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Alliance des territoires
Economie des territoires

France urbaine propose des pistes d'amélioration pour la prochaine étape du programme Action Cœur de Ville

16/03/2022

Consultée par l’Agence nationale de la cohésion des territoires, France urbaine fait part de ses observations sur le programme Action Coeur de Ville.

Quinze territoires membres de France urbaine (Alençon, Avignon, Bayonne, Besançon, Bourges, Bourg-en-Bresse, Cherbourg-en-Contentin, Dunkerque, Fort-de-France, Le Creusot, Limoges, Lorient, Pau, Perpignan, Poitiers) sont parties prenantes du programme « Action Cœur de Ville » engagé depuis trois ans pour accompagner la revitalisation des centres-villes des villes et agglomérations de taille moyenne. Consultée par l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires (ANCT), qui coordonne ce programme, France urbaine a pu faire part des observations recueillies auprès de plusieurs de ses adhérents.
 

Les territoires impliqués satisfaits

L’appréciation globale des territoires impliqués dans le programme est positive, autant dans le soutien apporté aux territoires que dans les évolutions de postures du côté des services de l’Etat (Préfets, Directions départementales des territoires…) et de ses opérateurs et partenaires (Action Logement, Banque des Territoires…) que dans la transversalité voulue entre les acteurs et les thématiques. La fédération des acteurs est désormais un acquis, l’action locale a fait de grands pas, les territoires concernés ont pu se doter de projets stratégiques et de gouvernances dynamiques. Les partenariats induits avec d’autres acteurs comme la SNCF, Enedis ou le Conseil national des arts et métiers (CNAM) sont appréciés. Les territoires qui avaient amorcé, en amont d’Action Cœur de Ville, une démarche de reconquête et de transformation de leurs centres-villes (Limoges, Dunkerque, Pau…) ont pu bénéficier à plein du dispositif ; tous insistent sur la nécessité de tenir les actions engagées dans le temps.

France urbaine propose des pistes d'amélioration

Quelques bémols identifiés et des pistes d'amélioration proposées par France urbaine :

  • un manque de limpidité, sur le volet commerce, dans l’articulation avec les projets de l’Opération de Revitalisation du Territoire ;
  • le montage d’une foncière reste un parcours ardu ;
  • les modalités d’investissement de la Banque des Territoires pourraient être assouplies ;
  • Les départements et les régions sont encore éloignés du dispositif ; 
  • l’articulation avec les Contrats de relance et de transition écologique (CRTE) est perfectible 
  • les grandes intercommunalités disposent souvent de l’ingénierie en interne qui leur permet d’aller relativement vite mais ces moyens peuvent être insuffisants sur certains volets, dont le commerce (financement de postes de chefs de projet) ;
  • la multiplication des appels à projets (notamment via France Relance) entraîne une complexité qui va à rebours des objectifs du programme : cette problématique se pose notamment dans les territoires qui voudraient étendre les dynamiques Action Coeur de Ville aux communes périphériques, moins pourvues en ressources internes;
  • la dynamique logement reste la plus difficile à enclencher (logement intermédiaire notamment) et la concurrence des périphéries reste forte pour attirer ménages et jeunes actifs ;
  • ​les effets leviers sur l’investissement privé se font attendre.

Des préconisations pour la prochaine étape du programme

Pour la suite du programme, France urbaine avance plusieurs pistes telles que la mise en exergue des projets liés à la nature en ville, la résorption des îlots de chaleur et la réalisation d’espaces verts. Ces paramètres sont désormais au coeur des enjeux d’attractivité des centralités : les territoires urbains sont lucides sur la décroissance de l’offre commerciale dans les centralités, impactée par la montée en puissance du e-commerce. Pour faire face à cette situation, outre le maintien et la consolidation des outils actuels, le programme Action Coeur de Ville doit mieux intégrer les autres fonctions économiques permettant de revitaliser les centralités (professions libérales, services, tiers-lieux, activités productives…). Le soutien au développement économique doit mieux participer aux prochaines étapes du programme. De même, la question de l’accueil des étudiants revient de façon récurrente, sous l’angle des activités universitaires comme sous celui de la vie étudiante.
 
Plus globalement, la réplicabilité ou l’extension des acquis du programme vers d’autres centres-villes reste et restera d’actualité, notamment dans les territoires les plus fragiles au sein des métropoles et grandes agglomérations, comme les quartiers prioritaitres de la politique de la ville. La critérisation retenue pour la prochaine phase du programme devra, selon France urbaine, appréhender les territoires en fonction des difficultés réelles de leurs centralités et pas seulement sous l’angle de la taille des communes ou intercommunalités concernées.