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Transition écologique

Avenir d’EDF : France urbaine demande à être autour de la table

19/05/2022

Au Conseil national de l’énergie, Audrey Linkenheld a demandé l'association de France urbaine aux discussions concernant l’avenir d’EDF et de sa filiale de distribution d’électricité.

Le 17 mai 2022, s’est tenu le Conseil national de l’énergie, manifestation organisée par les comités sociaux et économiques centraux d’EDF et d’Enedis afin de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés en faveur d’une maîtrise publique du secteur de l’énergie et contre un éventuel démantèlement d’EDF. Audrey Linkenheld, première adjointe à la Maire de Lille, Vice-présidente de la Métropole européenne de Lille et vice-présidente de la commission « Transition écologique » de France urbaine y a représenté l’association.

L’énergie, un bien commun à préserver

Alors que l’énergie est un bien indispensable à la plupart des activités humaines et que ses prix ont connu, et ce, bien avant le début du conflit en Ukraine, une hausse considérable, les comités sociaux et économiques centraux d’EDF et d’Enedis ont souhaité organiser cet évènement dont la dénomination fait explicitement référence au Conseil national de la résistance. Ils souhaitent en effet alerter les pouvoirs publics sur le lien entre hausse des coûts de l’énergie et privatisation du secteur.
Le Conseil national de l’énergie (CNE) a ainsi rassemblé tous les acteurs concernés : représentants des consommateurs, collectivités territoriales, think tanks et bailleurs sociaux, autour de l’idée que l’énergie, par son caractère éminemment stratégique et en tant que bien de première nécessité, doit être considérée comme un bien commun à préserver et doit être placée sous le contrôle de la puissance publique.
A travers deux tables rondes, respectivement intitulées « Hausse des prix, processus de privatisation, indépendance énergétique : l’heure des choix » et « Service public, mix de production d’électricité, transition écologique : quelles solutions pour un avenir durable ? », le CNE a mis en débat des propositions sur la politique énergétique française afin, d’une part, de garantir des prix maîtrisés et accessibles, et, d’autre part, de retrouver l’indépendance énergétique de la France et, enfin, de relever le défi du changement climatique, le tout dans le cadre d’un service public de qualité.

Maintenir un service public de l’énergie

Participante à la seconde table ronde, Audrey Linkenheld a rappelé en quoi France urbaine était à la fois concernée par le propos du CNE et en phase avec le maintien d’un service public de l’énergie qui bénéficie au plus grand nombre tout en s’inscrivant dans la démarche nécessaire de transition écologique. En effet, les collectivités locales sont les propriétaires des réseaux d’électricité et France urbaine est considérée, notamment depuis la loi MAPTAM qui a conféré aux métropoles et communautés urbaines la compétence d’Autorités organisatrices de la distribution publique d’électricité (AODE), comme une des deux associations représentatives des AODE, avec la Fédération nationale des collectivités concédantes et des régies (FNCCR).
France urbaine est, à ce titre, un partenaire privilégié d’Enedis et a ainsi été amenée à négocier, puis à signer fin 2017 un accord national concernant le cadre contractuel des concessions publiques de distribution d’électricité qui sont signées entre l’opérateur national et chaque AODE.

Avenir d’EDF : France urbaine demande à être autour de la table

Revenant sur le projet Hercule de restructuration d’EDF, abandonné depuis, Audrey Linkenheld a expliqué pourquoi France urbaine avait exprimé son inquiétude, dans un communiqué de presse du 29 janvier 2021, sur ce projet et demandé à être associée aux discussions concernant l’avenir du groupe.
France urbaine s’était ainsi interrogée sur les répercussions du projet d’ouverture du capital de la filiale d’EDF dédiée à la distribution (EDF Vert) à hauteur de 35 % quant au maintien du niveau des investissements sur le réseau et sur la qualité de la desserte sur l’ensemble du territoire. Elle posait également la question de la place qui serait faite aux autorités locales qui exercent un contrôle indispensable sur l’activité de l’opérateur national. Elle avait également exprimé la crainte que des logiques financières prennent le pas sur celle d’intérêt général qui doit présider à une activité aussi essentielle que l’alimentation en électricité de nos territoires dans un contexte où plus que jamais, s’affirme la nécessité d’une transition à la fois écologique et sociale.
Elle terminait son communiqué par la phrase suivante qui apparaît prémonitoire, près d’un an et demi après, à la lumière du contexte que nous connaissons actuellement : « qu’en sera-t-il ainsi de l’impérative maîtrise des consommations et du coût de l’électricité qui a déjà connu une augmentation de 50 % sur les dix dernières années, plongeant un nombre croissant de nos concitoyens dans la précarité énergétique ? »
L’abandon du projet Hercule ne rend pas pour autant ces préoccupations moins actuelles, au contraire. La précarité énergétique est une réalité qui concerne déjà près de 12 millions de Françaises et de Français. C’est pourquoi Audrey Linkenheld a exprimé, au nom de France urbaine, la demande d’être associée, en tant qu’organisation représentative des AODE aux discussions concernant l’avenir d’EDF et de sa filiale de distribution d’électricité. Elle réaffirmera à cette occasion son attachement au service public de l’énergie et à l’affirmation de l’énergie comme un bien commun devant bénéficier au plus grand nombre.

Définir les conditions d’une transition juste

Ce positionnement s’inscrit en parfaite cohérence avec la préoccupation majeure, récemment réaffirmée par les élus membres du bureau de France urbaine, de définir les conditions d’une transition juste, soit une transition écologique qui ne laisse pas de côté les personnes les plus fragiles. La transition écologique doit aussi être sociale et c’est la condition nécessaire de son acceptation par la population.
Abordant la question de la lutte contre le changement climatique, Audrey Linkenheld a conclu son intervention en soulignant la nécessité, ainsi que le propose la plateforme de propositions de France urbaine élaborée en vue de ce nouveau quinquennat, de pousser davantage la sobriété des usages, notamment en matière de maîtrise de la demande en énergie. Démarche qui ne peut être envisagée que par un service public dénué d’une approche strictement marchande.