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Stratégies alimentaires territoriales

Alimentation : quelles actions menées par France urbaine en 2021 ?

08/12/2021

Lutte contre la précarité alimentaire, PAC, foncier agricole… les territoires urbains allient vision et actions pour privilégier l’alimentation durable et de proximité.

Les travaux sur l’alimentation ont débuté au sein de France urbaine en en 2017 avec la mise en place d’un groupe projet à l’occasion de la sortie de la publication « Villes, agriculture et alimentation : expériences françaises ». Une commission dédiée aux Stratégies alimentaires territoriales (SAT) a été entérinée pour la nouvelle mandature 2020-2026. Co-présidée par Audrey Pulvar, Adjointe à la Maire de paris en charge de l’alimentation durable et Georges Mothron, Maire d’Argenteuil. Réunissant entre 70 et 100 participants lors de chaque réunion - elle s’est réunie 4 fois depuis son installation en novembre 2020 - la nouvelle commission a poursuivi ses travaux en 2021, afin d’accompagner l’émergence de système alimentaires territoriaux plus durables, résilients et solidaires.

Lutte contre la précarité alimentaire, nouvelle politique agricole commune (PAC), mise en œuvre du volet alimentation du plan de relance et suivi de le loi « Climat et Résilience » et préservation et utilisation du foncier agricole représentent les quatre priorités autour desquelles France urbaine s’est mobilisée cette année. Quel bilan des actions entreprises au cours de l’année écoulée ? Quelles perspectives de travail à venir, notamment pour une meilleure prise en compte des sujets d’alimentation durable dans le cadre de la campagne présidentielle ?

La lutte contre la précarité alimentaire, une priorité des élus urbains

Parmi les nombreuses conséquences liées à la crise sanitaire, l’augmentation significative (+20%) du nombre de personnes ayant recours à l’aide alimentaire a suscité la plus vive attention de France urbaine. Deux études ont permis de mieux documenter l’implication des villes en matière de précarité alimentaire :

  • Fin 2019, France urbaine et RESOLIS ont publié une première étude qui recense les stratégies mises en place dans une vingtaine de grandes villes en matière de lutte contre la précarité alimentaire. La publication intitulée « Les villes face aux défis de la précarité alimentaire : expériences françaises » permet ainsi de dresser un premier panorama des politiques de lutte contre la précarité alimentaire en milieu urbain ;
  • L’étude « Villes et alimentation en période de pandémie », publiée en juin 2020 à l’issue du premier confinement, a permis d’analyser les systèmes alimentaires territoriaux en période de pandémie. Soucieuses de garantir l’accès au plus grand nombre de consommateurs à une alimentation saine et de qualité, les villes ont su proposer en urgence des solutions d’approvisionnement permettant de remplacer les segments des circuits affectés par les décisions sanitaires, tout en renforçant les actions de solidarité à l’égard des publics fragilisés.

Forte des retours d’expérience de ses membres, France urbaine a pu :

  • Rejoindre, en tant que membre permanent, le Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire (Cocolupa)
  • Prendre part à la concertation initiée en octobre 2021 par le Conseil national de l’Alimentation dans le but d’émettre des recommandations en matière de réduction de la précarité alimentaire en France.
  • S’impliquer dans les réflexions relatives à la mise en place d’un chèque alimentation durable. France urbaine poursuivra sa mobilisation sur ce dispositif afin de s’assurer que la concertation à venir associe pleinement les grandes villes. 
  • Participer à la Fabrique prospective « Alimentation et QPV », portée par l’agence nationale de cohésion des territoires (ANCT), qui vise à renforcer l'accessibilité à une alimentation saine et de qualité pour toutes et tous dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Nouvelle politique agricole commune : la prise en compte des territoires urbains

Pilier historique de la construction européenne, la Politique agricole commune (PAC) est un élément central du projet européen, tant par l’enveloppe qu’elle mobilise – près de 30% du budget européen – que par son impact sur les systèmes agroalimentaires et l’alimentation des citoyens européens, avec ses multiples aspects environnementaux, sociaux et économiques. Avec la négociation du cadre financier pluriannuel pour la période de programmation 2021-2027, le Pacte vert pour l’Europe, incluant les stratégies « De la ferme à la table » et « Biodiversité à l’horizon 2030 », l’Union européenne s’est fixé un cap ambitieux pour atteindre collectivement la neutralité carbone d’ici à 2050.

