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Finances et Fiscalité
Mobilités

Investissements dans les mobilités : les territoires urbains ambitieux et volontaires

03/03/2021

Parmi les projets d'investissements recensés par France urbaine, 115 seraient prêts à être engagés en 2021, pour un montant d’investissements de 3,9 milliards d’euros.

France urbaine a réalisé un recensement des projets d’investissement de ses membres dans le secteur des mobilités. Qu’il s’agisse de nouveaux transports en commun en site propre ou du verdissement des flottes, les territoires urbains projettent des investissements conséquents dès 2021.
 
Dans le cadre des échanges avec le gouvernement sur la territorialisation du plan de Relance, France urbaine a souhaité réaliser, en lien avec le Groupement des autorités responsables de transport (GART), un recensement des montants d’investissement que ses collectivités adhérentes prévoient de consacrer aux mobilités. Plus précisément, il s’est agi, d’une part, de recenser le volume total des programmations pluriannuelles d’investissement concernant les mobilités et, d’autre part, de constituer une liste de projets prêts à être engagés en 2021 et en 2022.
 
Une enveloppe de 3.9 milliards prévue pour 115 projets 
 
L’enquête, menée sur une semaine, a permis de recueillir les contributions de 38 collectivités adhérentes, sur les 46 autorités organisatrices de la mobilité représentées dans l’association. Ces 38 programmations pluriannuelles d’investissement (dont certaines ont été transmises incomplètes en l’attente de validation politique) atteignent un montant de 19,8 milliards d’euros  et représentent 262 projets. A de très rares exceptions près, il s’agit d’investissements projetés d’ici au terme du mandat municipal en cours.
 
Parmi ces projets, 115 seraient prêts à être engagés en 2021, pour un montant d’investissements de 3,9 milliards d’euros. Ils pourraient être complétés par 68 projets dont l’initialisation est prévue pour 2022, pour un montant d’investissements de 5 milliards d’euros. En d’autres termes, les projets que les 38 collectivités contributrices à l’enquête de France urbaine prévoient d’engager entre 2021 et 2022 susciteraient des investissements à hauteur de 8,9 milliards d’euros sur ces deux années et les suivantes, dans le cas de projets structurants.
 
Une répartition thématique couvrant infrastructures, services et matériel roulant
 
La somme de 8,9 milliards d’euros à compter de 2021 et 2022 se répartit selon les axes suivants :

  • 3,4 milliards d’euros pour des projets consacrés au tramway (nouvelles lignes, extensions, acquisition de nouvelles rames pour plus de capacité) ;
  • 2,9 milliards d’euros pour des projets de métro ;
  • 1,2 milliard d’euros pour le verdissement des flottes de bus à hydrogène, au gaz naturel, ou électriques.
  • 584 millions d’euros pour des projets de Bus à haut niveau de service (nouvelles lignes, extensions...)
  • 445 millions d’euros pour des projets d’accessibilité et de logistique (mise en accessibilité pour les Personnes à Mobilité Réduite (PMR), vidéosurveillance, billettique, mobilités innovantes, navettes centre-ville, navettes fluviales, téléphériques et funiculaires...)
  • 164 millions d’euros pour des projets d’infrastructures dédiées à la multimodalité (pôles d’échanges multimodaux, parking-relais...)
  • 148 millions d’euros pour la transition écologique afférente des dépôts de bus, qui accompagne nécessairement celle du matériel roulant ;
  • 112 millions d’euros pour des projets consacrés au vélo (voirie, abris, aménagements divers).

Une écoute certaine de l’Etat, mais des perspectives de co-financements insuffisants
 
Le gouvernement a pris connaissance avec intérêt les résultats du recensement mené par France urbaine. Au cours des discussions, un rappel a été fait des différentes enveloppes à disposition des collectivités sur le champ de la mobilité, soit : le quatrième appel à projets pour les transports en commun en site propre hors Île-de-France (450 millions d’euros), l’enveloppe dédiée aux métros dans le plan de relance (200 millions d’euros), celle figurant dans le volet « transports collectifs » du CPER de la région Île-de-France (financée par le plan de relance à hauteur de 670 millions d’euros), l’enveloppe de 30 millions d’euros fléchée vers les études portant sur les RER métropolitains, ainsi que le bonus de 30 000 euros pour l’acquisition en 2021 de chaque bus électrique ou hydrogène (enveloppe globale d’un montant de 100 millions d’euros).
 
Toutefois, malgré un foisonnement apparent des enveloppes que le gouvernement entend mettre à disposition des territoires urbains, il est essentiel de noter d’une part qu’il s’agit pour partie de financements qui ne s’inscrivent pas dans la relance (mais sont par exemple issus de la loi d’orientation des mobilités) ou qui sont d’ores et déjà affectés. D’autre part, la question particulière du verdissement des flottes de bus, que plusieurs autorités organisatrices se voient contraintes de reporter en raison de la crise sanitaire, ne fait l’objet d’aucun subventionnement spécifique ; les collectivités se voyant priées de se tourner soit vers les Préfets pour un accompagnement au titre de la Dotation de soutien à l'investissement local (DSIL) exceptionnelle, déjà très sollicitée, soit vers le guichet consacré à l’acquisition de véhicules lourds décarbonés, qui s’adresse également à d’autres acteurs.
 
Dès lors, alors même que les projets locaux existent et que les territoires urbains sont disposés à s’engager sur des investissements lourds et structurants, bénéfiques au tissu économique national, il semble dommageable que l’accompagnement de l’Etat puisse s’avérer à ce point modeste. France urbaine, tout en maintenant un dialogue franc et constructif, continuera de sensibiliser ses interlocuteurs gouvernementaux sur la pertinence d’un soutien plus ambitieux aux mobilités urbaines.