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Arnaud Robinet : "On ne veut pas d'usine à gaz!" sur les vacances apprenantes

11/06/2020

Arnaud Robinet, maire de Reims et chef de file de France urbaine sur la préparation de l'été pour les jeunes et familles, a accordé un entretien au JDD. Découvrez l'interview !

Le gouvernement vient de débloquer 200 millions d'euros dans le cadre du dispositif "vacances apprenantes", pour permettre à "un million" d'enfants de rattraper le retard scolaire accumulé pendant le confinement, a annoncé Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale. Arnaud Robinet, chef de file pour l'association d'élus France urbaine sur ces sujets, avertit l'exécutif : "manque de visibilité", risque "d'usine à gaz"... Celui qui est aussi maire Les Républicains de Reims relaie aussi l'appel de ses pairs : "Si on veut qu'un maximum de jeunes puissent profiter de leurs vacances, il faut assouplir le protocole sanitaire."
 
Le programme du gouvernement vous paraît-il suffisant ?

Nous saluons les nombreux dispositifs et financements pour rendre l'été apprenant et pédagogique. Mais notre souci est que beaucoup de collectivités, notamment les grandes villes, ont anticipé et mis en place leurs propres dispositifs. Parce que nous avions conscience que nombre de concitoyens ne partiraient pas en vacances, à cause de la fermeture des frontières, d'une précarité accentuée par la crise... L'Etat accompagnera-t-il financièrement ce surcoût? Pour la ville de Roubaix par exemple, c'est 750.000 euros de surplus. Ces collectivités qui ont anticipé risquent d'avoir du mal à mettre en place le dispositif du gouvernement. 

L'exécutif a pourtant promis 30 millions d'euros pour aider les collectivités territoriales à mettre en place ces dispositifs… 

On manque toujours de visibilité, notamment pour les associations qui oeuvrent dans les quartiers prioritaires de la ville. Ces structures manquent d'information sur l'accompagnement financier que l'Etat leur garantira pour qu'elle s'inscrivent dans le dispositif. Et comment s'assurer que les publics des quartiers prioritaires de la ville bénéficient bien du dispositif? On sait qu'on a un problème d'information, par exemple pour toucher les 15-17 ans. On a besoin de clarification sur les critères d'accès. On demande aussi au gouvernement de travailler avec les communes rurales. 

Pourquoi?

Les jeunes urbains ont besoin de découvrir la campagne française, et inversement.

C'est ce que propose le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, pour "50.000" jeunes de moins de 17 ans...

Mais les associations d'élus n'ont pas été sollicitées sur ce sujet! On veut pouvoir mettre en place des conventions simplement, de manière très souple. On ne veut pas d'usine à gaz !
 

Propos reccueillis par Sarah Paillou/ JDD.