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Sécurité
14 février 2018

PSQ, la liste des territoires expérimentateurs

Le Ministère de l’Intérieur a dévoilé, jeudi 8 février 2018, la liste des sites qui expérimenteront la police de sécurité du quotidien (PSQ) au cours des prochains mois. Déployée dans 30 quartiers "prioritaires" et en zone de compétence de la gendarmerie dans 20 départements, la police de sécurité du quotidien impliquera "un profond changement de méthode" des forces de l'ordre selon Gérard Collomb.

Les membres de France urbaine retenus parmi les territoires expérimentateurs sont les suivants :

  • Lille (Lille Sud-Fives) ;
  • Strasbourg (Le Neuhof, La Meinau) ;
  • Besançon (Planoise) ;
  • Lyon (VIIIe arrondissement) ;
  • Marseille (quartiers Nord-IIIe, XIVe et XVe arrondissements) ;
  • Montpellier (La Mosson, La Paillade) ;
  • Toulouse (Le Mirail) ;
  • Pau (Ousse des bois, Saragosse) ;
  • Bordeaux (Bordeaux maritime) ;
  • Roubaix ;
  • Paris (La Chapelle) ;
  • Mulhouse (Bourtzwiller) ;
  • Saint-Étienne (Montchovet, Tarentaize, La Cotonne, Montreynaud) ;
  • Nice (L’Ariane, Les Moulins) ;
  • Marseille (Saint-Charles) ;
  • Montpellier (La Mosson, La Paillade) ;
  • Nîmes (Pissevin, Valdegour) ;
  • Nantes (Malakoff, Bellevue, Dervallières) ;
  • Le Havre (Le Gaillart, Montchovet).

En faisant le choix de cibler l’expérimentation de la PSQ au sein de quartiers « difficiles » de grandes villes, le gouvernement concentre les moyens sur les zones urbaines où se rassemblent les plus fortes problématiques de délinquance et de délitement du lien police-population.

Gérard Collomb a annoncé un renforcement des moyens humains – 15 à 30 policiers dans chaque quartier – mais aussi techniques avec la multiplication du nombre de caméras piétons et le déploiement de tablettes numériques et smartphones pour un accès direct et rapide aux fichiers de la délinquance. Le ministre a, par ailleurs, confirmé son intention d’élaborer une nouvelle stratégie de lutte contre la délinquance avec chaque maire : « je demande à ce que dans les trois prochains mois, on puisse prendre contact avec eux de manière à pouvoir définir avec eux une vraie stratégie de sécurité pour les territoires ».

Les élus des territoires retenus ont fait part de leur satisfaction, comme à Nantes où Johanna Rolland indique qu’ « on ne peut que se réjouir d’un projet de police centré sur la relation à l’habitant, dans une démarche de partenariat avec les acteurs de la sécurité, parmi lesquels les villes », ou à Strasbourg où Roland Ries se félicite que « les nouveaux effectifs aient notamment pour objectif de renforcer le lien entre la population et les forces policières ainsi que la collaboration avec les partenaires locaux » et précise que « les services municipaux de proximité, la police municipale et les adjoints de quartiers seront évidemment des acteurs importants de la démarche grâce à leur connaissance du terrain ».

Les élus, dont Gaël Perdriau, co-président de la commission Sécurité de France urbaine, restent néanmoins vigilants notamment sur « le strict respect des périmètres de compétences relevant de l’Etat et de la municipalité, et d’autant plus que la concertation avec les collectivités locales a été quasi inexistantes. », ainsi que sur les moyens déployés.

En effet, France urbaine s'assurera que les effectifs annoncés ne vont pas « simplement remplacer les effectifs qui partent à la retraite » et que l'objectif est bien de « mettre en place une organisation qui puisse tenir compte et répondre aux problématiques locales ». Pour France urbaine la police de sécurité du quotidien doit permettre de renforcer la présence policière sur la voie publique, de déconcentrer les politiques de sécurité en renforçant les partenariats locaux et constituer un maillage supplémentaire des moyens de renseignement à travers la définition d’une véritable gouvernance partagée de la sécurité publique au sein des territoires.

Pour s'assurer de l'efficacité de ce nouveau dispositif, l’association invite à la mise en place d'une méthode d'évaluation de cette expérimentation à laquelle elle souhaite être associée.

En parrallèle, une mission parlementaire sur le continuum de sécurité a été mandatée par Gérard Collomb. Les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot devront réfléchir à la « redéfinition de la répartition des taches », au « champ d’intervention » et aux « nouveaux dispositifs opérationnels associant police nationale, polices municipales et acteurs de la sécurité privée ». Cette mission aboutira à une définition de la doctrine d’emploi de la sécurité privée en France. France urbaine prendra toute sa part dans les réflexions menées dans ce cadre.

Contacts :

Eloïse Foucault
Kader Makhlouf

Date: 
Mercredi, 14 février, 2018