Les débats sur l’avenir de la PAC ont offert une occasion majeure permettant de repenser l’ensemble du système agricole et alimentaire européen, dans un contexte où l’épidémie liée au coronavirus a mis en lumière de nombreuses vulnérabilités.  Dans ce cadre, la commission « Stratégies alimentaires territoriales » a pu :

  • Prendre part au débat public « ImPACtons ! », à travers une contribution (également disponible en version anglaise) sur l’avenir de la politique agricole commune, organisé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP).
  • Organiser le dialogue avec le ministère d’Agriculture et de l’Alimentation en juillet 2021 dans le cadre de la préparation du Plan Stratégique national (PSN) pour 2023-2027 (document actuellement soumis à la consultation du public jusqu’au 12 décembre inclus),  qui définit les interventions et les modalités de mise en œuvre de la PAC à l’échelle nationale, couvrant les deux piliers de la PAC.

Plan de relance : l’alimentation, un enjeu majeur

Si la question des financements nécessaires pour accélérer la transition écologique dans les territoires est cruciale, elle se pose avec d’autant plus d’acuité en période de crise sanitaire avec ses conséquences tant économiques que sociales, voire environnementales. Dans le plongement des annonces relatives au plan France relance (80 millions dédiés aux projets alimentaires territoriaux (PAT) existants (77 millions) et émergents (3 millions), la mise en place des contrats de relance et de transition écologique (CRTE) et le volet alimentation du plan de relance, ont fait l’objet de plusieurs échanges en commission « Stratégies alimentaires territoriales » ces derniers mois, tant avec les représentants du ministère de la Transition écologique, qu’avec les représentants du ministère l’Agriculture et de l’Alimentation.
Ces discussions ont principalement permis de :

  • Informer les membres sur la mise en place d’une nouvelle contractualisation Etat-Intercommunalités (ou groupement d’intercommunalités) avec les CRTE (objectifs, dispositifs de financement, calendrier…), avec un focus effectué sur les possibilités de financement en matière de transition agricole et d’alimentation durable (aux niveaux régional, national et européen).
  • Sensibiliser les membres sur l’opportunité que constitue la mesure 13 du plan « France relance » permettant de financer, via l’enveloppe de 80 millions d’euros, les PAT, qui a donné lieu à une forte dynamisation de ces projets qui jouent un rôle central dans l’animation des systèmes alimentaires territoriaux.
  • Faire part au ministère de la Transition écologique, au ministère de la Cohésion des territoires et au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, des remontées d’information et des alertes en provenance des territoires membres, notamment sur la qualité du dialogue entre les Régions et les Villes/Intercommunalités (concernant notamment l’accès aux crédits relance, aux crédits CPER, ou encore aux crédits de la politique de cohésion européenne pour la période de programmation 2021-2027).

Préservation et utilisation du foncier agricole

Disponibilité, acquisition, installation, transmission, préservation de la biodiversité, les enjeux qui entourent la question du foncier agricole sont nombreux et appellent à la mise en place d’une multitude de stratégies d’intervention de la part des collectivités territoriales. Afin de disposer d’une vision globale sur du sujet, France urbaine s’est rapprochée de l’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Ces échanges ont permis de passer en revue les enjeux se cumulant autour des villes avec la nécessité notamment de préserver les terres agricoles face à l’artificialisation et de maintenir une activité agricole dans un contexte où les initiatives locales foisonnent et sont moteurs de changements. Les retours d’expériences des villes ont quant à eux permis de mieux identifier les leviers et les outils à leur disposition mais aussi les différents types de coopération mis en place localement pour agir sur la gestion du foncier agricole.

L’alimentation durable et de proximité ne doit pas être oubliée du débat présidentiel

Dans le prolongement des engagements adoptés par 75 territoires membres de France urbaine, en février 2019, dans la déclaration intitulée « Pour une transition en faveur d’une alimentation durable, responsable et solidaire », les membres de la commission « Stratégies alimentaires territoriales » souhaitent poursuivre leur mobilisation sur ces enjeux. Afin de mieux porter les enjeux d’alimentation durable dans le cadre de la campagne présidentielle, les membres de la commission « Stratégies alimentaires territoriales » souhaitent travailler collectivement sur une série de propositions à destination des candidats à l’élection présidentielle.
 

Kader Makhlouf

Conseiller en charge de l’Europe, de l’International, de la Sécurité et des Stratégies alimentaires territoriales