Share
3 questions à...
Santé
Economie des territoires
Alliance des territoires
Transition écologique

Jean-Didier Berger : « Une véritable réflexion sur la décentralisation doit être menée »

13/04/2021

Jean-Didier Berger, président de l'Établissement public territorial Vallée Sud Grand Paris, a accordé un entretien à France urbaine HEBDO.

FRANCE URBAINE : Selon vous, qu’a révélé la crise sanitaire de Covid 19 dans la relation entre l’Etat et les collectivités locales ?

Jean-Didier BERGER : Les collectivités locales ont tenu et tiennent toujours un rôle majeur dans cette crise sanitaire. Les élus sont en première ligne et, en cela, ils répondent à la confiance que leur accordent leurs administrés. En période de crise, le lien indéfectible de proximité entre les Maires, notamment, et leurs concitoyens, se renforce. L’administration d’une commune, ce n’est pas la bureaucratie, c’est la gestion de la vie au quotidien. Pendant la crise, surtout lors du premier confinement, les communes, les territoires, les régions ont été en première ligne en commandant et en distribuant des masques et du matériel de protection sanitaire, en accueillant les enfants des soignants dans les écoles, etc. Elles ont permis de maintenir, au prix d’un engagement sans faille des agents, les services publics essentiels. Le centralisme de l’Etat a montré alors ses limites, les collectivités locales ont pris le relais, elles ont été pragmatiques et efficaces. Elles le sont toujours aujourd’hui dans l’organisation de la campagne de vaccination. L’Etat gagnerait en efficacité et sûrement en légitimité en s’appuyant davantage sur les collectivités et les élus locaux. Une véritable réflexion sur la décentralisation doit être menée, avec un Etat recentré sur l’exercice de ses missions régaliennes et des collectivités aux compétences élargies.
 

« L’administration d’une commune, ce n’est pas la bureaucratie, c’est la gestion de la vie au quotidien. » Jean-Didier Berger

Quel rôle les territoires urbains peuvent-ils jouer dans la relance et le « monde d’après » ?

Le « monde d’après » sera nécessairement différent. Les préoccupations environnementales, l’accélération du numérique, mais aussi la prise de conscience, par cette pandémie qui nous a tous surpris, de la vulnérabilité de notre société sont autant de paramètres qui vont influer sur nos prises de décision et nos fonctionnements.
Nos collectivités seront indéniablement des acteurs de la relance. A court terme, nous avons déjà mis en place des dispositifs d’aide, quasiment d’urgence, pour les commerces et les entreprises de notre territoire : prise en charge des loyers, aide au développement numérique, fonds de résilience. Mais notre rôle s’inscrira surtout dans la durée. Nous avons la capacité de développer des projets d’aménagement qui seront porteurs de croissance et nous pouvons nous inscrire dans les dispositifs du Plan de relance initié par l’Etat.
 

« Notre rôle dans la relance est indéniable. Il s’inscrira surtout dans la durée. » Jean-Didier Berger

Vous avez été réélu président de l’Etablissement Public Territorial Vallée Sud – Grand Paris en juillet dernier. Quelles sont les priorités de votre mandat ?

Vallée Sud – Grand Paris est une intercommunalité récente mais qui a déjà opéré beaucoup de mutualisations. Ce mandat est le temps de la pérennisation de l’Etablissement public territorial en tant qu’échelon institutionnel avec un financement que nous espérons assuré. Je souhaite que cette nouvelle mandature soit attractive et exemplaire en matière de transition énergétique. Notre PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial) contient des objectifs ambitieux qui répondent aux attentes exprimées par nos habitants. De grands chantiers s’ouvrent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avec le développement des circulations douces ou encore l’utilisation de l’hydrogène à laquelle je crois beaucoup pour nos véhicules. La rénovation énergétique des bâtiments, la réduction des déchets, le développement de l’économie circulaire, la diminution des îlots de chaleur seront aussi nos actions prioritaires pour les prochaines années.
 

« Ce mandat est le temps de la pérennisation de l’Etablissement public territorial en tant qu’échelon institutionnel. » Jean-Didier Berger

Crédit photo : Vallée Sud Grand Paris