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Santé
Finances et Fiscalité

Campagne vaccinale : une accélération qui ne pourra se faire sans un fort soutien financier de l’Etat

11/03/2021

Une première phase d’accélération a débuté dès le week-end du 6 mars 2021, avec pour objectif d’utiliser notamment les stocks d’AstraZeneca disponibles.

Avec l’arrivée plus massive de doses vaccinales d’ici le mois d’avril, principalement portée par l’amplification des livraisons de Pfizer et de Moderna, les centres de vaccination sont appelés à monter en capacité pour faire face à l’accélération de la campagne.

Une mobilisation exceptionnelle, synonyme d’efforts d’ampleur pour les territoires et qui devra faire l’objet d’un réel soutien financier de l’Etat, en particulier des ARS.

Accélération de la campagne vaccinale : trois modalités annoncées de montée en charge

Afin d’être en mesure d’écouler massivement les doses disponibles, le Ministère de la Santé a identifié trois axes de montée en charge des centres de vaccination :
 

  • L’augmentation du nombre de centres : il existe aujourd’hui 1400 centres. Dans le cadre de l’accélération de la campagne vaccinale, ce chiffre pourrait évoluer à la hausse et atteindre une cible évoquée de 2000 centres sur le territoire national ;
  • L’augmentation de l’amplitude horaire : certains centres ouvrent déjà le samedi. Les ouvertures pourraient ainsi être généralisées les week-ends. Cela pose des questions majeures en matière de disponibilité des ressources humaines. Nombre d’agents territoriaux contribuent, sur la base du volontariat, au bon fonctionnement des centres. Après plusieurs mois d’engagement, la question de la mobilisation des ressources humaines le week-end est donc posée, tant en termes de fatigue accumulée que de coût financier induit ;
  • Vers des « vaccinodromes » : pour accompagner la montée en charge et écouler des stocks massifs de doses, le Ministère prévoit la mise en place de centres plus gros et plus industrialisés, permettant d’augmenter fortement le nombre de vaccinations hebdomadaires. Les territoires urbains s’étaient déjà montrés disponibles et forces de proposition pour identifier des sites mobilisables mais se pose désormais la question de leur financement.
     

Un effort de longue haleine à prévoir

Les territoires urbains sont pleinement investis dans la campagne vaccinale. Ils ont mis à disposition des locaux, mobilisé des personnels, géré souvent les prises de rendez-vous et la coordination de la ressource médicale. Or la mobilisation exceptionnelle des centres de vaccination est prévue pour durer, a minima sur plusieurs mois et jusqu’à la fin de l’été.

La nécessité d’un soutien financier à la hauteur de l’engagement des centres de vaccination

Depuis plusieurs mois, France urbaine alerte le Gouvernement sur la nécessité d’un accompagnement financier à la hauteur de la mobilisation des centres de vaccination, dont beaucoup sont gérés par des communes ou intercommunalités.

De premières réponses ont pu être apportées, mais qui restent à ce stade peu précises ou trop peu ambitieuses au vu de l’enjeu de santé publique que constitue la vaccination et du rôle déterminant des territoires dans un contexte de difficultés financières sévères :
 

  • La prorogation de la circulaire « étalement des charges » ne permet qu’un lissage dans le temps, et non une compensation, des coûts générés par les centres de vaccination ;
  • La mobilisation du Fonds d’intervention régional (FIR) des Agences Régionales de Santé : un premier geste a été fait avec l’annonce par le Ministère de la santé d’une mobilisation du FIR en soutien des centres de vaccination. Pour autant, le périmètre des dépenses éligibles reste flou, tout comme la procédure de recours aux fonds. Enfin, le forfait indicatif estimé pour un centre de vaccination est largement en-deçà des coûts réels constatés par les territoires.
     

Des messages portés par France urbaine auprès du Gouvernement

Les territoires urbains se réjouissent de l’accélération de la campagne vaccinale, qui constitue pour nos concitoyens le principal espoir de sortie de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, sociales et psychologiques.

Pour autant, les territoires ne peuvent porter seuls les efforts liés à la montée en charge vaccinale, et demandent un véritable accompagnement financier de l’Etat dans cette mobilisation collective pour notre santé publique. D’autant que, le moment venu, lors de la réouverture des équipements culturels et sportifs, les personnels du bloc local actuellement mobilisés sur les centres de vaccination devront être redéployés vers les activités récréatives, sportives et culturelles habituelles.

Tels sont les messages que portent et continueront de porter auprès du Gouvernement les co-présidents de la Commission Santé de France urbaine, Grégory Doucet, Maire de Lyon, et Emile-Roger Lombertie, Maire de Limoges, dans le cadre du comité des élus pour la vaccination, présidé par le Ministre de la Santé Olivier Véran qui sera à nouveau réuni le 16 mars prochain.