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Johanna Rolland : « Nous souhaitons être davantage associés au Plan de relance »

01/12/2020

La présidente de France urbaine a accordé un entretien à AEF Info et fait le point sur l'actualité de l'association et des territoires urbains.

AEF info : Vous avez été élue à la présidence de l’association France urbaine, qui rassemble les métropoles et les grandes agglomérations françaises, le 24 septembre dernier. Quelle est votre feuille de route pour l’association ?

Johanna Rolland : La priorité de France urbaine, c’est de continuer à porter la voix des villes dans notre pays, avec deux dimensions indispensables à prendre en compte. D’abord, partager les expériences entre les maires des grandes villes, des grandes intercommunalités et des métropoles, afin de faire émerger une intelligence collective des territoires. Ensuite, mon objectif est de renforcer un dialogue exigeant et constructif avec le gouvernement. La période de crise sanitaire, économique, sociale et écologique que traverse le pays est d’une telle intensité qu’elle rend d’autant plus importante l’amorce d’une nouvelle phase de décentralisation. Nous dialoguerons avec le gouvernement sur cet enjeu majeur pour faire valoir le point de vue des territoires urbains.

AEF Info : À ce titre, quelles visions voulez-vous porter dans le cadre du futur projet de loi "3D" ?

Johanna Rolland : Nous ne pouvons que nous satisfaire que la remise à plat de la législation de l’expérimentation soit à l’agenda politique. Qu’une expérimentation qui porte ses fruits sur un territoire doive obligatoirement être appliquée sur l’ensemble du territoire national n’a aucun sens logique ni politique. C’est une demande historique de France urbaine et elle a enfin été entendue. Les enjeux de décentralisation qui nous intéressent ne viendront que dans un deuxième projet de loi, qui sera vraisemblablement examiné en 2021. Nous nous appuierons sur le travail engagé par Jean-Luc Moudenc, qui a largement porté la vision des métropoles et des grandes agglomérations lorsqu’il était à la tête de l’association.
Sur la décentralisation, il y a un certain nombre de sujets à revisiter à l’aune de la crise sanitaire. Il y aura des leçons à tirer sur la manière dont les enjeux de santé ont été appréhendés à l’échelle nationale. On a vu, par exemple, qu’entre la première et la deuxième vague de l’épidémie, les structures de santé publiques et privées ont pu mieux travailler ensemble. Sur le sujet de la santé, nous croyons, à France urbaine, qu’une étape supplémentaire de décentralisation pourrait être nécessaire pour mieux gérer les crises sanitaires et mieux territorialiser le système de soin.

Crédit photo : © Martial Ruaud