pourront demander à leur banque un crédit garanti par l’Etat, quel que soit le secteur (excepté les sociétés financières et bancaires). Ce prêt pourra représenter jusqu’à trois mois du chiffre d’affaires de 2019 ou deux années de masse salariale pour les jeunes entreprises qui n’ont pas encore de chiffre d’affaires. Aucun remboursement ne sera demandé la première année, l’entreprise aura ensuite le choix, en fonction de sa santé financière, de le rembourser d’une traite ou sur un échéancier de cinq ans maximum. Le coût de la garantie sera de 0,25 à 0,50% en fonction de la taille de l’entreprise.
Un tour de table a permis de faire émerger les demandes des divers secteurs représentés au sein du CFT : emploi et formation, tourisme d’affaire et événementiel, agences de voyage et tours opérateurs, tourisme social et solidaire et transports aériens. Partout, les relations difficiles aux banques et aux assureurs ont été dénoncées.

Une sortie de crise en U, et non en V

Atout France a conclu la réunion en annonçant une série d’études sur les estimations d’impact : une veille est menée par marchés avec des indicateurs économiques, ainsi qu’une veille sanitaire, réglementaire, et un suivi de la reprise des liaisons aériennes. Une étude qualitative pour les envies de France et les envies d’international des français a aussi été lancée, de même qu’une veille sur l’évolution de la distribution sur les marchés intermédiés. Pour Christian Mantei, son président, la reprise sera en U et non en V, à la différence des crises précédentes. L’argument principal de sortie sera l’image de la France et sa capacité à gérer la crise sanitaire.

Crédit photo : Raphaël Lafargue/ ABACA