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Alliance des territoires

France urbaine reçue par le Premier ministre Jean Castex

15/07/2020

Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine, a été invité par le Premier ministre, aux côtés des autres associations d’élus du bloc local, pour une rencontre à Matignon le 11 juillet.

Une rencontre pour préparer le discours de politique générale du Premier ministre

Cette première rencontre entre Jean Castex, nouveau Premier ministre, et les associations d’élus du bloc local, dont France urbaine, avait deux objectifs : une présentation officielle et mutuelle ainsi qu’un échange sur les propositions des associations d’élus sur les relations entre l’Etat et les collectivités locales, visant à alimenter le discours de politique générale du Premier ministre.
Le Premier ministre se présente comme un fervent partisan du "concret", fin connaisseur des rouages de l'Etat et convaincu du rôle majeur des territoires dans la définition des politiques publiques. Souhaitant "territorialiser" un certain nombre de décisions sur divers secteurs d'activité, il a annoncé vouloir impliquer encore davantage les associations d'élus dans la réflexion liée au projet de loi dit "3D" et au plan de relance.
 
Les territoires urbains, des acteurs indispensables de la relance

En cette période de crise, de très nombreux acteurs s’expriment sur la nécessité d’orienter la relance sur les défis environnementaux et sociaux. Les villes et intercommunalités membres de France urbaine en sont depuis longtemps convaincues et agissent déjà fortement en la matière. Elles sont le lieu du passage à l’acte et représentent près de 60% de l’investissement public.  La reprise progressive de l’activité, à court terme, et l’exercice du nouveau mandat communal et intercommunal qui s’ouvre, doivent être l’occasion pour tous d’être résolument au rendez-vous de l’action et de la mise en œuvre.
L’orientation de l’économie vers le décarboné, le développement des circuits courts, la résilience… La crise doit être un accélérateur de ces évolutions. Il sera essentiel, par ailleurs, d’avoir la capacité de gérer des crises successives dont on ne sait pas quel en sera le générateur. Le réchauffement climatique peut avoir des conséquences multiples : la montée des eaux, une canicule, des problèmes respiratoires du fait de la pollution… Mais l’une des conditions à une bonne appréhension de ces enjeux tient à la capacité financière des territoires. Sans moyens, il sera difficile de porter ces changements.
 
Décentralisation, différenciation, déconcentration… France urbaine a présenté ses propositions

Lors de cette réunion, le président de France urbaine Jean-Luc Moudenc, a demandé davantage de décentralisation mais aussi de la différenciation, avec l’idée de donner plus de place à l’adaptation et à la prise de décision par le local. France urbaine souhaite que l’expérimentation soit la règle, la généralisation n’est pas un objectif. Quand on y ajoute les sujets de décentralisation et de déconcentration, il est à considérer que l’État et les collectivités territoriales sont au même niveau : ce n’est plus l’État qui décide, mais État et collectivités œuvrent ensemble, chacun dans son domaine de responsabilité.
France urbaine demande aussi de la déconcentration, c’est-à-dire plus de pouvoir aux autorités locales de l’Etat. Contrairement à ce que l’on entend souvent, les élus urbains ne veulent pas moins d’Etat mais un Etat connecté aux réalités du terrain.
Les élus des métropoles, grandes agglomérations et grandes villes ne souhaitent pas de nouvelles compétences. Ce n’est pas une question de compétence, mais bien de confiance aux élus locaux. Que l’Etat cesse d’intervenir dans des champs de politiques publiques qui ont déjà été décentralisés.
Jean-Luc Moudenc l’a rappelé : les territoires urbains sont prêts à faire plus dans tous les domaines… pour peu qu’ils aient les moyens d’agir (autonomie fiscale, loi de finances spécifiques pour les collectivités, péréquation financière adaptée aux réalités locales…). Ils sont prêts à assumer pleinement des responsabilités que leurs habitants leur assignent de toute façon.
Bien sûr, le fait urbain ne s’organise pas de la même manière selon les territoires. Cela exige de souplesse, de l’adaptation. Mais le Pacte républicain a vocation à s’imposer partout. C’est le sens de la différenciation que la crise prouve chaque jour et que France urbaine appelle de ses vœux : qui mieux que le maire pour décider ce qui est le adapté à la population ?