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Sport

Aux côtés des fédérations et de l’Etat, France urbaine prépare la relance du sport

25/02/2021

Tenue de la Commission « Sport », audition parlementaire, publication d’une contribution… France urbaine est particulièrement active sur les enjeux du sport en ce début d’année.

La commission « Sport » de France urbaine s’est réunie le 19 février 2021, forte de la présence de présidents de fédérations et du ministère des Sports, tandis qu’une audition parlementaire dédiée à la PPL visant à démocratiser le sport en France s’est tenue le 24 février dernier. France urbaine a par ailleurs dévoilé sa contribution dédiée au sport dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).
 

Commission « Sport » : les fédérations parties prenantes
 
La commission Sport de France urbaine, co-présidée par Roselyne Bienvenu, adjointe au Maire d'Angers, vice-présidente d'Angers Loire Métropole et Wilfried Schwartz, président de Tours Métropole Val de Loire, a permis le 19 février dernier de revenir sur les différentes actualités sportives.
Sans réelle visibilité sur le calendrier de reprise des activités physiques et sportives, dans un contexte sportif toujours aussi symboliquement et financièrement impacté par la mise en veille des clubs et des compétitions sportives, l’ordre du jour de la commission « Sport » a permis de balayer certains points dédiés à la relance et à la place structurelle du sport.
 Parmi eux, les Conférences régionales du sport (CRS), d’ores et déjà installées ou en cours d’installation. Pour mémoire, les CRS constituent l’enveloppe territorialisée de la nouvelle gouvernance du sport. Mises en place sur chaque périmètre régional administratif, elles mobilisent – sur le même modèle que l’Agence nationale du sport – l’Etat, les collectivités territoriales, le mouvement sportif et le monde économique. En leur sein, un nombre sièges prédéfini par un décret revient aux collectivités territoriales, dont les CU et métropoles compétentes en matière de sport qui dispose chacune d’un siège de droit.
 
La présence des présidents des fédérations de Basket-Ball et d’athlétisme, Jean-Pierre Siutat et André Giraud, ont permis d’échanger sur la définition des projets sportifs territoriaux (PST) et projets sportifs fédéraux (PSF), travail qui incombe aux Conférences régionales du sport. Cette convergence des formes paraît primordiale dans le lien à consolider entre fédérations et collectivités locales en matière de politiques sportives dédiées à un projet de territoire. De forts enjeux communs ont été identifiés dans le cadre d’une feuille de route partagée, à l’instar des politiques d’urbanisme adaptées au développement de la pratique physique et sportive, ou encore du sport dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Eric Journaux, directeur de cabinet de la ministre déléguée aux sports, Roxana Maracineanu, est également intervenu afin de brosser un point d’actualité sanitaire, en lien avec le point hebdomadaire auquel France urbaine participe avec les acteurs du sport sur le suivi de la crise sanitaire et des mesures dédiées. France urbaine a renouvelé le volontarisme qui était le sien dans les perspectives de travail et temps forts à venir : l’expérimentation des jauges dans les grands équipements sportifs ou encore l’élaboration du plan de communication pour la relance de l’activité physique et sportive.
 
Actions et offres sportives dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : France urbaine publie sa contribution
 
France urbaine publie, dans une contribution, un état des lieux et des recommandations dédiés à l’offre et l’intervention sportives au profit des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), fruit d’une enquête menée auprès des grandes villes, grandes agglomérations et métropoles. Cette contribution s’ancre dans une actualité fortement dédiée à la politique de la ville, en lien avec le Comité interministériel des villes (CIV) ou encore le Conseil national des solutions par le sport.
A l’aune des retours d’expériences, France urbaine s’inquiète des ruptures de continuité éducative et de territoires sous-dotés en équipements structurants. Il est essentiel d’y remédier, étant entendu que le sport doit être un lieu de brassage et un vecteur d’égalité républicaine. Il est nécessaire de mieux doter les QPV en équipements et en ressources humaines, tout en revisitant les pratiques et en embarquant les associations dans une dynamique partenariale, soucieuse du vivre-ensemble et des principes républicains et laïcs.
Plusieurs recommandations sont proposées, parmi lesquelles la proposition de déclinaison des engagements du Pacte pour l’inclusion urbaine et républicaine de France urbaine, l’AdCF et Villes de France, publié en janvier 2021, qui propose notamment d’intégrer un volet cohésion sociale et urbaine au sein des contrats de relance et de transition écologique (CRTE), l’opportunité via des fonds dédiés – notamment de la DSIL, au titre de l’investissement dans les grandes villes – de faire converger orientations nationales et projets locaux et de consacrer une attention particulière au sport en leur sein. Notons également la demande de fléchage d’1% du budget des JOP 2024 vers le sport dans les QPV ou encore l’importance d’intégrer le sport en QPV dans les diagnostics territoriaux que mèneront les Conférences régionales du sport.
 
