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Sport

Proposition de loi « Sport » : un texte timide qui ne répond que partiellement aux défis actuels et futurs

24/03/2021

Si la proposition de loi vient compléter et enrichir utilement certaines dispositions, sa portée n’est pas à la hauteur des défis du sport d’aujourd’hui et de demain.

La proposition de loi visant à démocratiser le Sport a été adoptée par le Parlement le 19 mars 2021. France urbaine salue un travail législatif qui a permis un temps d’échange et de concertation sur le champ du sport mais regrette que la proposition de loi ne réponde peu aux enjeux que le sport traverse actuellement.

Depuis 2017 et le lancement de la concertation nationale relative à la nouvelle gouvernance du sport, plusieurs jalons ont été posés, depuis la mise en place de l’Agence nationale du sport (ANS) jusque l’installation récente des Conférences régionales du sport (CRS), sur fond d’affirmation et de reconnaissance du rôle des collectivités territoriales en matière de politiques publiques sportives.

France urbaine a constamment fait valoir la dimension transversale et intégrée du sport, en lien avec les enjeux d’éducation, de santé, de vivre-ensemble, de cohésion sociale ou de transition écologique. Si la proposition de loi vient compléter et enrichir utilement certaines dispositions (sport-santé, accès élargi aux équipements sportifs scolaires, gouvernance des fédérations), sa portée n’est pas à la hauteur des défis du sport d’aujourd’hui et de demain.

Le modèle économique du sport, dont la crise sanitaire a montré la fragilité est en effet plus que jamais à questionner :

  • France urbaine appelle ainsi à ce que le sport amateur soit le moins impacté possible par la baisse des revenus liés aux droits télévisés ;
  • L’association appelle également à un fléchage d’une partie des budgets des grands événements sportifs vers les dispositifs du sport du quotidien, à l’instar du fléchage demandé d’1% du budget global des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) 2024 sur des projets dans les villes en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

 
Les grandes villes, agglomérations et métropoles, outre leur statut de principaux financeurs du sport et propriétaires des équipements sportifs disposent de leviers précieux à mobiliser dans une vision globale, appliquée aux enjeux des territoires dans leur diversité. C’est le sens des feuilles de route fixées par les exécutifs locaux et des orientations prises par la commission « Sport » de France urbaine co-présidée par Roselyne Bienvenu, vice-présidente d’Angers Loire Métropole et Wilfried Schwartz, président de Tours Métropole.

Dans les prochains mois, la commission travaillera notamment sur la dimension environnementale des grands événements sportifs, le renforcement de l’offre sportive et des équipements dans les quartiers populaires et sur la façon dont l’urbanisme répond au développement de la pratique libre et autonome en ville.