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Gaël Perdriau : « La crise sanitaire doit créer un véritable électrochoc dans les relations Etat-collectivités locales »

02/02/2021

Gaël Perdriau, Maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, a accordé un entretien à France urbaine HEBDO.

FRANCE URBAINE : Selon vous, qu'a révélé la crise sanitaire de Covid-19 dans la relation entre l’État et les collectivités locales ?

Gaël PERDRIAU : La crise sanitaire que nous traversons actuellement révèle selon moi deux enseignements principaux : une hyper centralisation des décisions, qui, sur le terrain, deviennent particulièrement complexes à mettre en œuvre en raison des nombreuses incohérences, ordres et contre ordres au plus haut sommet de l’État. Nous avons pu le mesurer par exemple avec la question des masques que l’État a été incapable de fournir dans un premier temps. Les collectivités locales ont dû prendre le relais et ont rapidement réagi afin de s'en procurer, les payer et les livrer aux personnels soignants, médecins et infirmières de leur territoire. Autre enseignement, la solidarité entre les représentants locaux de l’État, la préfecture et ses services, avec les maires et élus locaux. Cela se traduit concrètement, dès lors que l’État central fait confiance et laisse les acteurs de terrain agir, par une efficacité immédiate dans le travail et les actions menées au plus près des habitants.
 

« Il y a une grande solidarité entre les représentants locaux de l’État, la préfecture et ses services, avec les maires et élus locaux » Gaël Perdriau

Quel rôle les territoires urbains peuvent-ils jouer dans la relance et le « monde d'après » ?

Les territoires urbains représentent 70 % de l'investissement public en France. Ils ont une part prépondérante dans la relance de l'économie. Dans ce domaine également, l’État doit décentraliser autant que possible les plans de relance en s'appuyant sur les collectivités locales, à la fois pour développer leurs projets au service de habitants mais également en soutien actif à l'économie locale. Concernant le « monde d'après », c'est une leçon sur la nécessaire décentralisation qui s'est arrêtée en cours de route depuis 1982. Je fais également le constat que les choix faits par l’État depuis trois ans consistant à une remise en cause du principe d'indépendance de la gestion des collectivités locales ne vont pas dans le bon sens. La crise sanitaire que nous traversons est un parfait révélateur de cette situation. Je souhaite que cela crée, enfin un véritable électrochoc.
 

« L’État doit décentraliser autant que possible les plans de relance en s'appuyant sur les collectivités locales » Gaël Perdriau

Vous avez été réélu maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole l'été dernier. Quelles sont les priorités de votre mandat ?

Depuis février 2020 et encore aujourd'hui, je reste concentré sur la gestion de la crise sanitaire, avec comme objectif de prendre les décisions permettant de protéger les habitants dans leur vie quotidienne, sociale voire professionnelle. Je m'attache à soutenir aussi les plus vulnérables ainsi que le monde associatif, sportif, culturel et économique. Les priorités du mandat restent, quant à elles, celles qui avaient été fixées dès la fin de l'année 2019 à savoir : améliorer le bien-être social avec notamment une politique de prévention dans le domaine de la santé publique, développer l'emploi, soutenir les plus démunis, et renforcer les valeurs de la République dès le plus jeune âge à travers l'éducation et le soutien à l'éducation populaire. Nous allons également poursuivre, comme nous le faisons depuis 2014 maintenant, une politique inclusive et durable permettant à Saint-Étienne et sa Métropole d'être à la pointe de la transition écologique, en replaçant l'Homme au centre des politiques publiques. La tâche est à la fois immense et passionnante.