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Solidarités
Santé

Covid-19 : les grandes villes en première ligne pour aider les plus précaires

19/03/2020

Les membres de France urbaine renforcent leurs politiques de solidarité à l’endroit des personnes les plus vulnérables et s’organisent en lien avec l’Etat et les associations.
 

Le président de la République a annoncé, le 16 mars 2020, de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19 et a insisté sur le fait que « pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés. ». En ce sens, les grandes villes, intercommunalités et métropoles ont toutes rappelé la nécessité de resserrer les filets de solidarité en confortant les programmes des CCAS ou CIAS et en ayant une politique particulière d’accompagnement, d’hébergement et d’assistance aux personnes sans-abris et populations migrantes.
 
La trêve hivernale prolongée

Afin d’anticiper et éviter des remises à la rue dans le contexte sanitaire actuel, la trêve hivernale a été repoussée de deux mois et ce, jusqu’au 31 mai. Ainsi, 14 000 places exceptionnelles ouvertes cet hiver resteront ouvertes deux mois supplémentaires et aucune expulsion locative ne sera effectuée jusqu’à cette date.
Les structures d’hébergement doivent rester ouvertes afin de pouvoir continuer à héberger les personnes en situation de détresse. 157 000 personnes sont actuellement hébergées dans des centres. Ces structures ne sont ainsi pas concernées par la décision de fermeture des lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays.
 
Centres d’hébergement spécialisés pour les malades non graves du Covid-19 : deux prochaines ouvertures à Paris, en attendant une extension nationale

Comme pour l’ensemble de la population, les personnes hébergées présentant des symptômes ou étant malades mais ne relevant pas d’une hospitalisation (pour mémoire, 80% des malades sont atteints de formes non sévères) doivent pouvoir être au maximum confinées. Autant que possible, elles seront prises en charge dans les structures d’hébergement elles-mêmes (chambres individuelles, possibilités d’isolement d’une partie du bâtiment). Cela ne sera cependant pas toujours réalisable du fait de l’absence de possibilité d’isolement dans certaines structures ou s’agissant de personnes à la rue. Aussi, des centres d’hébergement spécialisés pour malades non graves sont en cours de mise en place par les préfectures en lien avec les Agences régionales de santé (ARS).
Les deux premiers centres dits de « desserrements » ouvriront à Paris dans les prochains jours, pour un total de 150 places, dont le premier le 20 mars et ce déploiement va s’accélérer dans le reste du territoire dans les jours suivants. Les autorités prévoient d’établir un centre de desserrement par région, voire plus dans les régions les plus étendues. Ainsi, plus de 80 sites ont été pré-identifiés dans toute la France par les préfets, pour un total de 2 875 places et font l’objet d’une analyse approfondie, en lien avec la direction générale de la cohésion sociale (DGCS). L’accès à ces centres se fera sur avis médical. Les ARS mettront en place les mesures permettant une mobilisation adéquate des médecins, du personnel médical et de la réserve sanitaire pour assurer ces orientations et les éventuelles mesures de dépistage.
 
Rennes met en place un plan d’urgence pour les plus démunis

Dans cette période exceptionnelle de confinement de la population, une attention particulière est portée par les collectivités aux personnes les plus fragiles, notamment les personnes sans abri. Dans le cadre du plan de continuité de la Ville de Rennes et pour assurer une aide alimentaire à ceux qui en ont le plus besoin, la distribution quotidienne de repas a été maintenue au restaurant social Leperdit, pour une centaine de bénéficiaires. Le service restauration de la Ville continue à être mobilisé pour la fabrication de ces repas, dont une part importante est par ailleurs destinée aux personnes âgées accueillies dans les Ehpad.
Un dispositif de distribution de repas directement sur les lieux d'hébergement d'urgence est actuellement en cours de déploiement, en lien étroit avec les associations de solidarité.
Pour les secours financiers d'urgence aux personnes les plus démunies, le Centre communal d'action sociale (CCAS) reste accessible. L'élection de domicile auprès de la Croix-Rouge est maintenue deux matinées par semaine.
La distribution de kits hygiéniques en plusieurs points de la ville est également assurée avec les associations partenaires, de même que sont mis en place de nouveaux accès à des laveries.
Ces derniers jours enfin, à l'approche de la crise sanitaire et en prévision des mesures de confinement, les familles migrantes hébergées dans les centres collectifs d'accueil de la Ville de Rennes ont été orientées vers des solutions d'hébergement alternatives, notamment hôtelières, leur garantissant des conditions sanitaires conformes aux consignes nationales de prévention.
 
Nantes renforce son aide au tissu associatif local
 
Pour garantir l’aide alimentaire, la Ville de Nantes vient en aide aux associations engagées sur le terrain en déployant des lieux de distribution supplémentaires. En complément, des colis alimentaires sont proposés.
Un dispositif exceptionnel de l’aide alimentaire sur le territoire nantais a été décidé, coordonné par la Ville et le SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation) en s’appuyant sur le réseau d’acteurs.
Concrètement, la Ville de Nantes vient en aide à plusieurs associations engagées sur le terrain, en plus des dispositifs actuellement en fonctionnement.
Plusieurs points de distribution seront ainsi répartis dans la ville, grâce aux acteurs et lieux associatifs. La Ville de Nantes et Nantes Métropole garantissent par ailleurs un soutien humain puisqu’elles ont mis en place un appel aux agents volontaires. Au 18 mars, plus de 200 agents ont répondu à l’appel et viendront renforcer les dispositifs afin, notamment, de garantir l’aide alimentaire.
 
Toulouse, en lien avec l’Etat accueille et suit sur le plan médical les personnes sans-abris
 
Les sans-abris, dans ce contexte de confinement, se retrouvent encore plus en difficulté. En lien avec les services de l’Etat, la Mairie de Toulouse les accueille chaque soir. Dans la continuité de la lutte contre la maladie, chaque personne, dès ce soir, se verra mesurer sa température. Si celle-ci est anormale, la personne sera mise à l’écart dans un dispensaire prévu à cet effet pour limiter le risque de contagion.

Les solidarités sont au cœur du pacte républicain que les élus de France urbaine font vivre au quotidien, au plus près du terrain. Tous les maires des grandes villes et présidents de communautés et métropoles se mobilisent pour qu’à la crise sanitaire actuelle, ne s’ajoute pas une crise sociale et humanitaire pour les personnes les plus fragiles et précaires. Une réunion organisée en visioconférence avec les Directeurs généraux des services et techniciens chargés des solidarités est organisée le 23 mars 2020 afin d'échanger sur les stratégies et dispositifs mis en œuvre sur vos territoires respectifs, en matière d’organisation des solidarités et de l’action sociale, pendant cette période de crise (prise en charge des plus démunis et des sans-abris, hébergement d’urgence, solidarités de proximité, action sociale…). Ce temps d’échange permettra d’échanger autour des pratiques mises en place, mais également de faire remonter des points d’interrogations, questionnements, besoins d’éclairage que France urbaine pourra faire remonter à ses interlocuteurs du Gouvernement et administrations concernées.