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Politique de la ville

Johanna Rolland souhaite mettre la question sociale au cœur de la relance

24/06/2021

La présidente de France urbaine était invitée le 24 juin à ouvrir le Club des agglomérations et métropoles, co-organisé avec l’AdCF.

Le 24 juin 2021, était organisé un webinaire du club des agglos et métropoles, co-organisé par France urbaine et l’AdCF, dédié à la politique de la ville, aux conditions de la relance dans les quartiers populaires et aux contrats de relance et de transition écologique (CRTE), devant plus d’une centaine de participants.
 
L’occasion pour la présidente de France urbaine, Johanna Rolland, invitée d’honneur de cette séance de rappeler l’importance de ce dossier pour la cohésion sociale et nationale et la nécessité d’accompagner et réduire les fractures sociales, économiques et psychologiques que la crise de Covid-19 a amplifiées ces derniers mois, notamment dans la jeunesse de notre pays. Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims et co-présidente de la commission « Aménagement urbain, logement et habitat indigne » de France urbaine a pu également insister sur les attentes fortes des grandes villes et métropoles en matière de soutien à la rénovation urbaine et aux projets de territoires, au service d’une mixité sociale, urbaine et fonctionnelle pensée à la bonne échelle. Au total, des débats riches et denses, qui annoncent des initiatives dans les prochains mois pour imposer ce dossier à l’agenda des futurs candidats à l’élection présidentielle.
 

Une actualité chargée


France urbaine et l’AdCF proposaient le 24 juin 2021 un temps d’échanges aux élus et aux cadres des agglomérations, communautés urbaines, métropoles et établissements publics territoriaux sur les enjeux de la « relance » dans les quartiers défavorisés. Ce webinaire a permis d’aborder les sujets d’actualité : les conditions d’élaboration des contrats de relance et de transition écologique (CRTE), la mise en œuvre des mesures du plan France Relance et du Comité interministériel des villes (CIV) de janvier 2021, l’intégration d’un volet cohésion urbaine et sociale au sein des CRTE.

La rencontre a aussi permis d’aborder la question du futur de la politique de la ville et des politiques de cohésion urbaine et sociale, en anticipant la fin des contrats de ville (décembre 2022) et les réflexions sur les futurs zonages et géographies prioritaires.
 

Des quartiers populaires violemment percutés par la crise sanitaire

 
Nombre de participants ont relevé que les quartiers populaires où vivent six millions de nos compatriotes ont payé un lourd tribut au Covid-19, sachant qu’il reste beaucoup encore à faire pour mener des politiques sanitaires et de prévention plus efficaces et adaptées, d’autant que leurs habitants mettront sans doute plus de temps que les autres à se relever de la crise économique et sociale qui vient.
La présidente de France urbaine, à l’unisson de plusieurs participants a indiqué que la situation des jeunes était particulièrement préoccupante, d’où les propositions formulées au gouvernement par l’association à ce sujet. La situation des mères de familles isolées ou familles monoparentales est un sujet d’inquiétude, alors que certaines d’entre elles ont perdu les emplois qu’elles occupaient durant la crise.
 

« La crise de Covid-19 est venue accentuer les difficultés mais a révélé aussi les potentiels. Nos quartiers populaires payent un lourd tribut de la crise sanitaire. » Johanna Rolland

 

La responsabilité sociale des grandes villes, agglomérations et métropoles

 
Dans ce contexte économiquement et socialement dégradé, les territoires urbains ont une responsabilité particulière et un rôle de premier plan pour accompagner les publics à travers des politiques dynamiques d’accès au logement (notamment social), d’accès aux mobilités (transports collectifs mais aussi modes doux encore insuffisamment développés dans certains quartiers, notamment la pratique du vélo, faute de parcours adaptés ou d’équipements appropriés dans les copropriétés), d’aides au milieu associatif dans sa diversité (aides alimentaires, aide aux devoirs…).
Il convient en particulier de redonner des perspectives au monde culturel et sportif qui ont été durement touchés par les confinements successifs. Et surtout il importe de redonner envie d’agir ensemble, de faire société et de construire des projets pour aujourd’hui et demain qui rassemblent les habitants, les cultures, les générations, les différentes catégories sociales.
 

Bientôt des « CRTES » ?

 
Si les CRTE ont suscité intérêt lors de leur lancement avec un principe simple défendu par plusieurs associations d’élus dont France urbaine, celui du contrat intégré et transverse et de la confiance aux territoires, le sentiment déceptif domine aujourd’hui. La dimension sociale et solidaire est en effet très souvent absente des CRTE moyennant quoi les acteurs de la politique de la ville et des politiques de solidarité ont du mal à s’y retrouver. Au demeurant, certains élus de banlieue ne souhaitent pas à ce jour fondre leur contrat de ville dans les CRTE.  
Johanna Rolland  a, en ce sens, signalé que la transition ne pourra être écologique si elle n’est pas d’abord sociale et populaire. D’où la nécessité de rajouter symboliquement un S aux CRTE, de telle sorte qu’un nouvel et puissant élan soit donné aux politiques d’inclusion urbaine et républicaine et partant un espoir à des territoires et habitants trop  souvent relégués.
 
La préparation de nouveaux contrats de ville à partir de fin 2022 et la réforme à venir de la géographie prioritaire ainsi que celle de l’éducation prioritaire sont des occasions de repenser cette politique comme vecteur et levier efficace de cohésion sociale et territoriale. France urbaine entend, dans les prochains mois, avec les autres associations d’élus-partenaires, dont l’AdCF, formuler sur ces sujets des propositions à la fois audacieuses, fortes et opérationnelles.