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Bruno Le Maire : « Je compte sur les élus de France urbaine pour la relance »

16/02/2021

Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, a accordé un entretien à France urbaine HEBDO.

Les présidents de métropoles, grandes agglomérations et maires de grandes villes se mobilisent depuis le début de la crise sanitaire pour soutenir les acteurs économiques, notamment les TMPE mais aussi sociaux, sportifs et culturels de leurs territoires. Quel regard portez-vous sur leur action et leurs initiatives ?
 
Un regard très positif. Les élus locaux sont pleinement mobilisés depuis le début de la crise sanitaire. Ils sont confrontés au quotidien aux difficultés économiques et sociales. Par l’importance du tissu économique concentré dans les métropoles et grandes villes, leur action et leurs remontées de terrain ont été essentielles pour soutenir les entreprises, en complément des mesures nationales.
 

« L’action et les remontées de terrain des élus urbains ont été essentielles pour soutenir les entreprises » Bruno Le Maire

Pour que les politiques publiques soient efficaces, celles-ci doivent mises en œuvre avec et par les élus locaux. Quand et comment comptez-vous impliquer les territoires urbains dans le Plan de relance ?
 
Les élus et les collectivités locales ont en effet un rôle déterminant dans la réussite de la relance. D’une part, en tant que porteurs de projets et beaucoup de mesures de France Relance sont destinées aux collectivités pour accompagner leur investissement, leur transformation numérique, environnementale et économique. D’autre part, les élus jouent un rôle important dans la reprise économique compte tenu de la part des communes dans la commande publique. Enfin, les élus peuvent contribuer à la relance en diffusant les informations auprès de leurs administrés (particuliers, entreprises) sur les mesures de France Relance.
C’est pour cela que dès l’annonce du plan de relance, nous avons fait de la territorialisation du plan de relance une priorité. Avec Jacqueline Gourault, nous avons rendu disponible dès décembre dernier un guide des mesures de relance, destinés aux maires et président d‘EPCI. Pour chacune des mesures de France Relance destinées aux collectivités, les informations pratiques (démarches, calendrier, lien utile) y sont mentionnées. Ceci complète, avec le site planderelance.gouv.fr et le calendrier des appels à projets, les outils visant à faciliter la lisibilité et l’accessibilité des mesures de relance pour les élus et leurs services. Par ailleurs, les maires doivent être associés au suivi et à l’animation de la relance par les préfets, et sous-préfets à la relance ou d‘arrondissement. A ce titre, les élus participent aux comités de suivi régional et départemental de la relance et des échanges réguliers doivent avoir lieu entre les élus et les préfets.
 

« Les maires doivent être associés au suivi et à l’animation de la relance par les préfets, et sous-préfets à la relance ou d‘arrondissement. » Bruno Le Maire

Les territoires urbains sont ainsi pleinement impliqués dans la mise en œuvre du plan de relance. Les aides à la mobilité durable, la rénovation de logements sociaux, la rénovation de foncières de commerces, la digitalisation des commerces, les mesures à destination des particuliers limitant la pollution urbaine (verdissement du parc automobile, rénovation énergétique des logements) sont autant de mesures contribuant à la relance des territoires urbains. Je salue d’ailleurs la mobilisation du réseau d’élus de France urbaine pour la relance et je compte sur eux pour la suite.
 
France urbaine va prochainement lancer un groupe de travail pour proposer des solutions pérennes et différenciées selon les territoires pour lutter contre la précarité des jeunes. Quelles sont, selon vous, les réponses qui peuvent leur être apportées ?
 
Le risque de précarité des étudiants et des jeunes actifs est une préoccupation majeure du gouvernement. Les jeunes actifs et les étudiants sont parmi les plus touchés par la crise économique. La disparition des petits boulots, le non-renouvellement de CDD ou de missions d’intérim, la difficulté à trouver des stages puis un premier emploi les touchent en premier lieu. C’est pourquoi nous avons agi rapidement et massivement pour démentir ceux qui annonçaient une génération sacrifiée. Nous avons aussi apporté des aides financières spécifiques aux jeunes et étudiants précaires en juin puis en novembre, ainsi qu’aux jeunes diplômés en recherche d’emploi. Les étudiants peuvent aussi bénéficier de deux repas par jour à un euro.
Pour offrir des perspectives aux jeunes dont l’insertion professionnelle en temps de crise est un défi, le plan « 1 jeune 1 solution » porté par Elisabeth Borne, a été déployé et porte déjà ses fruits. Il y a eu autant d’embauches de moins de 26 ans à l’automne 2020 (plus d’un million) que les années précédentes. Le nombre de contrats d’apprentissage signés a augmenté de 35 % par rapport à 2019. Le nombre de places en Garantie jeunes a été doublé de 100 000 en 2020 à 200 000 en 2021, ce qui permet de proposer un accompagnement renforcé vers l’emploi et une allocation aux jeunes en difficulté. 100 000 parcours personnalisés et formations qualifiantes ont été ouverts pour les décrocheurs scolaires. C’est dans chaque territoire par la mobilisation de tous les acteurs que nous réussirons à lutter contre la précarité des jeunes, en repérant les jeunes « invisibles », à construire des solutions d’insertion et de réussite et à investir dans les qualifications en adéquation avec les besoins de chaque bassin d’emploi. 
 

« C’est dans chaque territoire par la mobilisation de tous les acteurs que nous réussirons à lutter contre la précarité des jeunes. »
Bruno Le Maire

crédit photo : Ministère de l'Economie, des Finances et de la Relance