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Mobilités

Etienne Chaufour : « La mobilité inclusive, un levier de développement des bassins de vie »

26/05/2021

Retrouvez l'interview du directeur des Mobilités de France urbaine, accordée au Laboratoire de la mobilité inclusive.

LMI. Quelle est l’approche de France urbaine en matière de mobilité inclusive ?
 
Etienne Chaufour. La mobilité “partout, pour tous”, comme inscrite dans la loi LOM, est un levier de développement des bassins de vie. Or des millions d’habitants en France dans les territoires retirés et dans les quartiers prioritaires ont encore aujourd’hui des difficultés à se déplacer. La mobilité pour France urbaine est un enjeu fort du quotidien pour le désenclavement des territoires et des quartiers prioritaires pour améliorer l’accès à l’emploi, à la formation, mais aussi à la santé, aux loisirs et aux besoins du quotidien et quel que soit le public. Nous menons des actions en coopération avec les acteurs de la mobilité, mais également les élus locaux pour que la “mobilité partout et pour tous” soit une réalité sur le terrain. Nous gardons un œil attentif sur les initiatives et pas seulement publiques, qui relèvent du privé et notamment des startups. Nous réfléchissons aux moyens de les soutenir, de les faire connaître, mais aussi de voir comment ces innovations peuvent être déployées sur d’autres territoires.
 
Quels sont aujourd’hui, en matière de mobilités, vos constats : grâce à la loi LOM, a-t-on franchi une étape ? L’écosystème encouragé par la loi permet-il de tendre vers plus d’égalité ?
 
EC. Nous constatons sur le terrain que l’offre de mobilité reste encore faible. Ce qui exclut d’autant les publics fragiles ou empêchés, comme les jeunes, les seniors, les personnes à mobilité réduite… Pire encore depuis la crise sanitaire qui a assigné à résidence les publics les défavorisés des semaines durant, sans pouvoir accéder aux soins et plus globalement aux besoins du quotidien. Face à ce constat, notre premier axe majeur d’action n’est pas de développer des lignes ferroviaires à tout va, mais de multiplier des alternatives à l’autosolisme. En matière de mobilité partagée, de nombreuses initiatives peuvent être lancées. Le co-voiturage et l’autopartage par exemple, financés par la collectivité, sont des solutions à favoriser qui permettent de transporter les populations de leur domicile aux lignes de transport ferroviaire. Ces solutions existent autour des métropoles grenobloise et lyonnaise. L’idée étant d’augmenter l’offre de mobilité la plus adaptée possible aux besoins des populations pour mieux desservir les territoires retirés.
Le deuxième enjeu est de rendre le transport ferroviaire plus utile en milieu urbain, mieux adapté à la réalité du quotidien. Nous menons une réflexion de fond avec la SNCF afin de développer des services express métropolitains afin de mieux cadencer les trains sur une partie des itinéraires pour que les petites agglomérations soient mieux desservies.