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Santé

Les élus urbains aux côtés de l’Etat pour optimiser la stratégie vaccinale

17/12/2020

Le comité des élus sur la stratégie vaccinale, auquel fait partie France urbaine, s’est réuni le 15 décembre 2020, autour du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran.

Grégory Doucet, Maire de Lyon et Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges, co-présidents de la commission « Santé » de France urbaine ont participé, le 15 décembre 2020, à la réunion sur la stratégie vaccinale organisée par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé.

Les EHPAD en première ligne

Pour mémoire, cette première phase est centrée sur les personnes âgées résidant dans les établissements d’hébergement collectif et leurs personnels vulnérables, qu’il s’agisse des EHPAD, des unités de soin de longue durée mais aussi des résidences autonomie ou résidences services séniors.
Le 15 décembre, le ministre a indiqué que les autorisations de mise sur le marché (AMM) des vaccins pourraient arriver plus vite que prévu : il serait question de la semaine du 21 décembre, avec toutes les réserves d’usage. Le scénario le plus probable de commencement de la vaccination est celui d’un démarrage dans les quinze premiers jours de janvier, avec des délais incompressibles liés à la production des doses par les laboratoires pharmaceutiques et au recueil du consentement des personnes dans les EHPAD.

Sur la phase 1 dédiée à la vaccination des résidents des EHPAD, le ministre a insisté sur la nécessité d’anticiper le besoin de renforts des EHPAD et structures d’hébergement qui n’auraient pas les ressources médicales nécessaires à la vaccination : des dates fixes de vaccination vont être communiquées aux EHPAD d’ici la fin décembre, qu’il ne sera pas possible de modifier, sauf dérogation.

Suite au courrier adressé par Olivier Véran et Brigitte Bourguignon, le 14 décembre aux 14 500 directeur(rice)s d’établissements sanitaires et médico-sociaux et aux médecins coordonnateurs d’établissements recensés, les EHPAD devront notamment faire connaitre le taux de consentement de leurs résidents (une fois rendu l’avis de la HAS sur ce point) ainsi que leurs besoins spécifiques en ressources médicales.
Dans son courrier du 14 décembre, le Ministre rappelle qu’il a chargé les directeurs généraux d’ARS et les préfets de mettre en place des instances territoriales associant tous les partenaires au niveau national (notamment les collectivités territoriales) pour « faciliter la mobilisation de tous au service de la réussite de la campagne vaccinale ». Elles devraient se réunir très prochainement.
 
CCAS, CIAS, Offices HLM : des canaux précieux pour aller vers les plus fragiles

Sur la phase 2 qui concerne les personnes âgées, fragiles et isolées en ville, Olivier Véran a rappelé le rôle incontournable des collectivités pour toucher ces populations, via la mobilisation notamment des fichiers identifiant les personnes âgées et isolées des CCAS/CIAS et le réseau des offices HLM.
A noter qu’un courrier va être adressé dans les prochains jours aux associations d’élus dont France urbaine, pour synthétiser et schématiser les besoins, courrier sur lequel il sera possible de réagir. Un kit de communication à diffuser auprès des élus sera également transmis pour relecture aux fédérations d’élus représentatives dont France urbaine.
 
Phase 3 de la vaccination : un risque d’engorgement sur fond de défiance

Sur la phase 3, l’ensemble des associations d’élus a alerté sur le risque d’engorgement et d’embouteillage. Olivier Véran a rappelé qu’il était opposé aux grands vaccinodromes qui écartent les médecins de ville et créent des phénomènes d’attroupement. Il s’est, en revanche, déclaré  favorable aux organisations locales souples, visant à mettre en place des centres de vaccination à taille humaine.
Enfin, il reste à régler ou tenter de régler le sujet délicat de la défiance d’une partie de la population vis-à-vis des vaccins. France urbaine a insisté sur les enjeux de prévention et de santé communautaire, notamment dans les quartiers populaires et sur la nécessité de s’appuyer sur les réseaux associatifs et le secteur paramédical et médico-social. A Lyon comme à Grenoble ont été, par exemple, mis en place des comités consultatifs citoyens, pour faire progresser les messages pro-vaccins et lever les blocages éventuels.
A cet égard, une expérimentation est en cours avec le département de la Seine-Saint-Denis. Le préfet de département a été ainsi missionné par le ministère de la santé et des solidarités pour consulter les élus et associations des quartiers prioritaires de la ville (QPV), afin qu’ils indiquent les options à privilégier pour toucher de manière efficace les populations.