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Culture

Fête de la Musique : le protocole validé et connu

03/06/2021

Très attendu, le protocole de la Fête de la Musique est désormais public. Une édition « dégradée » et contrainte qui ne permettra vraisemblablement pas de modulations territoriales.

La Cellule interministérielle de crise (CIC), en lien avec le ministère de la Culture, a publié le 3 juin le protocole d’organisation pour l’édition 2021 de la Fête de la Musique. Une édition « dégradée » et contrainte qui ne permettra vraisemblablement pas de modulations territoriales.
 

Les principales informations

 
Très attendu, le protocole de la Fête de la musique a été rendu public et permet désormais aux collectivités locales et organisateurs de pouvoir disposer d’instructions plus formelles concernant la bonne organisation des festivités, le 21 juin prochain.
 
Cette année encore, la Fête de la Musique sera limitée et contrainte. Comme le mentionne le document transmis par le ministère de la Culture, « un de ses principes fondateurs est la spontanéité, ce qui rend l’édition 2021 particulièrement complexe à organiser. Elle devra en effet être adaptée à la situation sanitaire actuelle, afin de préserver la sécurité de toutes et de tous, tout en s’inscrivant dans la démarche de reprise des activités culturelles. »
 
Elle se situera, sous réserve de l’évolution des situations sanitaires locales, dans le cadre de la phase 3 du plan de réouverture. Elle devra ainsi respecter l’ensemble des conditions et mesures sanitaires prévues pour les différents Etablissements Recevant du Public (ERP) en intérieur comme pour les ERP de type PA, à savoir :
- Le couvre-feu sera fixé à 23h ; aucune dérogation ou tolérance n’est prévue le soir de la Fête de la musique ;
- Seule les configurations assises seront autorisées, afin de faciliter la gestion de flux et éviter regroupements et attroupements qui seront encore, à cette époque, interdits (limitation des regroupements sur la voie publique à 10 personnes) ;
- La jauge maximale autorisée pour les ERP en salle ou en plein air correspondra à 65 % de la jauge sécurité incendie, dans la limite de 5.000 personnes spectateurs ;
- Le pass sanitaire sera exigé pour tout ERP accueillant plus de 1.000 spectateurs.
 
Le même document référence ainsi les recommandations du ministère de la Culture « à l’ensemble des communes, des structures culturelles (salles de spectacle, salles de musiques actuelles, opéras, auditoriums, etc.) et des ERP souhaitant participer à cette édition » :
 

  • Organiser des événements uniquement dans des ERP avec un public assis et dans le respect des protocoles en vigueur accompagnés par les guides du ministère, en respectant les plafonds de jauge et les modalités de distanciation fixées par le décret qui sera alors en vigueur. Une attention particulière sera portée aux mesures d’aération et de ventilation des ERP en référence au protocole socle du ministère des Solidarités et de la Santé ;
  • En cas de manifestation en plein air, accueillir le public en configuration assise, en respectant les plafonds de jauge et les modalités de distanciation fixées par le décret qui sera alors en vigueur. Ce qui implique une gestion renforcée et adaptée des flux de population au regard de l'interdiction des rassemblements sur la voie publique (maximum 10 personnes) ;
  • A cet égard, les concerts impromptus des musiciens, notamment amateurs sur la voie publique ne seront pas autorisés afin de ne pas créer de rassemblements ;
  • Comme l’année dernière, les concerts dans les bars et restaurants ne seront pas autorisés dès lors qu’ils sont susceptibles d’engendrer des regroupements sur la voie publique et d’accroître les risques de contamination en intérieur (chant, instrument à vent, consommation en intérieur sans masque, risque de ne pas respecter les gestes barrières dans une ambiance festive etc.). Consigne sera passée aux préfets pour interdire par arrêté préfectoral l’organisation de concerts dans les bars et restaurants dans leur département ou dans certaines parties du département ;
  • Compte tenu des modalités particulières d’organisation de la Fête de la Musique 2021 qui exclut les spectacles dans l’espace public, le pass sanitaire s’appliquera bien pour tout spectacle organisé dans un ERP ou dans un lieu ouvert au public dont la jauge de public dépasse les 1.000 spectateurs ;
  • Une communication nationale en direction du grand public sera opérée par l’Etat et les collectivités territoriales afin de bien faire connaître ces modalités d’organisation de la Fête de la Musique 2021 ; cette communication portera notamment sur les protocoles à respecter via les sites internet des ERP et des communes, de leurs panneaux lumineux et de tout document de communication ;
  • Enfin, les forces de l’ordre, en étroite liaison avec les communes et les polices municipales, seront mobilisées afin de veiller au respect des règles ainsi établies.

Une demande pressante des collectivités locales

France urbaine, aux côtés des autres associations d’élus, a formulé au ministère de la Culture et à la CIC la nécessité de communiquer le plus rapidement possible sur les configurations possibles et permises. En questions notamment : l’occupation de l’espace public et les interrogations relatives aux déambulations et aux regroupements des personnes de plus de 10 personnes en extérieur. Le protocole exprime sa fermeté en l’état et ne semble pas ouvrir la possibilité à des déambulations, quand bien même certaines collectivités avaient exprimé la possibilité de mobiliser des médiateurs pour veiller à empêcher les regroupements.

En lien avec la récente contribution de France urbaine portant sur la « sortie de crise culturelle », et les expressions conjointes de la présidente de France urbaine, maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole, Johanna Rolland, ainsi que des co-présidents de la commission Culture de France urbaine, Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Auvergne Métropole, et François de Mazières, maire de Versailles, président de la CA Versailles Grand Parc, auprès de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot-Narquin, la logique « territorialisée » visant à moduler les configurations en fonction de la situation sanitaire et des indicateurs connexes (taux d’incidence, occupation des lits en réanimation…) n’a pas été retenue, malgré l’intérêt et la responsabilité qu’ont démontré les exécutifs locaux ces derniers mois, en lien avec les services de l’Etat (préfets, ARS…).

Si une communication nationale en direction du grand public partant du cadre fixé est en cours de préparation par le ministère de la Culture, France urbaine a par ailleurs soutenu la mise en place – très attendue – d’un kit de communication et d’information à l’adresse des exécutifs locaux et organisateurs, dont la visée pédagogique sera essentielle pour différencier ce qu’il est possible de faire… et de ne pas faire, ce afin de permettre une Fête de la musique la plus apaisée, et festive.