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Inventer le modèle urbain du futur pour des métropoles viables, vivables et vivantes

07/07/2020

Découvrez l’étude réalisée par France urbaine et EY, en partenariat avec La Tribune, qui liste les atouts qu'il leur faut déployer pour gagner en attractivité et en compétitivité.

Au lendemain de la percée verte dans de nombreuses municipalités, et à l'heure de la relance économique, « les métropoles françaises ont à leur main une dizaine d'accélérateurs pour se réinventer et promouvoir un modèle de développement urbain viable, vivable et vivant », souligne Stéphane Manoukian, associé consulting secteur public local chez EY.

Parmi ces qualités indispensables : la capacité à mobiliser des investissements partenariaux, une administration ouverte et partagée, l'aptitude à la résilience, la gestion intelligente des ressources, la disposition également de leviers de réurbanisation et de réaménagement, ou d'un savoir-faire en matière de coconstruction citoyenne… Avec France urbaine, il dévoile dans La Tribune une étude intitulée « Après la crise, quels leviers pour transformer les métropoles françaises en » future cities «  ».

Éviter le décrochage

Les grandes villes doivent en effet se réinventer pour promouvoir un modèle de développement urbain viable, « en innovant en matière de développement économique pour accélérer la reprise », vivable, « en intégrant la question environnementale et de la durabilité des activités et des espaces urbains », et vivante, « en mobilisant les forces vives du territoire pour garantir l'inclusion de tous sur toutes les dimensions », poursuit Stéphane Manoukian.
« Nous avons tout de même dépassé la phase de prise de conscience et nous faisons en sorte d'être le plus résilients possible, c'est-à-dire d'avoir cette capacité à faire face à des événements inattendus comme la crise du Covid-19 », déclare Olivier Landel, délégué général de France urbaine. Si l'atténuation et l'adaptation au dérèglement climatique sont déjà dans leurs champs d'intervention, « en matière d'atténuation, nous savons ce qu'il faut faire dans les bâtiments et les transports ; en revanche, en termes d'adaptation, les bonnes solutions sont encore en train d'être recherchées…», dit-il.
C'est pourquoi EY a examiné à la loupe 240 métropoles européennes dont 24 françaises pour réinventer le développement urbain autour de l'innovation, éviter un décrochage structurel des métropoles françaises, intégrer la question environnementale à toutes les problématiques, ou encore résorber les impacts de la crise actuelle et future.

Avoir les coudées franches

Si la plupart des grandes agglomérations hexagonales n'ont pas la taille de leurs homologues allemandes ou britanniques, « leurs scores restent toutefois formidables et parfois surprenants, et elles prennent des voies différentes pour acquérir une stature européenne », explique Marc Lhermitte, associé consulting chez EY, responsable du programme Attractivité France.
« Par exemple, sur la dimension environnementale, Strasbourg et Rennes s'appuient sur une vraie culture politique et populaire de sensibilité écologique, quand Dijon donne une très forte impulsion avec sa smart city. Quant à Brest ou Saint-Étienne, des villes en reconquête urbaine et économique, elles investissent et innovent dans leurs infrastructures avec le meilleur de l'efficacité énergétique et climatique », relève-t-il.

Transport, eau, assainissement, déchets, aménagement urbain… Les métropoles ont effectivement déjà des compétences liées à l'environnement, mais pour conserver, voire gagner, en attractivité et compétitivité dans les cinq prochaines années, elles aimeraient avoir, comme elles le répètent souvent, les coudées franches, à savoir de l'autonomie et de la différenciation.
« Intégrer le département du Rhône à la métropole de Lyon est aussi parti de cette réflexion », rappelle Olivier Landel. « En matière de renouvellement urbain, si vous n'avez pas les outils pour accompagner les familles dans la recherche de logements ou d'emplois, vous ne pouvez pas changer la ville. Idem pour le développement économique, si vous ne possédez pas d'outils sociaux », ajoute le Délégué général de France urbaine.

Surperformance du top 5 français

« Nous avons de bonnes surprises sur la résilience environnementale », abonde Stéphane Manoukian d'EY. Si, sur cette thématique, les métropoles d'Europe du Nord, trustent le haut du classement, cinq métropoles françaises font partie du top 20, ce qui fait de la France le pays le plus représenté.
« Les métropoles les plus performantes font la différence notamment sur les questions énergétiques - efficacité et part des énergies renouvelables  - et les mobilités - nombre de voitures en circulation et indicateurs de congestion. La surperformance du top 5 français s'explique également par le ressenti de la population vis-à-vis de la lutte contre le dérèglement climatique », complète-t-il.
« La prise de conscience d'articuler les enjeux économiques, écologiques et sociaux n'est pas nouvelle dans la gouvernance des grandes villes », confirme Olivier Landel, qui se souvient d'une étude de 2002 ou de 2003 de l'Association des communautés urbaines de France (ACUF) sur les grandes villes engagées pour un développement durable qui mettait déjà en exergue des bonnes pratiques.

« Des avions faisaient de la thermographie aérienne pour repérer les passoires thermiques. Les ménages les plus fragiles étaient ensuite accompagnés dans la rénovation. Le réchauffement n'était pas autant visible, mais la prise de conscience écologique, économique et sociale était déjà là », insiste-t-il. Il faut dire aussi que le modèle de la ville durable à la française est réfléchi depuis des années à tel point que ce concept s'exporte assez bien dans les colloques à l'international.