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Transition écologique
Europe et international

Les grandes villes françaises et métropoles se mobilisent sur tous les fronts à la COP26

18/11/2021

Représentée par une délégation de plusieurs élus, France urbaine s’est faite le relais des actions mises en place par les territoires urbains pour accélérer la transition écologique.

Alors que la COP26 de Glasgow vient de s’achever sur un bilan mitigé, sans que les parties réussissent vraiment à s’accorder sur la mise en œuvre concrète de l’Accord de Paris, les territoires urbains, de leur côté, poursuivent et amplifient leurs actions concrètes au bénéfice de la transition écologique.

Représentée par une délégation de plusieurs élus, France urbaine s’est faite le relais de ces actions en organisant, le 10 novembre dernier, une séquence sur le thème des villes durables et de la mobilité urbaine au sein du Pavillon France de la COP26.

A l’occasion de cet évènement piloté par Philippe Angotti, délégué adjoint de France urbaine, cinq élus représentants de territoires particulièrement impliqués dans la transition écologique sont intervenus :

  • Eric Piolle, maire de Grenoble, 2ème vice-président de France urbaine
  • Delphine Michel, vice-présidente de la métropole du Grand-Nancy, en charge de la Transition écologique, de l’eau et de la forêt
  • Jean-Patrick Masson, vice-président de Dijon Métropole, en charge de la transition écologique
  • Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille en charge de la transition écologique
  • Bernard Soulage, secrétaire général de Climate chance, président du conseil scientifique du Groupement des autorités responsables de transport (GART)

L’occasion pour eux d’illustrer une approche systémique de la transition écologique en présentant certaines des démarches globales qu’ils conduisent sur leurs territoires, à l’instar de Grenoble, fraîchement élue capitale verte européenne 2022.

Eric Piolle est justement revenu sur cette initiative qui récompense en partie 7 ans d’une politique écologique, démocratique, citoyenne et solidaire impulsée sur tout le territoire de la métropole. Une approche globale de la justice sociale et climatique, incarnée notamment par la mise en place d’une tarification sociale des transports et de l’eau, des repas bio et végétariens dans les cantines scolaires ou encore un approvisionnement électrique qui devrait être 100% vert pour fin 2022. Par-dessus tout, l’aspect social doit être profondément investit car impliquer l’ensemble des populations y compris les plus défavorisées est l’une des clés de la réussite comme l’a résumé l’édile grenoblois.

Un constat sur lequel s’accorde également Delphine Michel, qui a présenté à son tour la démarche de COP locale nancéienne qui devrait débuter au début de l’année prochaine. L’objectif est à la fois de mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire et d’alimenter les actions à inscrire dans le Plan climat air énergie territorial en incluant tous les aspects de la ville durable et en s’appuyant sur des outils concrets. Par ailleurs, la métropole s’est également distinguée par ses assemblées citoyennes avec un budget dédié ou bien sur ses travaux autour de la ressource en eau, à l’image du nouveau contrat de territoire signé avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

De son côté, Sébastien Barles a apporté une touche méditerranéenne en tant qu’élu phocéen, une ville qu’il décrit paradoxale, à la fois attractive et mal aimée. On retiendra l’oasis de créativité et d’innovations sociales, environnementales et démocratiques, qu’incarne par exemple le projet de la Cité de la transition. Ce lieu “totem” dédié à la transition écologique, comprenant la formation, la recherche et le développement de projets ainsi qu’un espace public et pédagogique est prévu pour 2022.  D’autre part, la voix des citoyens est portée toujours plus à la source de la politique de la ville, notamment grâce à l’Assemblée citoyenne du futur, qui se veut un outil démocratique pour « co-construire avec les Marseillais des politiques publiques structurantes pensée sur le long terme ». C’est notamment sur cette écologie sociale et citoyenne que se fonde l’objectif marseillais de devenir le phare de la Méditerranée.
 
Ces différentes interventions ont ensuite donné lieu à plusieurs questions du public, par exemple sur l’évaluation de l’impact de ces initiatives démocratiques ou encore sur la logique territoriale comme vecteur de plus fortes ambitions pour la transition écologique. En réponse, les élus se sont accordés sur la prépondérance des territoires comme échelle des bassins de vie et par les compétences qu’ils possèdent, rappelant cependant l’importance du cadre national qui se doit d’être adapté pour accompagner au mieux ces transitions.

Dans la foulée, s’est ouverte la deuxième séquence de cet évènement relative à la thématique spécifique des mobilités.

Tout d’abord, Jean-Patrick Masson a présenté l’initiative dijonnaise s’appuyant sur l’hydrogène vert. En effet, la métropole a entamé le renouvellement de l’intégralité de sa flotte de bus et de bennes à ordures ménagères (BOM), qui fonctionneront désormais avec cette énergie renouvelable. Cet investissement permet de répondre à plusieurs défis locaux comme la valorisation et l’exploitation de la grande capacité d’énergie renouvelable du territoire tout en réduisant l’impact écologique de ces activités. Au-delà de la logique de massification incluant les BOM, le choix a été fait d’avoir un écosystème complet autour de l’hydrogène, c’est-à-dire d’en maitriser la production, la distribution et la consommation.

Enfin, c’est l’initiative Orbimob qui a été détaillée par Bernard Soulage. Lancée il y a un an, elle a permis au territoire constitué géographiquement des 4 départements auvergnats (Allier, Puy de Dôme, Cantal, Haute Loire) de lancer une dynamique collective basée sur une stratégie pluridisciplinaire, inclusive, ambitieuse, pour réussir écologiquement et socialement la modernisation et la décarbonation de ses mobilités avant 2050, dans une approche locale nourrie des meilleures expériences internationales. Un des temps forts a été l’organisation d’une semaine évènementielle, du 11 au 16 octobre 2021, réunissant plus de 70 acteurs qui ont pu partager leurs expertises. L’occasion justement de questionner la mobilité durable dans les territoires à forte dimension périurbaine et donc de travailler sur du diffus et non des masses comme cela peut-être le cas dans l’agglomération de Clermont-Ferrand.

Regardez le replay de l'événement sur les villes durables de France urbaine à la COP26 à partir de 2:03:30' :