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Tourisme
Economie des territoires

Le tourisme d’affaires à la croisée des chemins

23/09/2021

Des échanges fructueux sur le tourisme d’affaires entre France Congrès Evénements et la commission "Tourisme" de France urbaine.

La présence de France Congrès Evénements lors de la commission "Tourisme" de France urbaine, a permis des échanges sur le tourisme d’affaires et notamment sur les perspectives qui s’esquissent pour ce secteur d’activité profondément impacté par la crise sanitaire.

Emmanuel Dupart, directeur délégué de France Congrès Evénements (association des élus locaux en charge des équipements de congrès et d’expositions), présent lors de la Commission Tourisme de France urbaine a permis aux adhérents d’échanger sur le tourisme d’affaires et notamment sur les perspectives qui s’esquissent pour ce secteur d’activité profondément impacté par la crise sanitaire. Propriétaires de la majeure partie des équipements de congrès et d’expositions, les métropoles, agglomérations et grandes villes sont en effet en première ligne dans la recomposition profonde engagée pour cette filière.

Avec le concours de la Banque des Territoires et du groupe Accor, France Congrès Evénements a réalisé une étude prospective dite MICE 2025 (pour Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions, appellation rassemblant l’ensemble des équipements de congrès, expositions, salons et foires), visant à mesurer l’impact de la crise sanitaire sur le secteur, les tendances de marché attendues par les professionnels et les adaptations envisageables pour ajuster l’offre en conséquence.
Des premiers enseignements de l’étude avaient été rendus publics par France Congrès Evénements le 22 juin dernier, mais c’est à l’occasion du « Forum Innov & Tech – Penser et faire le futur des villes et des événements », du 20 au 22 octobre prochains à Saint-Malo et Rennes, que l’ensemble de l’étude sera rendue publique.

Des événements professionnels repensés

En avant-première, les conclusions qui s’en dégagent font apparaître une franche et nécessaire accélération de dynamiques préexistantes, allant dans le sens d’une diminution du nombre de voyageurs d’affaires et d’une perturbation des modèles économiques du secteur. Toutefois, ces vents contraires pourraient être compensés par des séjours plus qualitatifs, possiblement plus longs et surtout fondés sur la recherche d’une sociabilité fragilisée par le développement du télétravail. Ainsi, l’offre pourrait être conduite à renforcer sa dimension événementielle comme expérientielle, tout en mettant en œuvre transition écologique et responsabilité sociétale.

Toutefois, cette accélération de tendances visant à transformer des lieux d’accueil en lieux de vie par l’adaptation des infrastructures et la formation des professionnels, est d’autant plus difficile qu’elle se produit après une longue période de sous-activité imposée par la crise sanitaire.

Pour plusieurs métropoles et agglomérations, il est nécessaire d’engager une diversification des équipements « MICE » et une refonte des événements professionnels. La porosité entre tourisme d’affaires et tourisme d’agrément s’accentue, le premier cherchant de plus en plus à offrir à ses utilisateurs des activités de loisirs complémentaires.

Un lien à renforcer entre tourisme d’affaires et territoires

De même, des réflexions visant à hybrider les modèles de tiers-lieux et d’équipements de congrès et d’expositions sont à l’œuvre, ainsi que la pertinence d’en finir avec une certaine extraterritorialité de ces équipements vis-à-vis de la ville. Il s’agit en effet de penser les liens avec l’environnement direct et l’accueil de population permanente, et non plus seulement ne s’occuper que des liens aux nœuds aéroportuaires et ferroviaires.
D’importants investissements locaux seront donc nécessaires pour transformer les palais des congrès et parcs-expositions. Ces engagements seront au menu de la contribution de France urbaine au Plan de Reconquête et de Transformation Touristique en cours d'élaboration par le Gouvernement.