Share
Transition écologique

Pour accélérer la transition écologique, les villes sont plus agiles que les Etats

19/11/2021

Le 19 novembre, Olivier Landel, Délégué général de France urbaine, a échangé avec Bertrand Piccard, Président de la Fondation Solar Impulse, lors du Forum Toulouse Zéro Carbone.

Le 19 novembre 2021, Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole a lancé le Forum Zéro Carbone, organisé par La Tribune, pour l’ouverture du Festival Toulouse Innovante et Durable, avec Bertrand Piccard, Parrain du festival, Président de la Fondation Solar Impulse. A cette occasion, Toulouse Métropole et Solar Impulse ont officialisé leur nouveau partenariat en signant une convention qui définit leurs engagements réciproques en faveur de la transition écologique du territoire. Avec cette signature, Toulouse Métropole renforce ses collaborations industrielles, technologiques et scientifiques pour développer les expérimentations qui permettront des solutions innovantes et durables.
Lors de cet événement, Olivier Landel, Délégué général de France urbaine, a échangé avec Bertrand Piccard, sur le thème "Ville rose, ville verte : quels projets, quelle stratégie et quels indicateurs pour la ville de demain durable et innovante ?". L'échange était animé par Jean-Christophe Tortora, Président de La Tribune.

Toulouse, une métropole en première ligne

La fin d’année 2021 nous met face à l’étendue de la crise climatique, bien présente dans les villes. La COP 26 a tenté de trouver difficilement une voie au milieu de difficultés et la pandémie de Covid-19 reste une épée de Damoclès qui invite tous les acteurs et les citoyens à changer leurs modes de vie, de travail, de déplacement. Toulouse, comme toutes les métropoles de France et du monde, est confrontée à cette fin d’année 2021 qui nous incite à nous poser, à réfléchir mais aussi à agir. « Le défi est de tracer des voies pour un avenir que nous devons continuer à construire, à la croisée de l’écologie, de l’économie, de l’impact social pour offrir un futur plus désirable » a indiqué Jean-Luc Moudenc.

Les villes, plus agiles que les Etats

Si les conclusions de la COP 26, organisée à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre 2021, ont été globalement décevantes en matière de lutte contre le réchauffement climatique et d’ambition environnementale, Bertrand Piccard a pointé cependant la montée en puissance concrète et pragmatique des actions au niveau local, notamment dans les villes. Le local supplante-il le global ? « La COP doit atteindre un accord unanime et se base sur le consensus. De fait, on s’aligne toujours sur le plus faible, le moins ambitieux. L’Inde et la Chine ont été les tristes acteurs de ce manque d’ambitions. Dans les villes, c’est différent : il n’y a pas besoin de consensus ou d’unanimité mais de coalitions à l’échelle internationale, comme le C40, ou à l’échelle nationale, comme France urbaine. » a indiqué Bertrand Piccard. Plus autonomes, les villes peuvent accélérer la transition écologique de manière plus agile que les Etats. « De fait, la compétition dans ce domaine entre les villes, tout comme entre les entreprises, est saine. »
 

Bertrand Piccard, président de Solar Impulse et Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole

 

« Il y a un décalage entre ceux qui disent ce qu’il faut faire et ceux qui font »

Depuis plus de vingt ans, les grandes villes, agglomérations et métropoles sont engagées dans la Transition écologique, en alliant les trois volets indispensables : l’économie, l’écologie et l’inclusion sociale. « Il y a une prise de conscience des Chefs d’Etats du monde de finance, d’accélérer. Mais la mise en oeuvre concrète n’est pas de leur ressort. Il est du ressort des entreprises et des collectivités locales. » a précisé Olivier Landel, délégué général de France urbaine. D’où la nécessité d’associer davantage les acteurs locaux et que la dynamique internationale soit impulsée par la dynamique locale : « La COP fixe des caps mais les villes sont en réalité peu associées. Il y a un décalage entre ceux qui disent ce qu’il faut faire et ceux qui font. » a souligné Olivier Landel.

De fait, France urbaine appelle l’Etat à associer au niveau stratégique les élus locaux, afin de définir des orientations et fixer des objectifs réalistes et réalisables, et de laisser la main aux collectivités locales dans la mise en œuvre, par l’expérimentation et la différenciation des actions, en fonction de la spécificité de chaque territoire, tout en réduisant les lourdeurs administratives qui n’incitent ni à l’action, ni à l’efficacité. « Nos dynamiques sont contraintes voire empêchées. Le dossier des Zones à Faibles Emissions, qui est avant tout un enjeu de santé publique, est sur la table depuis sept ans. Ce n’est pas efficient. » a regretté le Délégué général de France urbaine.

Faire confiance aux territoires

Encore aujourd’hui, l’Etat entend imaginer ce qu’il est bon de mettre en place au niveau local et de manière uniforme. La clé est dans la confiance qui doit être accordée aux élus locaux. « La décarbonation de l’économie et des activités d’ici 2030 ne sera possible que si les élus locaux ont les moyens de leurs ambitions, aussi bien institutionnels que financiers. Tous sont prêts. » a assuré Olivier Landel. « Nous ne voulons pas moins d’Etat. Nous souhaitons un Etat qui assure les missions régaliennes qui sont les siennes et qui permet aux collectivités locales de se réguler entre elles, sous forme d’alliance, sans qu’elles aient à se référer à lui en permanence, sur les sujets du quotidien des Français. »

Pour France urbaine, l’Etat, tout comme les associations, doit simplement avoir un rôle d’accompagnateur et doit se mettre au service des dynamiques locales.