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Solidarités

Élection présidentielle : France urbaine planche sur ses propositions en matière de solidarités et de lutte contre les inégalités et la pauvreté

20/01/2022

En vue d'alimenter l’adresse de France urbaine à l’attention des candidats, la commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » s’est réunie le 18 janvier 2022.

En vue d'alimenter l’adresse de France urbaine à l’attention des candidats à l'élection présidentielle, les membres de la commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté » de France urbaine se sont réunis le 18 janvier 2022. Cette réunion de travail, animée par Florence Thibaudeau-Rainot, adjointe au Maire du Havre et co-présidente de la commission, a été l'occasion de partager les enjeux et ressentis de chacune et chacun et de mettre en avant des problématiques vécues par les acteurs de proximité que sont les grandes villes, agglomérations et métropoles.

La prévention, parent pauvre des politiques de solidarité ?

Dans un contexte de crise persistante, les élus des grandes villes, agglomérations et métropoles pointent l'afflux de nouveaux publics, dont les jeunes et les travailleurs précaires. Un phénomène de rattrapage est également observé, du fait des ruptures ou retards dans l'accès aux droits durant l'année 2020 qui se conjugue à l'accentuation des difficultés sociales, la complexification des parcours et un déficit d'attractivité de la fonction publique notamment dans le secteur social et médico-social. Aussi, les collectivités se trouvent régulièrement en situation de se centrer sur des politiques curatives et de réparation au détriment des politiques de prévention qui devraient pourtant être au cœur des politiques de solidarité.

Un accompagnement global qui souffre de carences persistantes

Les élus font un constat unanime : les situations sont trop souvent traitées en aval à un moment du parcours des personnes où l'accompagnement est plus complexe et multiforme. Les outils de cet accompagnement font parfois défaut et remettent en cause l'efficacité des politiques d'insertion : manque de logements pour stabiliser certaines situations en dépit des démarches engagées autour de la stratégie Logement d'abord, accès insuffisant à une prise en charge sanitaire en particulier sur le champ de la santé mentale. Les défauts d'une dématérialisation manquée des démarches sont également pointés. Les acteurs territoriaux peinent à garantir seuls l'ouverture des droits face à un phénomène de déport généré par la fermeture partielle ou totale des guichets physiques sur certains territoires (Caisse d’allocations familiales, Pôle emploi, caisses de retraite…) que ne parvient pas à compenser à ce jour le déploiement des espaces France services.

Innovation, design, approche coopérative : un discours à faire atterrir, au profit d'une dématérialisation mature

Devant faire face à un contexte complexe, les territoires se veulent porteurs de solutions. Ils plaident pour des institutions facilitantes et proches du terrain et formulent des propositions :

  • mettre un terme à l'enchaînement de programmes nationaux qui, faute d'adaptation territoriale et de vision de long terme, ne permettent pas l'élaboration d'une politique publique globale et adaptée à chaque territoire ;
  • renforcer l'animation territoriale des dispositifs ;
  • déconcentrer les crédits ;
  • faciliter la fongibilité des moyens ;
  • penser au niveau territorial avec l'ensemble des acteurs de l'accès aux droits de véritables logiques de parcours lisibles, opérationnelles et concertées.

 
Il s'agit ainsi de faire atterrir les discours valorisant l'innovation, le design et l'approche usager et de garantir son impact réel sur le vécu des personnes et des professionnels. La multiplication des comités de pilotage, la juxtaposition des dispositifs de coordination (service public de l'insertion et de l'emploi, cités pour l'emploi, cités éducatives, contrat d'engagement des jeunes…), le foisonnement des appels à projet et l'élaboration d'applications et plateformes dans des domaines de plus en plus nombreux traduisent un certain volontarisme mais sont également reflet d'une méthode d'intervention insuffisamment coopérative, transversale et territorialisée.
Le dilemme entre l'action verticale, descendante, uniforme visant la standardisation et une action plus différenciée dans un paysage multi-acteurs et multi-canal visant l'adaptation aux besoins singuliers de chaque territoire n'est pas pleinement résolu, comme le pointe le récent rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) évaluant les conventions d’appui à la lutte contre la pauvreté et l’accès à l’emploi.

France urbaine prône des solutions différenciées

Les expériences positives sont nombreuses à tous les niveaux : les rendez-vous du droit au sein des Caisses d’allocations familiales (CAF), pour lesquels il est demandé de conserver la possibilité d’entretiens en présentiel, l'élaboration en Bretagne d'une démarche visant à mesurer l'accès aux droits dans un contexte de dématérialisation, la mise en place de démarches de repérage des risques de décrochage scolaire en lien avec le ministère de l’Education nationale au sein de Centres intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance…
Si ces expérimentations peuvent être reprises et mises en œuvre sur d’autres territoires, France urbaine défend également la mise en œuvre de solutions différenciées et localisées, les ressources et enjeux de chaque territoire nécessitant une approche ciblée. Aussi, l'objectif d'une expérimentation n'est pas nécessairement prioritairement l'essaimage et la généralisation mais de garantir, en premier lieu, la réponse aux besoins des publics d'un territoire donné.
 
Pleinement engagée sur ces enjeux de solidarités, France urbaine adressera le projet de contribution sur ce thème à l'ensemble des membres de la commission « Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté », qui pourront ainsi faire remonter leurs propositions et valoriser ce qui a pu être mis en oeuvre sur leurs territoires respectifs. La prochaine réunion de la commission aura lieu le 9 février prochain, de 14h à 17h pour examiner la version définitive de la contribution et dessiner également sa feuille de route pour l'année 2022.