Share
Economie circulaire - ESS
Transition écologique

Métabolisme territorial ou urbain : un champ de recherche qui prend de l’ampleur

16/06/2022

Les intercommunalités investissent de plus en plus les études sur le métabolisme territorial pour assurer le développement et la gestion durable de leur territoire.

Le 10 juin 2022, s’est déroulée une réunion conjointe des commissions « Transition écologique » et « Economie circulaire & ESS » de France urbaine. L’occasion de faire le point sur le programme « Territoire Engagé Transition Ecologique » de l’ADEME et le concept de métabolisme territorial ou urbain.

Rapprocher les labels Climat-Air-Energie et Economie circulaire de l’ADEME au sein du programme Territoire Engagé Transition Ecologique

Le programme « Territoire Engagé Transition Ecologique » entend réunir les deux référentiels d’action « Climat-Air-Energie » et « Economie circulaire » afin de permettre aux collectivités d’assurer une approche plus systémique de la transition écologique et énergétique. Les référentiels peuvent être remplis par les collectivités et leurs groupements de manière autonome et volontaire sur la plateforme Territoires en transitions, ou bien avec une demande de labellisation avec une progression possible sur cinq paliers.
Les territoires valorisent alors leur engagement et leur démarche de résilience, tout en bénéficiant d’un accompagnement de l’ADEME ou des organismes l’appuyant. Cela leur permet également de faire partie d’une communauté et d’échanger les expériences des uns et des autres.  
L’ADEME propose en outre des offres complémentaires d’accompagnement, comme de la formation, ou encore le dispositif financier qu’est le contrat d’objectifs territorial (COT), qui a vocation à s’insérer dans le contrat de relance et de transition écologique pour les intercommunalités ou groupements d’intercommunalités en bénéficiant. Ce dispositif vise à inscrire dans une démarche transverse des objectifs de transition écologique territoriaux avec un soutien financier conventionné sur quatre ans (enveloppe de 350 000€ maximum). Une labellisation est possible à l’issu d’un COT, mais elle n’est pas obligatoire. 

Combiner approche systémique et lecture affinée du territoire via l’étude de métabolisme territorial

Le métabolisme territorial ou urbain représente l’ensemble des flux de matières et d’énergie nécessaires au territoire, qu’ils soient importés, transformés, transportés, exportés ou rejetés dans l’environnement. Cela constitue un champ de recherche et un cadre de réflexion pour envisager le développement et la gestion durable des territoires, dans le souci de plus de sobriété et de réduction de ces flux. Il fournit également des outils pour analyser et comprendre la matérialité des activités humaines, dont le plus connu est le « bilan de flux de matières ». Les métabolismes territoriaux sont généralement massifs, linéaires et externalisés ; soulignant les dépendances à des espaces éloignés où les impacts environnementaux - et sociaux - sont importants, mais invisibles dans les territoires consommateurs.
Il existe un engouement croissant pour les études de métabolisme territorial en France, souvent de la part des régions ou des départements, mais de plus en plus également des intercommunalités. Cela peut s’expliquer par la montée en puissance de l’économie circulaire comme levier d’action des transitions (gestion durable des ressources, sobriété...), alors que la pression sur les matières premières et les ressources est de plus en plus grande, dans un contexte de hausse des prix sur fond de géopolitique internationale et de guerre en Ukraine. Etudier le métabolisme d’un territoire permet d’avoir un recueil d’indicateurs sur les flux de son territoire, ou encore, d’être capable d’effectuer des comparaisons avec d’autres territoires pour de potentielles synergies. Ces connaissances peuvent constituer un point de départ de mise en place de politiques publiques territoriales, notamment pour des stratégies d’économie circulaire ou pour nourrir le Plan Climat-Air-Energie Territorial (PCAET).  

L’étude de métabolisme urbain de la Métropole du Grand Paris

La Métropole du Grand Paris va adopter en juillet sa première stratégie métropolitaine d’économie circulaire et solidaire que sont venus nourrir les résultats de l’étude de métabolisme urbain réalisée récemment. Parmi les objectifs de l’étude figuraient l’analyse des flux de ressources, mais aussi des stocks de matériaux - avec des projections à 2030, la cartographie des acteurs et filières du territoire, tout comme du foncier disponible pour les activités d’économie circulaire, ou encore, le renforcement de la démarche d’écologie industrielle et territoriale.
Ce retour d’expérience a permis de mieux appréhender l’apport d’une meilleure connaissance du métabolisme du territoire, pouvant constituer une aide à la décision et/ou à la définition d’une stratégie d’économie circulaire. Néanmoins, l’étude de métabolisme territorial ne peut se suffire à elle-même, la concertation est en effet nécessaire avec les acteurs du territoire, notamment pour déterminer et anticiper les risques. En termes de moyens pour mettre en œuvre une telle démarche, il est possible d’obtenir une aide financière de l’ADEME. Enfin, un enjeu repose sur la question de l’accès aux données qui peuvent parfois être difficiles à obtenir.    

Les prochains rendez-vous

Une réunion de travail en visioconférence entre France urbaine et l’Institut National de l’Economie Circulaire (INEC) aura lieu le 20 juin 2022, afin de revenir sur les deux années de mise en œuvre de la loi AGEC et de présenter la publication réalisée par l’INEC à ce sujet. Aussi, un groupe de travail « Déchets » sera installé le 22 juin 2022, dans le cadre d’un partenariat entre France urbaine et le Cercle national du recyclage.