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Solidarités
Economie des territoires

France Travail : France urbaine appelle à une approche globale des parcours et des politiques de l’emploi

13/10/2022

L’association portera la nécessité d’une approche globale et transversale des parcours et des politiques de l’emploi pour renforcer l’efficacité et la cohérence de dispositifs.

Le comité des parties prenantes relatif à France Travail s'est réuni le 23 septembre dernier. Dix chantiers sont ouverts sur un temps contraint : communication et « aller vers », diagnostic et orientation, accompagnement des personnes, formation, obligations et devoirs, services aux employeurs, services aux conseillers, gouvernance et pilotage, numérique, pilotes territoriaux. De premières contributions écrites sont sollicitées pour la mi-octobre. 

France Travail : de quoi parle-t-on ?

Pour le gouvernement, France Travail est l’un des huit chantiers, avec la réforme de l’assurance-chômage, la réforme des retraites ou les Assises du Travail, qui doivent permettre d’aller vers son objectif de "plein-emploi d’ici à la fin du quinquennat". Le but de la nouvelle structure est d’améliorer à la fois l’accompagnement des entreprises et celui des personnes vers l’emploi. Le calendrier est désormais connu dans les grandes lignes. Durant trois mois, dix groupes de travail devront établir un diagnostic et définir des principes d’action et rendront leurs avis en décembre.

Les personnes les plus éloignés de l'emploi, des publics prioritaires

Début 2023, seront déployées des expérimentations territoriales dans dix bassins d’emploi, sur lesquels seront testées plusieurs évolutions envisagées telles que la mise en activité sur un temps hebdomadaire de 15 à 20 heures des bénéficiaires du RSA sur le modèle des dispositifs actuellement mis en place dans le cadre du Contrat d'Engagement Jeune. Une vingtaine de départements se seraient déjà déclarés volontaires pour expérimenter. Le gouvernement souhaite ensuite lancer officiellement France Travail à la fin de l'année 2023 ou au début de l'année 2024.

Si les jeunes comme les bénéficiaires du RSA apparaissent comme des cibles prioritaires, France Travail a vocation à s'adresser à l'ensemble des publics. Pour autant, les constats opérés par les acteurs de proximité convergent : la baisse du taux de chômage conduit dans de nombreux territoires à mettre l'accent sur les modalités d'insertion des publics les plus éloignés de l'emploi et à se centrer sur l'accompagnement de personnes aux parcours complexes susceptibles de mobiliser un accompagnement pluridisciplinaire et progressif. Le rôle clé de l'accompagnement dans l'emploi est également souligné mettant en jeu au-delà de la formation en amont, une dynamique d'acculturation des entreprises pour accueillir, intégrer et former les personnes en emploi. 

Miser sur les réseaux de coopération déjà noués pour gagner en efficacité

De nombreux modèles de « consortiums locaux » se sont mis en œuvre ces dernières années. France urbaine propose de s'en inspirer : Angers Loire développement, Défis emploi Pays de Brest, Association Territoriale pour le Développement de l'Emploi et des Compétences à Nantes Métropole, Emploi Loire Observatoire sur le territoire stéphanois, ou encore les stratégies très intégrées engagées par Grenoble Alpes Métropole ou la Métropole de Lyon.

Ces dynamiques de coopération s'adossent à des structures juridiques différentes en fonction du territoire (agence de développement, association, groupement d'intérêt public…) mais présentent certaines similitudes dans leur fonctionnement constituant d'utiles point d'appui aux réflexions en cours :

  • Une présence forte de l'acteur métropolitain en financement et en animation ;
  • Un rôle de captation et de réallocation de financements publics parfois éclatés et nécessitant une ingénierie forte, comme le Fonds social européen plus (FSE+) ;
  • Une fonction d'observation partagée et le déploiement d'un continuum allant de l'anticipation des mutations économiques à l'accompagnement des personnes et des entreprises ;
  • Une mobilisation de l'ensemble des compétences en vue de déployer l'aller vers et la levée des freins à l'emploi : logement, mobilité, santé, garde d'enfant, politique de la ville, prévention spécialisée…
  • Une articulation fine avec l'ensemble des acteurs de l'accompagnement et de « l’aller vers (missions locales, pôle emploi, département, centres communaux d'action sociale…) qui s'appuie sur leur mise en réseau en lien avec les Plans locaux pour l'insertion et l'emploi (PLIE) et les maisons de l’emploi mais également des conventionnements et le cas échéant, des délégations, en vue de mobiliser la spécialité de chaque acteur ;
  • La mobilisation des contacts privilégiés noués avec le tissu productif local au bénéfice des politiques d'insertion, via les clauses d'insertion mais également des politiques d'appui dédiées au tissu des très petites, petites et moyennes entreprises et les liens étroits noués avec les acteurs de l'insertion par l'activité économique.
  • Au-delà de l'action métropolitaine, les intercommunalités - et plus largement le bloc communal - jouent un rôle essentiel en tant que financeurs, animateurs et ensemblier à l'échelle du bassin d'emploi au vu des compétences exercées selon des modèles qui s'adaptent étroitement à la structure à la structure du territoire et aux caractéristiques de sa population.
Alors que l’association va contribuer prochainement à la réflexion menée sur France Travail, France urbaine appelle d’ores-et-déjà à la définition d’une approche globale des parcours et des politiques de l’emploi, indispensable pour renforcer l’efficacité et la cohérence de dispositifs mis en œuvre de manière encore trop segmentée.