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Economie circulaire - ESS
Economie des territoires

Olivia Grégoire : « La feuille de route européenne sur l’économie sociale est une opportunité majeure »

30/09/2021

Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable, a accordé un entretien à France urbaine HEBDO.

FRANCE URBAINE : La notion d’impact social ou environnemental devient centrale pour l’ensemble des acteurs, notamment pour France urbaine qui a signé en mai dernier un partenariat avec le Réseau des collectivités territoriales pour une Economie solidaire (RTES). Comment les acteurs de l’économie dite traditionnelle et ceux de l’économie sociale et solidaire (ESS) peuvent-ils travailler ensemble ?

Olivia GREGOIRE : Quand on parle d’économie, il faut parler de l’économie sociale et solidaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec  14% des salariés de l’économie française et 10% du PIB, c’est une économie à part entière. De plus en plus, il apparaît évident qu’elle pollinise l’économie dite traditionnelle. Mon rôle à Bercy est de mettre en synergie tous les acteurs pour faire en sorte que les passerelles entre l’ESS et les autres branches de l’économie deviennent de véritables ponts. C’est par exemple le sens de la loi Pacte qui concrétise la passerelle des valeurs grâce à la raison d’être ou à la création du statut de sociétés à mission.
 

« L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière » Olivia Grégoire

Les élus des grandes villes, agglomérations et métropoles agissent depuis de nombreuses années pour renforcer et accompagner l’économie sociale et solidaire. Comment jugez-vous leurs actions et quelles sont les prochaines étapes ?

O.G : Du fait de leur proximité avec les acteurs et de leur expertise du terrain, il est essentiel que les élus soient mobilisés partout sur les territoires et favorisent, à leur échelle, l’émergence de l’ESS. Ils le sont et ils le font. Ça s’incarne par exemple à travers la signature du partenariat de travail pour 2020-2023 entre France urbaine et le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES). C’est aussi ce qu’on voit dans l’établissement des contrats de relance et de transition écologique (CRTE) qui donnent des objectifs clairs aux collectivités pour leur stratégie environnementale. Ces dispositifs permettent une sensibilisation des nouveaux élus en place et un renforcement la place de l’ESS dans le développement du tissu économique régional : nous mettons à leur disposition des outils, par exemple les pôles territoriaux de coopération économique, soutenus financièrement par mon secrétariat d’État, et dans lesquelles les collectivités sont souvent motrices. Cette coopération renforcée doit permettre, demain, d’envisager un statut et de nouveaux dispositifs harmonisés pour l’ESS en Europe : nous pouvons montrer le chemin.
 

« Il est essentiel que les élus soient mobilisés partout sur les territoires et favorisent, à leur échelle, l’émergence de l’ESS » Olivia Grégoire

Parce qu’on parle d’économie, ces enjeux dépassent souvent nos simples frontières nationales. Au sein de l’Union Européenne, quelle est la place et l’ambition de la France sur ce sujet ?

O.G : La France est l’un des pays où l’ESS est la plus structurée, notamment depuis la loi du 31 juillet 2014, et notre vision est donc l’une des plus ambitieuses pour son développement. Avec l’aide de mes homologues européens (Portugal, Espagne, Italie, Belgique, et d’autres), nous cherchons aujourd’hui à valoriser sa singularité, mesurer son impact et à développer de nouvelles solutions de financements à destination des acteurs de l’ESS. La feuille de route sur l’économie sociale, en cours de rédaction par la Commission européenne, est une opportunité majeure pour permettre le passage à l’échelle de cette économie d’avenir et la France aura son rôle à jouer, notamment dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne qui débutera en janvier 2022.
 

« La France est l’un des pays où l’ESS est la plus structurée et notre vision est donc l’une des plus ambitieuses » Olivia Grégoire

Crédit photo : MEFR