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Solidarités

Contrat d'Engagement Jeune : des avancées sous conditions

18/11/2021

France urbaine souligne l'apport du nouveau dispositif. Mais sa mise en œuvre appelle une gouvernance des politiques d’insertion et d’emploi plus fluide et en proximité des territoires.

Le Comité « Contrat d'Engagement Jeune » s'est réuni le 8 novembre 2021 suivi le 9 novembre du comité de pilotage national du service public de l'insertion et de l'emploi. La territorialisation, l'aller vers, la levée des freins périphériques et l'approfondissement du lien aux entreprises ont été évoqués comme clés du succès des dispositifs.
 
Le comité Contrat d'engagement présidé par la ministre Elisabeth Borne s'est tenu en présence d’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l'Insertion et Sarah El Haïry, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement. Il réunissait l'ensemble des partenaires associés à la mise en place du nouveau dispositif prévu pour le 1er mars 2022.

Les contours du dispositif présentés 

Lors de cette réunion, le Gouvernement a présenté les contours du dispositif et a identifié certaines conditions de son succès telles que le renforcement de l'"aller vers", la mise en place d'un "parcours sans couture", la territorialisation ou encore, les nouveaux outils numériques à disposition des jeunes. Le volet « mise en œuvre territorialisée des dispositifs » devrait être un objet de travail et les collectivités devraient être notamment attendues sur le repérage, l'aller vers et la levée des freins périphériques. Une réunion mensuelle de ce comité de pilotage a été annoncée.
 
Le volume de 400 000 bénéficiaires est avancé comme première cible. Ce dispositif vise les jeunes éloignés de l'emploi mais pourrait également s’ouvrir aux jeunes travailleurs précaires sous condition de revenu inférieur à 500 € ainsi qu’aux décrocheurs du secondaire. Des dispositions complémentaires devraient être précisées sur le volet logement visant des facilités d'accès au logement social, aux foyers jeunes travailleurs, la mise en place de référents jeunes au sein des services intégrés d'accueil et d'orientation (SIAO).

Les conditions d’un succès

Les participants ont souligné l'apport du nouveau dispositif par rapport aux mesures actuellement mises en œuvre tout en regrettant pour partie l’absence d’une refonte plus globale des dispositifs de soutien aux jeunes L’association des grandes villes, agglomérations et métropoles rappelle que sa mise en oeuvre appellera nécessairement une réflexion plus large s’ouvrant à l’ensemble des publics jeunes et à toute la chaîne d’acteurs de la prévention à l’accompagnement.
 
Certaines conditions de succès du Contrat d’Engagement Jeune ont été avancées :

  1. Donner de la souplesse à la durée du contrat afin de tenir compte de publics au parcours instable ;
  2. Prendre en compte l’indexation du montant sur le coût de la vie ;
  3. Simplifier la mise en oeuvre et garantir le maintien des droits connexes en sortie de dispositif ;
  4. Porter une attention particulière à la coordination des partenaires et des dispositifs ; 
  5. Penser la territorialisation des dispositifs, dans la conception – via des appels à projet adaptés à chaque territoire -, le financement – via des crédits déconcentrés - et l’évaluation – via une évaluation au niveau local.

Le recrutement au cœur des préoccupations

A l'occasion du comité de pilotage national Service public de l'insertion et de l'emploi réuni le 9 novembre dernier, en présence des ministres Elisabeth Borne et Brigitte Klinkert, les difficultés de recrutement ont été affichées comme un objet de préoccupation majeur, invitant à repenser les parcours en entreprise.
 
Différents exemples de projets intégrés dans le cadre du Service public de l’insertion et de l’emploi (SPIE) ont été présentés, à l’image de l'initiative de la Seine Saint Denis de s'adosser à ce dispositif pour structurer une chaîne cohérente d'acteurs au sein de la filière « Bâtiment et travaux publics ». L'approche mise en place permet notamment de favoriser le rapprochement entre les acteurs de l'entreprise et les professionnels du travail social dans une logique de compréhension réciproque des besoins. Le projet du conseil départemental du Nord met, quant à lui, en avant une démarche d'accompagnement intégré de l'insertion par l'activité économique vers le secteur économique traditionnel. De manière générale, la démarche de Service public de l’insertion et de l’emploi favoriserait a minima, par un renforcement de l'interconnaissance au niveau local, une meilleure efficacité des politiques d'insertion parfois conduites en silos.
 
Certains acteurs soulignent la nécessité de tirer profit des dynamiques de coopération existantes, au niveau par exemple des Plans locaux pluriannuels pour l’insertion et l’emploi (PLIE), et de ne pas nécessairement penser un Service public de l’insertion et de l’emploi qui aurait vocation à s'y substituer ou à doublonner les dispositifs. Enfin, les travaux en cours relatifs aux nouveaux outils numériques ont été présentés, à l’image de la cartographie de l'offre sur les territoires. L'analyse des démarches multiples de mise en œuvre d'annuaires ont conduit à cibler l'intervention de l'Etat sur l'élaboration d'un référentiel unique susceptible d'être transmis aux acteurs locaux et favorisant l'interopérabilité. Autant d’éléments qui plaident pour une gouvernance des politiques d’insertion et d’emploi plus fluide et en proximité des territoires, mettant les publics et leur accompagnement sur mesure au cœur des objectifs partagés par les acteurs.