La Conférence des Villes
Cohésion sociale et politique de la ville
28 septembre 2017

Spécial Conférence des Villes : l’intervention du géographe, Jacques Lévy

Jacques Lévy, géographe, professeur à l’école polytechnique fédéral de Lausanne, est intervenu en ouverture de la Conférence des Villes.  

En s’appuyant sur son dernier ouvrage « Atlas politique de la France : les révolutions silencieuses de la société française »,  il a illustré l’apparition de nouvelles logiques spatiales (centres urbains, leurs périphéries, les espaces ruraux et le périurbain) sujettes à certaines particularités et disparités, notamment en termes de revenus, d’emplois, ou encore d’accès au logement et à l’éducation.

Les différentes cartographies présentées à cette occasion ont permis de décloisonner certains stéréotypes et d’aller à l’encontre des idées reçues : « le premier constat, c’est que les personnes à bas revenu sont, pour l’essentiel, concentrées dans le centre des villes et dans les banlieues. L’intensité de la pauvreté est également plus forte en ville. Il y a autant de pauvres dans Paris intra-muros, que certains considèrent comme une ville uniquement bourgeoise, que dans toutes les communes isolées de l’INSEE que l’on appelle souvent « le rural ».

Les zones où l’on trouve le moins de pauvres se situent dans le périurbain, contrairement à l’idée commune que les habitants du périurbain sont délaissés. En termes de revenu et de patrimoine, ils ont une situation plutôt meilleure que la moyenne.

En la matière, Jacques Lévy a souligné que, même si les métropoles françaises sont riches de leur production, leurs habitants pâtissent du prix de l’immobilier et donc de l’accès au logement. Il a d’ailleurs mentionné que contrairement aux idées reçues, c’est dans le centre des grandes villes que le niveau de mixité est le plus élevé, en postulant que « là où il y a de la mixité, il y a beaucoup moins de violence criminelle ou sociale ». France urbaine s’attache à promouvoir les mixités sociales et fonctionnelles dans les territoires, en motivant la mutualisation de 25% de logement social à l’échelle des grandes agglomérations.

Le géographe est notamment revenu sur d’autres conclusions, parmi lesquelles les déserts médicaux qui touchent aussi bien les territoires ruraux que les espaces urbains, avant de conclure : « la question d’une remise à plat du système fiscal et de son architecture fiscale interterritoriale, du local au national, s’impose de telle sorte qu’il y ait davantage d’autonomie et de responsabilité. Puisque c’est de cela qu’il est question, il me semble que c’est un levier très important si l’on veut prendre à bras-le-corps les injustices spatiales de la France d’aujourd’hui ». Un constat partagé par France urbaine, qui milite pour que les territoires et collectivités locales disposent de davantage de responsabilité, de dialogue et d’autonomie, triptyque théorisé dans le manifeste des élus urbains.

Surtout, une considération qui s’articule avec la volonté des villes et métropoles de multiplier les coopérations territoriales et de créer des synergies, en mesure de gommer les disparités dont souffrent le territoire français.

Date: 
Jeudi, 28 septembre, 2017
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Justice et injustice spatiales Jacques Levy5.29 Mo