 
France urbaine auditionnée sur la Proposition de loi visant à démocratiser le sport en France 
 
Une audition a été organisée le 24 février dernier, laquelle réunissait les députés membres de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale, notamment les rapporteurs de la Proposition de loi (PPL), Céline Calvez et Pierre-Alain Raphan, et les représentants des associations de collectivités territoriales. Raphaël Blanchard, adjoint au maire de Reims en charge des sports, représentait France urbaine à cette occasion. L’association salue la PPL qui demeure un signal positif pour le sport, même si son enveloppe est moins ambitieuse que celle proposée avant la crise sanitaire dans l’élaboration d’un feu Projet de loi « Sport & Société ».
Parmi les articles de la PPL, le sport-santé a été brandi comme d’intérêts social et national. En sus d’intégrer le sport dans les missions des établissements sociaux et médico‑sociaux (ESMS), il est nécessaire d’emporter dans les dispositifs de « sport sur ordonnance » les mutuelles, sans qui la démarche sera vaine et ne pourra prétendre à un passage à l’échelle. Les villes et métropoles sont porteuses de la démarche sport-santé, en atteste les Maisons sport-santé et leur implantation dans les territoires, notamment au profit de personnes éloignées de la pratiques physique et sportive, dans une perspective d’inclusion sociale. Ce portage s’intègre plus largement dans les compétences sociales et sanitaires qui sont les siennes.  
L’accès aux équipements sportifs, dans une perspective d’optimisation de l’occupation des équipements sportifs, a été discuté, emportant plusieurs considérations parmi lesquelles « l’encadrement » de la pratique auto-organisée et le travail à mener pour les rattacher aux clubs, aux fédérations, ou encore la dimension juridique appliquée à l’utilisation des équipements sportifs notamment scolaires (« rassurer les chefs d’établissement sur l’utilisation des équipements sportifs »).
L’élaboration de plans sportifs territoriaux, l’une des dispositions phares de la Proposition de loi, a reçu un accueil mitigé de la part des associations d’élus du bloc local. France urbaine l’estime intéressante mais pointe un risque de juxtapositions avec des plans et schémas existants (CLS, PEDT, SCOT…) et un manque de lisibilité avec le projet sportif territorial qui sera défini par les Conférences régionales du sport (CRS).
Raphaël Blanchard a rappelé les dimensions importantes que sont le sport en QPV ou encore la dimension environnementale du sport. Les collectivités territoriales participent à la vitalité du sport, non pas uniquement par un unique volet financement mais bien par une vision globale du sport appliquée aux enjeux du territoire. En complément de l’impulsion législative proposée pour le sport, les grandes villes et métropoles disposent de leviers indéniables à mobiliser : c’est le sens de la feuille de route d’exécutifs locaux et des orientations prises par la commission Sport de France urbaine, qui travaillera notamment sur la dimension environnementale du sport.
La PPL fait en outre l’impasse sur le modèle économique du sport, dont la crise sanitaire nous a montré sa fragilité. Le modèle économique du sport est plus que jamais à questionner : France urbaine est très favorables à ce que la logique du sport qui finance le sport puisse prévaloir, c’est pourquoi elle appelle à la vigilance à ce que le sport amateur soit le moins impacté possible par la baisse des revenus liés aux droits télévisés, ou encore à ce que les budgets des grands événements sportifs puissent être fléchés sur des dispositifs du sport du quotidien, à l’instar de la demande de fléchage d’une enveloppe de 1% du budget global des JOP sur des projets ou dynamiques dans les villes en QPV.