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Sécurité

France urbaine appelle à conforter l'action de proximité des médiateurs sociaux

23/06/2022

David Marti, co-président de la commission "Sécurité" de ​France urbaine est intervenu lors de la conférence organisée par France Médiation sur les perspectives de la médiation sociale.

Le 21 juin 2022, David Marti, co-président de la commission « Sécurité et prévention » de France Urbaine, Maire du Creusot et président de la communauté urbaine du Creusot-Montceau, est intervenu lors d’un évènement organisé à Paris par l’association France Médiation, suite à la remise le 28 mars dernier du rapport parlementaire relatif à la médiation sociale au Premier ministre par le député Patrick Vignal, député de de l’Hérault.  

Médiation sociale : un rapport convergent avec les propositions de France urbaine

Rédigé après une large consultation des différents réseaux de médiation sociale, de leurs structures membres ainsi que de nombreux élus locaux dont ceux de France urbaine, le rapport « Remettre de l’humain dans les territoires » établit la nécessité de faire connaître le métier de médiateur social, ainsi que des propositions pour accompagner les personnels dans leur professionnalisation, la reconnaissance du secteur et son développement. Ce rapport propose notamment d’établir un cadre éthique qui garantit une intervention professionnelle des médiateurs, d’assurer des parcours professionnels dans ce secteur, d’améliorer le financement de la médiation sociale ou encore de perfectionner l’évaluation des dispositifs de médiation sociale.  
Aux côtés de David Marti, étaient invités à débattre l’Agence nationale de la Cohésion des territoires (ANCT), le Comité Interministériel de la Prévention de la Délinquance (CIPDR), les associations d’élus, les bailleurs sociaux, les membres des différents réseaux de médiation sociale ainsi que les professionnels du secteur.  

La coopération et la co-production, une priorité

Sur la base des conclusions du rapport parlementaire, David Marti est intervenu lors de la deuxième table ronde relative au cadre de coopération de la médiation entre les collectivités territoriales et leurs groupements.  
« La médiation sociale est l’affaire de tous. Les dispositifs qui y sont liés doivent être intégrés dans une approche globale et transversale de la sécurité et de la prévention » a indiqué David Marti. Il convient d’encourager l’interaction des politiques de sécurité et des politiques sociales (rôles éminents de la politique de la ville et des ruralités, de la prévention spécialisée…) dans le cadre de dispositifs cohérents, lisibles et concertés en amont. La superposition des stratégies et des actions décidées au niveau national est également un risque d’inefficacité qu’il convient de relever.   

« Le maire ne peut ni ne doit agir seul au niveau local »

La mise en place de la médiation sociale répond à des besoins sociaux identifiés. Dès lors, pour les élus de France urbaine, l’intercommunalité peut avoir un rôle à jouer notamment selon les spécificités de chaque bassin de vie. « Le maire ne peut ni ne doit agir seul au niveau local » a précisé David Marti.
Par exemple, la politique de prévention de la ville du Creusot se construit dans le cadre d’un réseau de confiance piloté de longue date au sein du Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD) avec l’ensemble des partenaires. Dans cette dynamique, ont été créées et poursuivies au sein du CISPD plus de 11 actions de médiation promouvant la solidarité intercommunale qui se sont avérées particulièrement nécessaire durant les années 2020 et 2021, période particulière du fait de la crise sanitaire.

« L’allier-vers » prend de l’ampleur

De manière générale et comme ont pu témoigner les acteurs de terrain lors des concertations territoriales lors des Assises de la sécurité de France urbaine, les sollicitations sont restées très importantes pour les médiateurs avec une habitude prise de "l’aller vers" pendant le confinement. Cette montée en puissance de leurs missions et de leurs rôles légitimise encore davantage une meilleure reconnaissance à leur égard. Au Creusot, dès le début du premier confinement, « les médiateurs de la ville ont été parmi les premiers professionnels à intervenir sur le terrain, notamment auprès des structures d’aide alimentaire ou en facilitant l’accès aux droits sociaux des habitants » selon David Marti. Ce sont les médiateurs qui ont effectué les suivis des collégiens en difficulté ou en décrochage scolaire face aux effets de la fracture numérique.  

Inscrire la médiation sociale dans le projet de territoire

Lors de la conférence de France médiation, les divers intervenants ont indiqué que la crise a mis en exergue un défaut de régulation et un déficit de pilotage stratégique dans l’organisation des interventions professionnelles de proximité sur les territoires notamment ceux en Quartiers Prioritaires de la Ville. Toutefois, la médiation sociale ne peut se réduire seulement à la politique de la ville.  
Comme l’a rappelé David Marti, « il est parfaitement logique d’inscrire la médiation sociale dans une dynamique locale multithématique, de projet de territoire, en lien avec les stratégies territoriales de la prévention de la délinquance, qui constitue une condition essentielle de son utilité sociale et de son efficacité économique ». Ces projets territoriaux peuvent être une illustration de « l’alliance des territoires » portée par France urbaine depuis sa création. Ils nécessitent un portage politique fort ainsi qu’une transversalité entre les différentes collectivités.  

Prévention de la délinquance : les collectivités s’affirment

Les textes sont peu loquaces sur la compétence « Prévention de la délinquance ». Il s’agit d’un champ d’action peu répertorié et relativement ouvert, que chaque établissement public à fiscalité propre est libre de s’approprier selon ses propres orientations. Néanmoins, la tendance forte de ces dernières années, exacerbée durant la crise sanitaire, a montré le rôle majeur, dans le cadre de leurs nouvelles compétences, des collectivités territoriales et des grandes agglomérations en matière de cohésion sociale et de prévention de la délinquance.
Pour certaines collectivités membres de France urbaine, la politique de médiation sociale et de prévention spécialisée est pilotée par la Métropole, ayant à la fois les compétences politique de la Ville, prévention de la délinquance et prévention spécialisée. Ce pilotage fixe les objectifs, garantit la cohérence des actions menées et permet la mise en place d’actions efficaces. Toutefois, comme évoqué par David Marti, « les élus locaux ne souhaitent pas se voir imposer un modèle unique de gouvernance de la médiation sociale mais plutôt identifier, selon le principe de différenciation territoriale et selon les réalités locales, le chef de file le plus pertinent ».

France urbaine sera vigilante quant aux suites données dans les prochains mois à la proposition de loi visant à reconnaître les métiers de la médiation sociale, déposée à l’Assemblée nationale en novembre dernier. L’action des médiateurs sociaux doit être confortée, en leur assurant une véritable reconnaissance professionnelle et en promouvant la culture de la médiation sociale auprès de l’ensemble des acteurs. Autre enjeu de taille : renforcer en priorité les moyens humains et financiers dans le champ de la prévention.